Ivan Tsarévitch et la princesse changeante

Ivan Tsarévitch et la princesse changeante

Réalisé par Michel Ocelot
Durée : 53 min
| 2010 | France
Ma note :

Chaque nuit, une fille, un garçon et un vieux projectionniste se retrouvent dans un cinéma un peu spécial. Ensemble, ils inventent des histoires merveilleuses inspirées de contes du monde entier. Ils dessinent des personnages et leurs costumes, puis se déguisent pour les incarner. Comme par magie, le film se projette alors sur l’écran de la salle. Découvrez quatre contes de treize minutes :


Le mousse et sa chatte


Un jeune mousse est maltraité par tout l’équipage du bateau sur lequel il vit. Sa chatte adorée est sa seule amie. Souvent, il rêve de vivre ailleurs, avec elle. Une rencontre va bouleverser sa vie…


L’Écolier-Sorcier


Un jeune garçon cherche du travail. Un sorcier persan lui propose de lui apprendre son métier. Il devient un élève assidu et appliqué. Un jour, il apprend que les tous ses apprentis sorciers talentueux ont mystérieusement disparus...


La maîtresse des monstres


Dans les profondeurs de la terre, un petit peuple vit dans des grottes habitées par des monstres qui font la loi. Une petite fille est le bouc-émissaire du groupe. Elle se croit faible, mais un petit animal va lui révéler un secret qu'elle aura du mal à croire...


Ivan Tsarévitch et la Princesse Changeante


Le père du jeune Tsarévitch est mourant. Seules trois prunes d’or du Tsar des Jardins pourraient le sauver. Ivan devra passer par de nombreuses épreuves pour y parvenir. Il rencontrera notamment la princesse changeante, qui rend fous tous les hommes qui l’approchent...


 

Après Princes et Princesses et Les contes de la nuit, les contes merveilleux en ombres chinoises de Michel Ocelot reviennent sur grand écran ! Sur le même format que les collections précédentes, Ivan Tsarévitch et la princesse changeante regroupe quatre histoires, imaginées et interprétées de nouveau par cette fille, ce garçon et ce vieux technicien qui se retrouvent chaque soir dans cette salle de cinéma un peu spéciale.


On reconnait bien l’univers du réalisateur, son goût pour le folklore du monde entier, et l’originalité de ses récits au ton si particulier. Sa pâte graphique est aussi présente. Les personnages en silhouette noire, à la fois minimalistes et d’une grande finesse, entrent en contraste avec les couleurs vives des décors aux ornementations minutieuses. Si la technique d’animation en ombres chinoises était son premier choix pour des raisons budgétaires en début de carrière, il a choisi d’y revenir « parce [qu’il y avait] pris goût et [qu’il désirait] retrouver cette image stylisée et intense ». Cependant, il a cette fois-ci eu recours à l’informatique, dans le souci de « conserver l'innocence, la simplicité et la gaieté de l'antique papier à découper » explique-t-il. Il poursuit : « La fabrication informatique m'a permis des décors rutilants que je ne pouvais pas obtenir avec les décors translucides en Canson aquarelle. La palette numérique permet toutes les orgies […] ». Le résultat est magnifique.


Pour inventer ces fables au cours de leurs rendez-vous nocturnes, les trois amis partent d’une idée principale pour se documenter sur l’architecture, les costumes (qu’une étrange machine leur fabrique…), et les mythes, grâce à des images d’archives en tous genres, que l’adulte en sage conseiller consulte sur un écran futuriste. C’est une intelligente mise en abîme du processus de création cinématographique, mettant en scène le sens du détail et le goût pour la documentation du réalisateur. En effet, Michel Ocelot aime s’inspirer de livres, d’objets d’arts d’époque, de photographies, et même de ses voyages pour représenter les palais, les vêtements, ou encore la végétation dans ses films. Ces histoires merveilleuses fraîchement créées prennent place tantôt au Moyen-Orient, dans les profondeurs de la terre, ou encore aux pays des Tsars. On y rencontre monstres, princesses et sorciers. Dans le schéma du conte initiatique, le personnage principal sera souvent un être jeune et innocent, malmené par son entourage mais rencontrant un allié, et réussira à atteindre son but après avoir affronté quelques épreuves fantastiques.


Ce sont des contes à la fois traditionnels et modernes. Ils s’éloignent des clichés avec une pointe d’humour et d’ironie. Les images émerveilleront toute la famille. « Le théâtre d’ombres est une nuit magique où tout peut arriver ; quoi que l’on fasse, l’image est graphique, belle et racée, et le spectateur complète de lui-même ce que les formes noires n’exposent pas », dit Michel Ocelot. Etes-vous prêts à vous enchanter devant ces personnages mystérieux, en plongeant dans des univers oniriques et poétiques ? Alors, bon voyage !

Le format de ces brèves histoires qui s’enchaînent, comme dans un programme de courts métrages, convient aux enfants à partir de 5 ans et plus. En effet, les histoires sont riches en détails, et les plus jeunes risqueraient de ne pas en saisir tout le sens.

1
Pour la beauté de l’animation en silhouette numérique
2
Pour la richesse des décors et des costumes, inspirés par la documentation dont la dimension est presque pédagogique
3
Pour l’originalité de ces contes initiatiques se déroulant dans le monde entier

Infos complémentaires

A l’origine, Michel Ocelot a imaginé une variation de son film Princes et Princesses pour la télévision. C’est ainsi qu’est née la série d’animation Dragons et Princesses, diffusée sur Canal + durant les vacances de la Toussaint en 2010 : 10 films de 13 minutes réalisés en 17 mois. « La télévision est le bon vecteur qui permet d'offrir ces œuvres courtes et d'entrer dans les maisons, d'atteindre "tout le monde" » déclare le réalisateur. Pour cette animation numérique en ombres chinoises, plus de 300 personnages et plus de 800 décors ont été nécessaires. Une équipe de 17 infographistes polyvalents, en partie rencontrés sur le film Azur et Asmar, y a travaillé durement. Dragons et Princesses a remporté le prix spécial du Jury pour la meilleure série de télévision au Festival International du Film d'Animation d'Annecy en 2010. Pour la sortie de ce programme sur grand écran, Michel Ocelot a sélectionné quatre de ces films.


> Pour en savoir plus sur ce film et son réalisateur, pour connaitre ses sources d'inspiration ou ses secrets de fabrication, découvrez l'entretien de Benshi avec Michel Ocelot, réalisé à l'occasion de la sortie du film.

Pour aller plus loin

Le dossier de presse de la série télévisée Dragons et Princesses dont sont issus les filmshttp://www.michelocelot.fr/#dragons-et-princesses


Les croquis des films : http://www.michelocelot.fr/#images-croquis--dragons-et-princesses


« Je pense d'abord mes histoires en cinéma. Mais une fois le film terminé, je passe à des versions livres, parce que j'aime les livres, parce que c'est une autre vie pour mes histoires, parce que c'est une autre création, et parce que le livre a une nature accessible, à l'œil nu, à la main nue, qui fait défaut au film ». Michel Ocelot a décliné les collections précédentes de Princes et Princesses et des Contes de la Nuit en album illustrés. Vous pouvez consulter sa bibliographie : http://www.michelocelot.fr/#livres


 

Fiche rédigée par Mathilde

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