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Fiche rédigée par  Yuri Hayashi Avatar de Yuri Hayashi

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Synopsis

Horus, un garçon courageux vit isolé au bord de la mer avec son père. Un jour, il se fait sauver d’une attaque de loups malfaisants par le géant de roche Moog. Pour le remercier, il arrache de l’épaule du géant une « épine » en métal rouillé, qui est en fait l’Epée du Soleil. De retour avec l’épée légendaire, Horus trouve son père mourant. « Rejoins tes camarades et unissez vos forces contre un monstre terrible... » Il part alors à l'aventure avec son ami ourson et rencontre des villageois menacés par le monstre Grunwald, ainsi que la mystérieuse et belle jeune fille Hilda.

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L'avis de Benshi

Il s’agit du premier long métrage d’Isao Takahata, un des grands maîtres du studio Ghibli. Influencé notamment par La bergère et le ramoneur (qui donnera bien plus tard Le roi et l’oiseau) de Paul Grimault, Takahata ne s’est pas contenté d’un simple film de divertissement uniquement adressé aux enfants comme le lui avait demandé le studio Tôei Dôga.

Sous une intrigue apparemment simple et plaisante « pour enfants » - un jeune héros épaulé de camarades humains et animaux mignons vainc un démon avec une épée légendaire -, il a subtilement tissé de multiples trames avec des sujets socio-écologiques ou des métaphores. Notamment, Hilda incarne des contradictions sociales et en souffre, et des personnages animaliers symbolisent sa psychologie. Le film séduit donc un large éventail de public et nous invite à lire et réfléchir au-delà de l’intrigue principale.

Malgré ses contraintes de production (budget, temps ou manque d’expérience et technique), tout avec son équipe jeune et enthousiaste, Takahata a accordé toute la précision aux expressions variées de l’animation : la visualisation des sentiments des personnages, la représentation de l’espace en fonction de l’évolution de l’histoire et des personnage, ainsi que la composition d’images usant d'une caméra très cinématographique (angle, mouvement, hauteur ou profondeur). Surtout, sont magnifiquement réalisés et très inspirés : la psychologie d’Hilda, les délices et les souffrances des villageois, et l’assaut des loups en neige.

Ainsi, Horus, prince du soleil fascinera les enfants par son histoire d'aventure et d'action, ses personnages animaliers mignons et ses scènes magnifiques, tandis que les adultes seront émerveillés par les ambitions abondantes de Takahata en matière d’art d’animation ainsi que par l’énergie de jeunes créateurs géniaux de l’époque, ce qui le qualifie de premier film d’animation « d’auteur » dans l’histoire de l’industrie du cinéma japonais.

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Pour quel public ?

L’histoire d'aventure et les personnages animaliers mignons attireront de très jeunes spectateurs mais le style d’animation peut-être un peu daté et parfois statique et la description psychologique risqueraient de les ennuyer. Nous le conseillons donc plutôt pour le public de plus de 8 ans. Créé pour s'adresser également aux adultes, il plongera ces derniers dans l’admiration des trouvailles d’animation ainsi que de l’épaisseur du scénario.

Bonnes raisons de voir le film

  • Le premier long métrage d’Isao Takahata et à la fois le premier film d’animation japonais « d’auteur ».
  • L’histoire d'aventure fantastique avec ses personnages animaliers mignons.
  • Les scènes fantastiques et psychologiques.
  • Les ambitions de Takahata en matière d’art de l’animation tant en scénario qu'en mise en scène.
  • La collaboration fructueuse d’une jeune équipe énergique qui allaient créer des chefs-d’œuvre.

Infos complémentaires

Horus prince du soleil ne cesse d’attirer notre admiration non seulement parce qu’il s’agit du premier long métrage d’Isao Takahata dans lequel il a réalisé ses ambitions en matière d’art de l’animation, tant par l’histoire que par la mise en scène. Mais c’est également parce qu’il a inauguré le cinéma d’auteur dans l’industrie d’animation japonaise, grâce à de jeunes créateurs pleins d’énergie de l’époque, tels que les dessinateurs Hayao Miyazaki, Yasuo Ôtsuka et Yôichi Kotabe, qui vont créer des œuvres phénoménales en étroite collaboration pendant des décennies et former plus tard le studio Ghibli.

La jeune société Tôei Dôga embauchait beaucoup de jeunes vers 1960. Tous passionnés, ils ont formé un syndicat et se réunissaient pour discuter de tout autour du cinéma d’animation et étudier des œuvres qui les ont influencés, telles que La bergère et le ramoneur. Malgré leur manque d’expérience et de technique, l’économie forte de la société et un système encore peu institutionnalisé leur ont donné l’occasion de réaliser le film qu’ils voulaient voir et faire, différent des autres films d’animation japonais jusque-là formatés dans l'idée qu'on se faisait du cinéma pour enfants. « Nous voulions faire un film différent, qui ait du sens, dont la forme serve le fond, qui mérite d’être exprimé. » Ainsi, est né Horus, prince du soleil après trois ans d’expérience laborieuse (1965-1968), malgré certaines contraintes.

L’histoire s’inspire d’une pièce de théâtre de marionnettes de Kazuo Fukazawa, elle-même fondée sur une légende Aïnou, une communauté ethnique du Nord du Japon et à l’extrême Est de la Russie. La scène a été resituée en Europe du Nord-Est et le scénario use de métaphores couvrant divers sujets socio- ou écologiques de son époque, tels que les débats de société touchant à la guerre du Viêt Nam.

Pour aller plus loin

Horus, prince du soleil sur le site Buta Connection (notamment pour son analyse détaillée) : http://buta-connection.net/pre-ghibli/horus.php

Page Benshi sur Le Serpent blanc, le premier film d’animation japonais en couleur, produit par la Tôei Dôga.

Conan, le fils du futur, une série d’animation réalisée par Hayao Miyazaki, dont certaines scènes rappellent à celles d’Horus.

Site d’un musée sur l’ethnie des Aïnous, Ainu Museum Poroto Kotan (en) : http://www.ainu-museum.or.jp/en/