King Kong

King Kong

Réalisé par Merian C. Cooper, Ernest B. Schoedsack
Durée : 1h36
| 1933 | Etats-Unis
Ma note :

Synopsis

Figurante sans travail, la blonde Ann Darrow est engagée par le réalisateur Carl Denham pour être la vedette de son prochain film. Le Venture, le navire commandé par le capitaine Englehorn et qui comprend toute l'équipe, atteint Skull Island, une île mystérieuse où vivrait une créature légendaire vénérée par les indigènes et appelée King Kong. Durant le voyage, Ann tombe amoureuse de John Driscoll, le second du bateau. Une fois débarqués, les explorateurs sont aussitôt repérés par les indigènes et font marche arrière. Mais ces derniers enlèvent Ann, la "femme aux cheveux d'or", et l'attachent pour l'offrir en sacrifice à King Kong. Au moment où ses compagnons arrivent pour la délivrer, un singe gigantesque saisit la jeune fille et disparaît dans la forêt. Denham et ses hommes se lancent alors à la poursuite de King Kong.

L'avis de Benshi

King Kong, c'est un peu notre grand méchant loup moderne, la figure mythique du cinéma qui fait peur et qui nous procure tant de frissons ! Véritable institution "monstrueuse" cinématographique, comme Godzilla ou le Tyrannosaure de tous les Jurassik Park, King Kong nous enchante toujours par la permanence de son récit. En cela, c'est vraiment un film fantastique ! Fantastique, car il nous questionne sur nos peurs et nos fantasmes, sur notre imaginaire d'aventurier des mondes lointains. Tout à la fois documentaire anthropologique, mise en abîme de l’industrie du spectacle, récit d’aventures, conte de fées, les deux cinéastes ont réalisé un film d'une richesse remarquable. Tant dans les effets spéciaux que dans la profondeur du récit.

Avec King Kong, nous redevenons des explorateurs, nous suivons notre quête de l'incroyable, de ce qui nous dépasse, au risque de provoquer la catastrophe. Mais c'est aussi et surtout l'occasion pour nous de réfléchir sur notre relation à autrui, comment nous sommes capables du pire comme du meilleur. Dans les histoires de loup, l'animal est le reflet de nos angoisses comme de nos limites, ici King Kong c'est le sauvage que l'on croit être loin de nous, humains civilisés et sages. Or, c'est bien plus compliqué que cela. Belle et terrible leçon humaniste que ce film déploit, de fait tous les films sur King Kong ne disent que ça : traiter autrui comme un sauvage c'est déjà perdre une part de notre humanité. Si dans mon regard, je te traite comme une bête, alors la bête est peut-être aussi déjà en moi... Mais revenons à ce premier King Kong. Lorsque les cinéastes décident de réaliser ce film, pouvaient-ils imaginer que sa force et sa puissance traverseraient les âges ? C'est peut-être parce que le film joue sur les tensions qu'il continue à tant nous impressionner : il nous offre l'opposition entre le bestial et l'humanité, entre le sauvage et le civilisé, entre le désir et la peur, entre nature et culture, entre la femme blanche et la femme noire. Le désir de puissance et de contrôle absolu de l'homme sur la Nature, cette humanité qui veut  dominer le monde du haut de ses buildings d’acier le fait sans prendre la mesure de ses actes. Franchir les frontières et perturber l'équilibre d'un écosystème, c'est prendre le risque de créer le chaos et la destruction. Le message du film résonne toujours à notre époque.

Oui, King Kong est une grande oeuvre romanesque, fantastique, humaniste, incroyablement belle et forte et qui demeurera encore, parions-le, au firmament, durant des décennies...

Pour quel public

Même si King Kong est entré dans l'imaginaire de tout le monde, car c'est une figure mythique, c'est tout de même un film dense et complexe qui convient aux jeunes dès 8 ans.

Bonnes raisons d'aller voir le film

1
Parce que c'est LE FILM CULTE sur et avec KING KONG !
2
Pour l'extraordinaire inventivité des trucages
3
Pour la richesse du récit, complexe, juste et émouvant
4
Pour le regard de King Kong
5
Parce qu'on veut frissonner et palpiter

Infos complémentaires

Une révolution cinématographique

Une équipe de choc

À l’origine du mythe on trouve Merian C. Cooper, aviateur et prisonnier de guerre ayant fait la connaissance de son futur collaborateur Ernest B. Schoedsack sur le quai d’une gare à Vienne. Le duo réalise le documentaire Chang en 1927, classé dans les dix meilleurs films de l’année par le New York Times. Suite à ce succès Cooper réfléchit à un film inspiré par les récits de gorilles ayant bercé sa jeunesse. Après un refus de la Paramount, le cinéaste et son associé sont accueillis chez RKO Pictures que dirige David O. Selznick. C’est à cette occasion que le réalisateur découvre le projet Création du spécialiste de la Stop Motion Willis H. O’Brien. Cooper décide de fusionner son histoire de gorille géant avec les travaux d’O’Brien. Dans un premier temps le scénario est confié au célèbre romancier Edgar Wallace mais le décès de ce dernier oblige les deux cinéastes à se rabattre sur James Ashmore Creelman avant que Ruth Rose, la femme de Schoedsack, ne peaufine le script.

Un King Kong unique

« Homme-singe » plus que véritable gorille, King Kong est décrit dans le film comme étant « ni Bête, ni Homme » (« no Beast, no Man »). Sa taille varie durant le film : on peut l'estimer à six mètres dans l'île, un peu plus de sept mètres sur scène à New York et presque vingt mètres en haut de l'Empire State Building. Ses origines restent un mystère. En ce qui concerne son « grondement », il est construit à partir du rugissement d'un tigre passé à l'envers au ralenti, reproduit quatre fois pour atteindre une durée de 30 s et mixé avec un aboiement de chien.

Une suite et des remakes

L'immense succès de King Kong donna lieu à deux suites réalisées par Ernest B. Schoedsack, Le fils de Kong (1933) et Monsieur Joe (1949). En 1976, John Guillermin signa un remake, simplement intulé King Kong, avec Jessica Lange et Jeff Bridges et, dix ans plus tard, la suite de celui-ci : King Kong II (King Kong lives en 1986).

D'autres variations autour de King Kong virent également le jour : King Kong appears in Edo (1938), King Kong (1962), King Kong contre Godzilla (1962), Tarzan et King Kong (1965), La revanche de King Kong (1967), Eva, la venere selvaggia (1968), King Kong revient (1976), et Las muñecas del King Kong (1978). Enfin, Peter Jackson réalisa un long remake, King Kong en 2005. Kong : Skull Island est un film américain réalisé par Jordan Vog-Roberts, dont la sortie est prévue en 2017.

Pour aller plus loin

Sur les trucages du film

Un site passionnant et très bien documenté sur l'envers du décor du film : http://www.effets-speciaux.info/article?id=230

Pour les amateurs de jeu vidéo, d'après le KING KONG de Peter Jackson

https://www.youtube.com/watch?v=IQSh4ShEKM4

King Kong est inscrit au catalogue du dispositif national Ecole & Cinéma. Retrouvez la fiche "en famille" sur la plateforme Nanouk

Fiche rédigée par Nadia

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