Bonhommes

  • De 

    Cécilia Marreiros Marum

  • 2003

  • 8 min

  • France

    ,

    Belgique

Un petit garçon court dans la campagne enneigée et s'amuse à fabriquer un bonhomme de neige. Mais sa création peut-elle résister au soleil ou à la grêle ? De cadre en cadre, de météo en météo, d'autres bonhommes se cachent peut-être…

Voir plus

Langues:

  • Sans dialogues

L'avis de Benshi

Derrière la simplicité du titre et de l'histoire d'un petit garçon qui crée un bonhomme de neige, se cache un film bien malicieux : la réalisatrice Cecilia Marreiros Marum s'amuse en effet avec l'espace et le temps de son récit en découpant l'écran en une multitude de cadres. C'est avec humour qu'elle invite ainsi les jeunes spectateurs à réfléchir à l'expérience de la perte.

Avec Bonhommes, votre enfant est invité à chercher où, sur l'écran resté noir, chaque petit cadre coloré va surgir, de quelle taille il sera et quel élément il représentera. Le film va plus loin qu'un simple jeu sur ce qu'on appelle le Split Screen (« écran divisé », en français), car les cadres dessinés jouent sur l'espace, le temps, les rapports d'échelle mais aussi les sentiments. Le film commence sur un cadre de forme carrée qui dévoile, en plan rapproché, un petit garçon en train de courir. Lui succède un cadre rectangulaire cette fois, qui, en changeant de rapport d'échelle, révèle la nature enneigée qui l'entoure. Mais l'on peut penser aussi au moment où la tête du bonhomme de neige tombe dans un cadre à gauche de l'écran pour atterrir sur un autre cadre à droite. Aussi, par de subtils déplacements de formes à l'intérieur des cadres, le temps passe, la nuit succède au jour, et le jour à la nuit, tout comme la météo varie. Le film repose sur ce jeu constant autour d'images qui se décomposent, se dupliquent ou s'imbriquent pour créer un film-puzzle.

En observant avec attention les images, on peut deviner plusieurs « bonhommes » : ainsi le petit garçon est une sorte de double du « bonhomme de neige », le croissant de lune pourrait bien ressembler, lui aussi, à un bonhomme, tout comme le nuage qui passe dans le ciel. Au jeu sur les cadres s'ajoute donc un jeu sur les nombreux « bonhommes » qui les habitent.

La dimension ludique renvoie ici aux émotions du petit garçon. En effet, les cadres qui se multiplient, se déplacent, grandissent puis rapetissent, reflètent bien l'énergie qu'il déploie pour conserver son bonhomme de neige, en le protégeant d'une météo capricieuse. La flèche, envoyée de son arc pour crever le soleil, qui tombe sur le sol et se multiplie à l'infini, incarne par exemple la grande déception du garçon à ne pas pouvoir sauver son bonhomme menacé de fondre.

Si vous voulez réfléchir tout en vous amusant, choisissez Bonhommes !

Voir plus
Voir moins

A partir de quel âge

Pour la simplicité du récit et parce que le film repose sur un jeu de formes et sur un esprit malicieux, il est accessible aux plus jeunes des spectateurs, dès 3 ans.

Voir plus
Voir moins

Les bonnes raisons

  1. Pour s'amuser des cadres colorés de différentes formes qui découpent l'écran noir pour suivre avec originalité les aventures du petit garçon dans la neige
  2. Pour découvrir une histoire animée sans paroles, qui met le spectateur au centre d'un jeu d'images
  3. Pour réfléchir avec humour et en musique au thème de la disparition

Voir plus
Voir moins

Informations complémentaires

Les Films du Nord est une société de production créée en 1995 par Arnaud Demuynck, qui se consacre à la création et promotion de films d'animation d'auteur. En novembre 2015, la société de production fête ses 20 ans d'existence avec plus de 100 films produits et diffusés dans le monde entier, dans de nombreux festivals.

La réalisatrice Cecilia Marreiros Marum a collaboré à plusieurs reprises sur des films comme L'Insomnie pastorale (1996), Lunolin, petit naturaliste (2005), ou encore Sous un coin de ciel bleu (2009). Le court métrage Bonhommes est sorti au cinéma dans un programme de courts métrages intitulé Fables d'été, fables d'hiver.

Voir plus
Voir moins

Rédigé par :

Réalisateur

Cécilia Marreiros Marum