Jeux d'images

Jeux d'images

Réalisé par Norman McLaren
Durée : 47 min
| 1942 | Canada
Ma note :

Si vous n’avez jamais entendu parler du grand Norman McLaren, ou juste un peu, ce programme est fait pour vous ! Il réunit sept de ses courts métrages, parmi la cinquantaine qu’il a réalisé dans sa carrière et constitue un très beau panel du travail de cet animateur inventif et historique, tant d’un point de vue technique qu’esthétique.

Discours de bienvenue
Norman McLaren - Canada - 7 min - 35mm, noir et blanc, pixilation
Norman McLaren, jouant son propre rôle, cherche tant bien que mal à prendre la parole, mais son micro ne l’entend pas de cette façon…

Hen Hop !
Norman McLaren - Canada - 4 min - 35mm, couleurs, peinture sur pellicule
Sur une musique folklorique, une poule danse et ondule en rythme.

Caprice en couleurs
Norman McLaren - Canada - 8 min - 35mm, couleurs, peinture sur pellicule
Quand la musique d’Oscar Peterson se met à créer des images expérimentales... ou bien est-ce les images qui déclenchent la musique ?

Canon
Norman McLaren - Canada - 9 min - 35mm, couleurs, animation et surimpression
Trois explorations de ce qu’est un canon musical, ou comment l’image explique le son, à travers des protagonistes variés et burlesques.

Le Merle
Norman McLaren - Canada - 4 min - 35mm, couleurs, papier découpé
Illustration d’une chanson québécoise enfantine dans laquelle un Merle perd différentes parties de son corps.

Blinkity Blank
Norman McLaren - Canada - 5 min - 35mm, couleurs, peinture sur pellicule
Des feux d’artifice de couleurs s’entremêlent et se démêlent, toujours en rythme.

Il était une chaise
Norman McLaren - Canada - 10 min - 35mm, noir et blanc, pixilation
Un homme cherche désespérément à s’assoir sur une chaise, qui ne se laisse pas faire.

Dans le domaine du cinéma d’animation, Norman McLaren est un peu comme un maître ninja pour les animateurs. Il est pour beaucoup une inspiration sans limite. Et pour cause ! Norman McLaren est l’un des premiers à avoir considéré le cinéma d’animation comme un champ d'expérimentation et une création artisanale, dont les formes sont modifiables à souhait. Il touche à toutes les techniques d’animation, des plus traditionnelles (telles que l’image par image dessinée ou le papier découpé), aux moins utilisées (la pixilation, la peinture ou le grattage sur pellicule *). Tel un artisan, il touche à tout, il expérimente divers outils pour animer des images, mais aussi des sons, qu’il crée parfois directement sur la pellicule.
La variété de ces techniques est ici illustrée dans cette sélection de courts métrages, qui donne à voir des esthétiques variées, et très intéressantes à mettre en relation, à comparer, ou tout simplement à admirer.

Souvent expérimental, son cinéma est d’abord à recevoir tel quel, sans se poser de question ; chose que les enfants, avec leur innocence, arrivent à faire sans problème. Les jeunes pourront donc découvrir le cinéma comme une expérience sensorielle. Même si certains de ces films ont quand même un scénario, comme par exemple l’illustration d’une chanson (Le Merle fait tomber sa patte, sa tête etc…), et mettent en scène des protagonistes, qui par leurs mouvements racontent une histoire, qui font rire par leur association avec une musique qui peut parfois rappeler celle des films muets.
La musique, vous l’aurez compris, tient une place importante dans les films de McLaren. C’est aussi l’occasion pour les enfants de découvrir différents genres musicaux, tels que la musique folklorique, le chant lyrique, le jazz, les chansons traditionnelles québécoises, ou ce qu’est un canon. Norman McLaren parle même de « son animé » pour parler de certains de ces courts métrages.

