Blanche-Neige et les sept nains

Blanche-Neige et les sept nains

Réalisé par David Hand
Durée : 1h23
| 1937 | Etats-Unis
Ma note :

Synopsis

Il était une fois, une princesse au teint blanc comme la neige et aux cheveux noirs comme l'ébène du nom de Blanche-Neige. Sa mère meurt lors de sa naissance, et son père se remarie alors à une femme très belle et très froide. Mais celui-ci meurt à son tour et Blanche-Neige se retrouve seule avec sa belle mère. Cette dernière, insupportée par la beauté de la fillette, en fait une souillon. Mais, en grandissant, la jeune fille devient toujours plus belle. Se sentant en danger, la reine ordonne à son chasseur le plus fidèle d'emmener la jeune fille dans le forêt pour la tuer. Mais celui-ci ne peut se résoudre à le faire et laisse la jeune fille s'enfuir. Elle est alors recueillie par des Nains et pense être en sécurité. Mais la reine n'a pas dit son dernier mot...

L'avis de Benshi

On n'a de cesse de répéter que Blanche-Neige et les sept Nains est le premier long métrage d'animation de l'histoire du cinéma. Qu'on se détrompe, il n'en est rien. Mais cela n'enlève rien à l'importance et à la qualité de ce dessin animé. Sorti en salles aux États-Unis en 1937, il est le fruit de longues années de travail (le projet débute en 1934). Walt Disney connaît un succès phénoménal à cette période et ce depuis 1928 et l'invention du personnage de Mickey Mouse. Il a notamment été le premier à proposer des dessins animés sonores et en couleur. Les histoires féeriques et merveilleuses constituent un répertoire dans lequel Disney pioche régulièrement et le conte de Blanche-Neige écrit par les frères Grimm en 1812 est porteur de nombreuses valeurs qui lui sont proches - le système patriarcal, la puissance de la Nature,... -  En choisissant d'adapter ce conte, Walt Disney se pose en père des Américains, en s'instituant conteur de l'Amérique et de ses valeurs. Il s'approprie le conte traditionnel pour créer une nouvelle forme de divertissement, de narration. Sa version des contes finit par remplacer celles de Perrault, Grimm ou Andersen, car il a su adapter le contenu de leurs contes, de ses films à la société américaine, à ses valeurs. Un exemple de cette position est visible dès le tout début du film: un livre s'ouvre pour nous raconter une histoire.  Cette nouvelle forme de conte passe notamment par la forme de comédie musicale que prend le film. En 1933, Walt Disney réalise qu'une bonne chanson peut porter complètement un film quand la Silly Symphony Les trois petits cochons triomphe grâce à sa chanson « Qui craint le Grand Méchant Loup? », hymne optimiste dans une Amérique qui peine à se sortir de la crise de 1929. Disney fait appel au même compositeur, Frank Churchill, pour composer la bande originale de Blanche-Neige : il écrira sept chansons, dont six apparaitront dans le film. La majorité de ces chansons seront des hits Un jour mon prince viendra, Siffler en travaillant et surtout Heigh-Ho, la fameuse chanson des Nains. A noter enfin que sous ses attraits très américains - l'actrice Shirley Temple a inspiré le personnage de Blanche-Neige - le film est profondément ancré dans la culture européenne. On y retrouve une imagerie qui rappelle par exemple des films expressionnistes allemands : la maison des Nains fait penser à celle de Rotwang, le savant fou dans Metropolis, de Fritz Lang. Walt Disney est parvenu à créer un film qui est un parfait mélange entre culture américaine et influences européennes, le tout grâce à une prouesse technique sans précédent, ce qui explique son immense succès à travers le monde et l'importance qu'il a eu dans l'histoire du cinéma.

Pour quel public

Blanche-Neige et les sept Nains est accessible dès 5 ans, comme beaucoup des longs métrages Disney. A prendre néanmoins en compte que certaines scènes avec la sorcière notamment peuvent être un peu effrayantes pour les plus jeunes. Mais tous apprécieront la galerie de personnages et les chansons toutes plus connues les unes que les autres.

Bonnes raisons d'aller voir le film

1
Parce que Disney réinvente le conte et propose une version qui enchantera petits et grands
2
Pour chanter le travail avec Heigh-Ho ou l'amour avec Un jour mon prince viendra...
3
Parce que Blanche-Neige est un film intemporel que nos grands-parents ou arrières grands-parents ont vu au cinéma et que nos enfants et petits-enfants verront à leur tour.

Infos complémentaires

A cette époque déjà, faire un dessin animé était un travail fastidieux, presque artisanal. Plus de 300 animateurs ont été embauchés par les studios Disney pour travailler sur le film. Les dessinateurs dessinaient image par image et les dessins étaient ensuite coloriés par des ouvrières. On raconte qu'à la fin de la réalisation, Disney aurait vu le film et aurait trouvé Blanche-Neige trop pâle. Il aurait alors demandé à ses ouvrières de « maquiller » la jeune fille sur toutes les images où elle apparaissait en lui mettant du rose sur les joues. Le film reçut en 1939 un « Oscar » d'honneur avec la mention « Innovation indiscutable dans le domaine de la cinématographie ayant charmé des millions de spectateurs et ayant ouvert au cinéma de vastes perspectives ». Il fut remis à Walt Disney sous la forme de huit statuettes (une grande et sept petites), par Shirley Temple.

Pour aller plus loin

Catalogue de l'exposition Il était une fois Walt Disney: aux sources de l'art des studios Disney, organisé par les Galeries Nationales du Grand Palais de septembre 2006 à janvier 2007.

Walt Disney, Bob Thomas, Dreamland, 1999

« Comment le cinéma a adapté, magnifié ou massacré les contes » : http://www.slate.fr/story/83293/contes-fees-cinema 



Fiche rédigée par Jeanne

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