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Fiche rédigée par  Laetitia Scherier Avatar de Laetitia Scherier

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Synopsis

Paris, janvier 1944. Les vacances de Noël sont finies, il est donc temps pour Julien, 12 ans, et son grand frère François de regagner leur pensionnat catholique en région parisienne. Une rentrée qui ressemble à toutes les autres, jusqu'à ce que le Père Jean vienne leur présenter trois nouveaux élèves. L'un d'entre eux, le jeune Jean Bonnet, sera le voisin de dortoir de Julien. Celui-ci va être rapidement intrigué par son nouveau camarade peu bavard, qui ne souhaite visiblement pas se faire remarquer. Julien va finir par découvrir le secret de son camarade, un secret qu’il va falloir garder à tout prix : Jean ne s’appelle pas Bonnet mais Kippelstein, et il est juif.

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L'avis de Benshi

Louis Malle a réussi le pari d’évoquer un fait tragique sans pathos ni manichéisme, puis à en tirer un film pudique sur l’amitié et la solidarité. Le réalisateur n’est pas ici dans la justification ou dans une tentative de compréhension de l’histoire, encore moins dans le didactisme. A travers Au revoir les enfants, il nous raconte un pan de sa propre histoire entourée d’éléments fictifs et nous offre un des plus beaux films sur l’enfance du cinéma français. Les premières minutes du film laissent à penser que ces enfants en route vers le pensionnat du collège Saint Jean de la Croix sont chanceux à quelques égards : leurs parents fortunés les ont envoyés à la campagne pour les tenir écartés de la guerre. Mais dans une France occupée par les Nazis, personne n’est totalement à l’abri.

Si la rencontre entre Julien et Jean n’est pas des plus chaleureuse, un élément laisse présager d’une future amitié basée par un intérêt commun : l’amour de la lecture. Les premiers jours de Jean ne vont pas être faciles, les autres élèves semblent décidés à en faire un souffre-douleur, tantôt par jalousie (le garçon est doué en mathématiques, très bon musicien…), tantôt pour se rendre intéressants. L’amitié entre les deux jeunes garçons va alors être un temps salvatrice pour chacun d'eux : Jean va gagner un allié de taille face au reste du groupe, et Julien va grandir et apprendra à regarder le monde autrement. Entre les regards complices et leurs échanges de secrets, nous arrivons presque à penser que les deux enfants sont en sécurité, loin de de la guerre et de la folie des Hommes. Lorsqu’elle finira par les rattraper, Louis Malle confrontera le plus beau et le plus abjecte de cette sombre période de notre histoire : la résistance et la délation.

Au revoir les enfants est également un hommage à toutes celles et ceux qui ont eu le courage de risquer leur vie pour en sauver d'autres, à l’image du père Jean. Un film fort, passionnant et intemporel, mais surtout, un film nécessaire.

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Pour quel public ?

Nous conseillons ce film à partir de 10 ans. Si les images en elles-mêmes ne sont pas choquantes, le sujet est délicat et nécessite une certaine maturité, notamment pour ouvrir une discussion à l’issue de la projection.

Bonnes raisons de voir le film

  • Découvrir un des plus grands films de Louis Malle
  • La belle amitié entre Julien et Jean
  • Découvrir un pan de l’Histoire de France

Infos complémentaires

Le film a remporté le Lion d’or à la Mostra de Venise en 1987, la plus haute distinction du festival. Il a également reçu les césars du meilleur film, meilleur réalisateur et du meilleur décor en 1988.

Louis Malle a écrit son scénario à partir d’une histoire autobiographique. Il avait onze ans quand il est arrivé avec son frère à l’internat du collège d’Avon. Le jeune Hans-Helmut Michel, nommé Jean Bonnet dans le film, était alors arrivé quelques mois avant eux, et non après. Louis Malle et le garçon n’ont pas noué de liens d’amitié durant l’année où ils ont étudié ensemble, mais son arrestation par la Gestapo en janvier 1944 l’a profondément marqué. Louis Malle a déclaré, dans un article du New York Times en 1988 : « Nous étions tous les deux très timides, et il se refusait à toute relation un peu approfondie parce qu'il ne voulait pas révéler qui il était, mais je sentais que c'était quelqu'un qui aurait pu devenir mon meilleur ami. Dans ce cas-ci, ce n'est pas arrivé, et ce fut si brutal et inacceptable, parce qu'on me l'a enlevé ». Envoyé à Drancy puis déporté à Auschwitz, Hans-Helmut Michel est décédé en février 1944, à l’âge de 14 ans.

Pour aller plus loin

Le dossier pédagogique du CNC, rédigé pour le dispositif Collège au cinéma.

La page consacrée au film sur le site Transmettre le cinéma.