Le Prince Serpent

  • Fabrice Luang-Vija Anna Khmelevskaya

  • 59 min

  • 2019

  • France

Synopsis

D’une forêt indienne à une cité royale antique en passant par de somptueux paysages de banquise, le programme de court métrages intitulé Le Prince Serpent, du nom du dernier film qui le compose, nous plonge dans l’univers mythologique de trois contes qui nous apprennent chacun à leur manière qu’il n’est pas toujours aisé de faire coïncider désir et liberté.

Mille Pattes et Crapaud de Anna Khmelevskaya - France - 2013 - 10 min - papier découpé à l’ordinateur Ce matin, dans la forêt, tout le monde se prépare à admirer la danse d’un merveilleux mille-pattes. Tout le monde, sauf un crapaud jaloux qui le déteste et a bien décider de l’anéantir, à sa manière.

Celui qui a deux âmes de Fabrice Luang-Vija - France - 2015 - 17 min - animation numérique Au sein d’une communauté d'Inuits, un jeune homme grandit en hésitant : il ne sait s’il se sent homme ou s’il se sent femme. Il aime chasser autant que coudre et est sensible comme une femme et comme un homme à la fois. Lui faudra-t-il vraiment choisir ?

Le Prince Serpent de Anna Khmelevskaya et Fabrice Luang-Vija - France - 2019 - 30 min - papier découpé à l’ordinateur Dans l'antique Mésopotamie, un mystérieux prince demande à sa mère de lui offrir une femme pour sa majorité. Qu’est-ce qu’un prince serpent pourrait bien faire d’une femme ? Et qu’est-ce qu’une femme pourrait bien faire d’un prince serpent ?

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L'avis de Benshi

En entraînant le spectateur dans des contrées lointaines, voire imaginaires, autour de personnages en proie avec leurs aspirations profondes, les trois films ont des allures de mythes. Comme ces derniers, ils ont pour vertu de nous éclairer sur la complexité humaine : on croise un mille-pattes talentueux qui perd pied lorsqu’il est interrogé par un crapaud mal attentionné sur ses dons de danseur, un jeune homme qui défie les lois du genre en ne sachant à quel saint se vouer et un serpent maléfique que seule une âme rebelle saura ramener à son état originel.

Chacun des trois films est bâti sur une tension forte. Tension intérieure dans Celui qui a deux âmes, tension entre deux animaux que tout oppose dans Mille Pattes et Crapaud et enfin conflits de génération, de genre et de classe dans Le Prince Serpent. Ces multiples tensions illustrent à chaque fois la complexité de l’humain et de ses désirs. Lorsque les histoires se dénouent, les tensions n’ont pas nécessairement disparu, mais on les a saisies ou, au mieux, acceptées et c’est là la force du mythe : jeter un éclat de clarté sur la complexité qui nous fonde. Parfaitement maîtrisées par leurs interprètes, les voix off narratrices nous entraînent dans chacun des films à mieux comprendre ce qui se trame chez leurs protagonistes. Leur ton relativement classique contraste avec des univers visuels forts et originaux.

Mille Pattes et Crapaud ainsi que Le Prince Serpent ont en commun une technique d’animation qu’Anna Khmelevskaya et son équipe utilisent, nommée le papier découpé à l’ordinateur. Les éléments qui composent les personnages et les décors semblent avoir été déchirés dans du papier et mis en mouvement ensuite numériquement. C’est en utilisant des documents existants : photographies, éléments de graphisme, détails de matière imprimés, que la réalisatrice confère un réalisme extrêmement stylisé à son animation. Dans Le Prince Serpent, on décèle aisément l’inspiration venue des bas-reliefs égyptiens avec ces personnages vus de profils, à la silhouette rigide et aux mouvements saccadés. De son côté, Celui qui a deux âmes a été réalisé dans une animation numérique plus classique. Néanmoins, la dualité du personnage, sans cesse exprimée par des plans qui opposent couleurs chaudes et couleurs froides, formes courbes et formes anguleuses, est parfaitement traduite visuellement par les choix de réalisation.

Last but not least, les musiques survoltées, entraînantes, voire effrayantes, de chacun des films nous donnent la sensation de partir pour un voyage lointain, dont on ressort un peu différents !

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A partir de quel âge

Le programme peut être apprécié à partir de 10/11 ans. Néanmoins, parce qu’il aborde (bien que subtilement) des thèmes complexes tels que le genre ou la sexualité, nous vous conseillons de le regarder avec vos enfants afin de pouvoir répondre à leurs éventuelles questions.

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Les bonnes raisons de voir le film :

  1. Un programme aux personnages hors-normes et complexes
  2. Des récits qui ont la clarté des mythes
  3. Trois voyages visuels et sonores
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Informations complémentaires

Les trois court métrages qui composent le programme Le Prince Serpent ont été réalisés au sein du même studio de production, Fargo, dont vous pouvez retrouver les différentes productions ici. Ils ont remporté de nombreux prix en festivals un peu partout dans le monde et Celui qui a deux âmes a remporté le César 2017 du meilleur court métrage d’animation.

Ils sont également tous trois inspirés de contes existants : Mille Pattes et Crapaud est inspiré de la nouvelle Malédiction de Crapaud de Gustave Meyrink, écrivain autrichien (1868-1932). Elle a été publiée dans les années 1900 dans le magazine Simplicissimus, un hebdomadaire satirique allemand. Vous pouvez relire grâce à ce lien le court texte qui a inspiré le film. Celui qui a deux âmes est inspiré d’un conte de Néfissa Bénouniche. C’est d’ailleurs cette dernière qui interprète la voix off narratrice du film. Vous pouvez réécouter le conte sur le site de l’éditeur ainsi que d’autres contes de l’autrice. Enfin, Le Prince Serpent est inspiré d’un conte de tradition orale.

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