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L'Ecole des facteurs

  • De Jacques Tati
  • 1947
  • 13 min

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Catégorie : Grands classiques   La divine comédie  

À partir de 7 ans

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Fiche rédigée par  Hélène Deschamps Avatar de Hélène Deschamps

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Synopsis

À l'école des facteurs, on apprend à devenir facteur. Qu'est-ce qu'un bon facteur ? Celui qui accomplit sa tournée dans les meilleurs délais. Rapidité, efficacité ! Un grand dadais très zélé se distingue immédiatement dans cette pratique, rien ne semble arrêter son imagination pour gagner du temps... Mais les habitudes de prendre aussi du bon temps avec les villageois et au bistrot, sont ancrées jusque dans sa bicyclette...

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L'avis de Benshi

Rapidité, efficacité : un programme valable autant pour le facteur que pour Tati lui-même ! L'école des facteurs est un film au rythme trépidant, rondement mené, qui n'offre aucun instant de répit aux spectateurs !

Simplicité enfantine : il s'agit de faire la tournée, à bicyclette, le plus vite possible. Tout est dans l'inventivité dont fait preuve le facteur, qui déploie des trésors d'ingéniosité pour accélérer la cadence. Tel ce gag, où le facteur se fait remorquer par un camion, la porte arrière lui permettant d'installer un bureau de fortune, où il peut continuer à oblitérer le courrier ! Mais gare à la chute !

Le plus réjouissant se situe peut-être dans cette alchimie qui relie le corps du facteur à sa bicyclette. À certains moments, ils ne font qu'un, à d'autres, la bicyclette devient autonome et continue sa course sans son cavalier ! Mieux : elle s'anime, devient espiègle, et joue des tours au facteur ! Elle est finalement son double et le rappelle au bon fonctionnement de l'espèce humaine : celui de prendre du bon temps.

Finalement, dès L'école des facteurs, pointe un thème qui sera cher à Jacques Tati : celui du temps. Le temps qui passe, le temps du gag, attendu, suspendu, à contretemps, et le temps social, qu'en 1947, déjà, il définit en terme de rentabilité, tout en nous retournant la question d'un revers de pédale de vélo. Que ferons-nous du temps ainsi gagné ? Semble-t-il nous demander...

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Pour quel public ?

Dès 5 ans sans restriction !

Bonnes raisons de voir le film

  • Pour le facteur irrésistible !
  • Pour les premiers coups de pédales d'un grand burlesque !

Infos complémentaires

« Le brouillon de Jour de fête » : ainsi Jacques Tati présente-t-il son troisième court métrage. C'est en effet dans L'école des facteurs, qu'il crée son personnage du facteur, qui s'appellera François dans le long métrage qui sortira deux ans plus tard, Jour de fête.

Selon la tradition burlesque, Jacques Tati est acteur et réalisateur de ses films. Il vient du music-hall. Ses Impressions sportives, sur scène, subjuguèrent l'écrivain Colette, qui qualifia ses mimes de « tableaux vivants ».

Le style de Jacques Tati, son comique, son jeu, se situe entre le burlesque et le mime ; il est unique, comme le sont Chaplin ou Buster Keaton. Chacun ayant inventé et incarné un personnage comique à l'écran, à sa manière.

Le corps de Tati, longiligne, immense, tout en lignes droites et en perpétuel déséquilibre, nous fascine. Ses mouvements claquent, comme son nom, sur un rythme sec : Ta-ti ! Tati semble calligraphier l'espace avec son corps. Ses déplacements s'y inscrivent comme sous l'effet d'un coup de pinceau.

Notre facteur sur sa bicyclette nous ravit, parce qu'il fait appel en nous à cette part d'enfance intacte, ce goût de l'émerveillement et de l'imagination, qui naît de rien, du quotidien, du terre à terre. Tel est le propre des burlesques : faire surgir l'enchantement de l'ordinaire.

Pour aller plus loin

L'école des facteurs, fait partie d'au moins deux programmes de courts métrages, au catalogue du dispositif national Ecole & cinéma.

On trouve dans ces programmes, quelques pépites de l'animation, dont Gagarin, où une chenille s'essaie à des vols dans l'espace, à bord d'un volant de badmington. Ainsi que le désopilant et fantastique Au bout du monde, dans lequel une maison en équilibre au sommet d'une montagne se voit accueillir toute sorte de visiteurs... une vache, une voiture de sport, ce qui met passablement en danger son équilibre précaire.

Enfin, relevons le très beau Les Musiciens de Mikhaïl Kobakhidzé, cinéaste géorgien. Ce film en blanc et noir, met en scène deux acolytes, musiciens, acrobates, vêtus de noir, se livrant à des parades burlesques incroyablement inventives et fantaisistes, sur un fond blanc, immaculé, qui tient de la page blanche où s'invente l'écriture cinématographique.

Les autres films au programme :

Le cyclope de la mer de Philippe Jullien, 1998, 12 minutes, marionnettes animées

Gagarin de Alexij Kharitidi, Russie, 1993, 4 minutes, aquarelle animée.

Les musiciens de Mikhaïl Kobakhidzé, Géorgie, 1969, 13 minutes, prise de vue continue.

Le garçon qui a vu l’iceberg de Paul Driessen, Canada, 2000, 9 minutes, animation.

Au bout du monde de Konstantin Bronzit, France, 1999, 8 minutes, animation (dessin sur papier).

L'école des facteurs est également disponible en VoD sur le site ARTE boutique : http://boutique.arte.tv/f10787-ecole_facteurs

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