Le cinéma expérimental peut, au premier abord, faire un peu peur : il est souvent assimilé à une forme hostile, car souvent incomprise. Il faut au contraire se laisser aller, et accepter de ne pas tout comprendre pour apprécier ces petits films qui font sourire et même parfois rire. La simplicité scénaristique des films les rend extrêmement accessibles aux plus jeunes, et la grande variété visuelle permet de faire découvrir de nouvelles techniques d’animation aux plus grands.
Alors n’hésitez plus, et lancez-vous dans une toute nouvelle (mais ancienne) aventure visuelle et sonore !

(* cf - Pour aller plus loin)

Il existe deux versions différentes de ce programme : le plus court constitué de cinq films (Petite forme) est visible dès la petite section de maternelle, soit à partir de 3 ans, et le plus long, constitué de sept films, à partir de 5/6 ans.

1
Pour une première approche du cinéma expérimental, réalisé par un pilier de l’animation
2
Pour la découverte de plusieurs techniques d’animation, qui donnent lieu à des images très variées
3
Pour la musique, intimement liée aux images ; parfait pour introduire auprès de nos jeunes la notion de rythme, et ce avec des styles musicaux très variés

Infos complémentaires

Ce programme a été constitué par les Enfants de Cinéma pour le dispositif national Ecole et cinéma, sous deux versions différentes : une avec cinq films pour les petites sections de maternelle, et l'autre avec deux films supplémentaires, donc sept films, pour les plus grands.

Pour aller plus loin

Les différentes techniques d’animation

* La pixilation
: fait de filmer des objets du réel ou des personnes en image par image (ou en stop motion), comme dans Il était une chaise.
* Le grattage sur pellicule ou peinture sur pellicule : fait de graver un dessin à même la pellicule, ou de peindre directement dessus. De cette manière il n’y a ni tournage, ni développement des pellicules.


> Retrouvez plusieurs dossiers très instructifs et très bien conçus sur les secrets du cinéma d'animation, son histoire et ses différentes techniques de réalisation, ou sur la réalisation d'un atelier d'initiation au cinéma d'animation, sur le site de l'Universite POPulaire des Images (UPOPI).


Les débuts du cinéma d’animation


Emile Reynaud avec ses Pantomimes lumineuses est le premier à dessiner et colorier directement sur une pellicule de 70 mm en gélatine, en 1892. En 1906, le premier film d’animation sur pellicule argentique de 35mm, est réalisé par un américain, James Stuart Blackton. Vous pouvez voir son film réalisé en dessin de craies sur tableau noir ici : Humourous Phases of Funny Faces. C’est en 1908 qu’Emile Cohl présente son premier film, Fantasmagorie, et en vingt ans, il en réalisera plus de trois cents.



Bruno Bouchard et Camille Girard proposent soit à des particuliers, soit sous forme d’atelier, du grattage sur pellicule. Le concept de 24 mensonges par seconde, c’est qu’ils envoient dix secondes de pellicule à qui le souhaite, qui doit leur renvoyer après avoir gratté, donc créé par dessus des images de film, qui se retrouvent mélangées à ce qu’on pourrait appeler la première technique d’animation. Le but ultime est de monter ensemble les pellicules gravées, pour un film documentaire collectif sur cette expérience.



Pour finir, vous pouvez vous tester à l’animation à la manière de McLaren grâce à une application gratuite : L’atelier McLaren.


Les films de Norman McLaren sont tous réunis dans un superbe coffret "L'intégrale Norman McLaren", édité par Les Films du Paradoxe : 7 heures de films, réalisés entre 1941 et 1983 ! Un véritable bijou pour tous les admirateurs de McLaren.


Autrement plusieurs de ses courts métrages sont visibles gratuitement sur le site de l’Office National du Film du Canada (ONF).


Jeux d'images est inscrit au catalogue du dispositif national Ecole & Cinéma. Retrouvez la fiche "en famille" sur la plateforme Nanouk

Fiche rédigée par Alice

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