L'Enfant lion

  • Patrick Grandperret

  • 86 min

  • 1992

  • France

Synopsis

Autrefois, dans une Afrique de rêves et de légendes, les habitants du village de Pama vivaient sur la terre des lions, en harmonie avec la nature. C’est ainsi que naquit Oulé, le fils du chef Moko Kaouro. L’enfant aux reflets de cuivre vint au monde le même jour que la lionne Sirga, et tous deux devinrent frère et sœur de lait. Avec Sirga, Oulé apprit tous les secrets que la brousse ne confie qu’au vent et aux abeilles. Mais un beau jour, les lions quittèrent leur terre et le malheur s’abattit sur Pama… 

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L'avis de Benshi

Avec L'Enfant lion, Patrick Grandperret nous livre avant tout un souvenir d’enfance, celui d’un livre qui l’a marqué et touché étant petit. Alors qu’il le transmet à ses enfants des années plus tard, le cinéaste choisi de porter à l’écran l’histoire de Sirga la lionne, un conte africain qui nous plonge au cœur du continent noir.

Sur cette terre de légendes empreinte de magie, nous découvrons une histoire d’amitié unique, un lien indéfectible entre un petit garçon et une lionne. Au-delà de cette relation extraordinaire, qui touchera sans nul doute les jeunes spectateurs, c’est bel et bien de la communion entre l’homme et la nature dont il est question dans L’Enfant lion. S’inscrivant dans la pure tradition animiste, le film dépeint la nature comme une force protectrice et bienfaisante, dans laquelle la brousse constitue une entité à part entière. Le récit est ainsi habité par une certaine spiritualité, qui traverse le conte de part en part. Mais le cinéaste mêle également à l’univers merveilleux de cette Afrique imaginaire, la réalité cruelle de l’esclavage. Il joue habilement de ce mélange des registres pour mieux nous transporter.

Si L’Enfant lion est une œuvre qui marque les esprits, c’est également grâce aux défis techniques relevés par Patrick Grandperret. Le cinéaste a en effet réussi la prouesse de faire tourner les acteurs au contact des bêtes sauvages, ce qui n’était pas, disons-le, un pari gagné d’avance ! Les difficultés liées à cette proximité sont à peine perceptibles tant l’acteur qui interprète Oulé semble à l’aise au contact de la lionne. Il en résulte des scènes d’une très belle intensité.

Un conte aux couleurs africaines qui cueillera les jeunes spectateurs pour les transporter sur des terres mystiques, à la rencontre de paysages magnifiques, bercés par la musique du célèbre Selif Keita. 

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A partir de quel âge

Les jeunes spectateurs pourront découvrir L’Enfant lion à partir de 8 ans. Ils s’abandonneront vite au récit et à la voix de la jeune Léna, qui les transportera dans l’univers merveilleux de ce conte. Néanmoins certains passages du film montrent aussi une réalité plus dure, qui vaut encore aujourd’hui dans certains pays : celle de l’esclavage et du travail des enfants. Des scènes comme l’attaque du village ou la vente des enfants comme esclaves pourraient impressionner les trop jeunes spectateurs. Voilà pourquoi il est important de les accompagner lors de la projection, afin de revenir avec eux sur ces scènes importantes et partager à leur côté les émotions que procurent ce film. 

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Les bonnes raisons de voir le film :

  1. Les scènes impressionnantes, dans lesquelles les acteurs jouent au contact des animaux sauvages
  2. L’histoire d’amitié forte et hors du commun qui unit l’enfant et la lionne
  3. Le voyage au cœur de l’Afrique et de ses paysages époustouflants
  4. La musique envoûtante de Selif Keita
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Informations complémentaires

Patrick Grandperret est né en 1946 à Saint-Maur-des-Fossés. Il débute au cinéma en tant que photographe de plateau, puis devient assistant réalisateur et collabore notamment avec Maurice Pialat sur Passe ton bac d’abord et Loulou. Il réalise son premier long métrage, Court-circuit, en 1981, puis signe Mona et moi, qui plonge le spectateur dans un Paris punk aux côtés de deux jeunes accrocs à la drogue. Après L’Enfant lion, qu’il réalise en 1993, on retrouve la passion de Patrick Grandperret pour le continent noir au cœur de ses deux films suivants : Le maître des éléphants, adapté de nouveau d’un livre de René Guillot et Les victimes. Il réalise enfin Meurtrières en 2006 qui obtient le Prix du jury Un certain regard à Cannes.   Le tournage de L’Enfant lion n’a pas été de tout repos ! Six pays différents ont été nécessaires au décor du film : le Zimbabwe pour les grandes scènes d’animaux, le Maroc pour le palais du Seigneur, le Niger pour la scène du marché aux esclaves, la Côte d’Ivoire pour les scènes se déroulant au village, et d’autres encore tournées au Burkina Faso et au Mali. En plus des conditions climatiques changeantes, le cinéaste a été contraint d’interrompre le tournage à plusieurs reprises pour chercher des fonds supplémentaires afin de pouvoir terminer le film. A cela s’ajoutait la difficulté de faire tourner ensemble les enfants et les animaux sauvages. Au-delà du danger que cela pouvait représenter, les jeunes acteurs devaient se sentir à l’aise afin que leur jeu soit naturel. Enfin, la communication n’était pas des plus évidentes au début entre Mathurin Zinze, le jeune garçon qui interprète Oulé, et Sophie-Véronique Toué Tagbé, celle qui incarne Léna, car les deux enfants ne parlaient pas la même langue ! Que de défis techniques au cours de ce tournage mais pour un résultat tout simplement sublime !

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