L'Homme qui rétrécit

L'Homme qui rétrécit

Réalisé par Jack Arnold
Durée : 1h21
| 1957 | Etats-Unis
Ma note :

L’histoire incroyable de l'homme qui rétrécit, le titre original nous le dit mieux : cette histoire est véritablement incroyable... et pourtant vraie... puisque l'homme qui nous la raconte (en voix off) est celui à qui cette aventure est arrivée !
Cet homme, Robert Scott Carey, est un Américain moyen, menant une existence ordinaire, jusqu'au jour où, au large, sur un bateau prêté par son frère pour les vacances, un mystérieux nuage blanc apparaît à l’horizon. Le nuage se rapproche, l’ensevelit, et laisse sur son corps de mystérieuses paillettes microscopiques. A partir de cet épisode liminaire, Scott commence progressivement à rétrécir. Sa vie sociale, sa vie conjugale, s'en trouvent remises en question, et, plus largement, sa place dans la société des Hommes. Par étapes successives, on le voit rapetisser. Première alerte : ses costumes deviennent trop grands, puis il perd son alliance, devenue, elle aussi trop grande. Il se retrouve ensuite de la taille d'un nain. Se liant d'amitié avec une artiste de cirque, naine, son âme sœur d'un moment, ses tourments semblent s'arrêter. Mais le mal reprend et sa taille diminue encore, jusqu'à atteindre celle d'une souris. Il doit se battre contre son propre chat, devenu un ennemi. Ce combat l'oblige à se réfugier à la cave, où sa vie ressemble à celle d'un naufragé, luttant pour sa survie, au milieu d'éléments devenus démesurément grands. Au stade ultérieur, Scott, de la taille d'un insecte, affronte une araignée démente. Au terme de cette lutte, dans un apaisement métaphysique, rejoignant l'infini, Scott, réduit à la taille d'un atome, laisse sa voix conclure : « I am Scott Carey ».

L'homme qui rétrécit est un film mythique ! Un classique incontournable de la science-fiction, et d'une science-fiction, que nous pourrions qualifier de métaphysique.
Un homme, de la taille d'une souris, luttant contre son propre chat, celui-là même qui fut, dans sa vie d'avant, dans sa vie d'homme ordinaire, son animal de compagnie... Ou comment l'environnement domestique peut-il devenir hostile ? C'est tout l'enjeu esthétique de Jack Arnold, qui cherche, dans L'homme qui rétrécit, à transformer le quotidien en un univers cauchemardesque.
De fait, ce film fait frissonner ! Les trucages sont d'une efficacité redoutable et au moins deux séquences de combat demeurent d'anthologie : la première mentionnée ci-dessus, contre le chat de la famille, la seconde contre l'araignée. Deux séquences... si ce n'est le film entier, qui demeure plan par plan indélébile !
La science-fiction est un genre littéraire et cinématographique qui permet de révéler les dérives potentielles de la science. Bâti sur une observation rigoureuse de la société, de l'action de l'homme sur le monde, ce genre extrapole, parfois de façon prémonitoire, les dangers des progrès technologiques et pose des questions fondamentales sur l'avenir de l'humanité.
L'Homme qui rétrécit appartient pleinement à ce genre. Réalisé en 1957, aux Etats-Unis, en pleine guerre froide et une large décennie après le traumatisme mondial d’Hiroshima et Nagasaki, à travers l’aventure de Robert Scott Carey, c’est la peur du nucléaire, et même la peur d’une guerre nucléaire, et les fantômes de la bombe atomique que le film convoque. Le nuage que (ou qui) traverse Scott Carey est explicitement radioactif. Le nucléaire est le mal absolu que la science est absolument impuissante à soigner. Parler du nucléaire, c’est se confronter à l’inconnu : quelles sont les conséquences de la radioactivité ? et à des questions philosophiques : comment l'homme a-t-il conçu une machine dont il est impossible de mesurer la puissance destructrice ? Dont les conséquences dépassent l’échelle humaine ?

A partir de 8 ans, d'abord pour pouvoir lire de manière fluide les sous-titres, ensuite parce que ce film est vraiment impressionnant, et qu'il aborde des questions métaphysiques, telles que : d'où l'on vient et où l'on va ? Qu'est-ce que l'univers ? L'infini ? Qui résonneront parfaitement aux questionnements intérieurs des enfants de cet âge-là.

1
Pour l'aventure !
2
Pour le suspense !
3
Pour frissonner !
4
Pour se poser des questions !

Infos complémentaires

L'Homme qui rétrécit est d'abord un film d'aventure, un film envoûtant, haletant, au suspense extrêmement bien mené. Les différents trucages, qui n'ont pas vieilli, parce qu'ils font appel au principe originel du cinéma, sont très efficaces. On peut prendre le temps de relever les différentes techniques de trucage, qui vont de l'utilisation de maquettes, d'inserts, de transparence, de recomposition de l'image. Oui, L'Homme qui rétrécit est un film extrêmement riche, inépuisable à bien des égards ! Ensuite, L'Homme qui rétrécit est fondateur dans la formation d'une jeune conscience, et de son rapport au monde, nous l'avons dit, ainsi que sur des questions aussi essentielles que le nucléaire.

Pour aller plus loin

Le site des Enfants de cinéma
http://www.enfants-de-cinema.com/2011/films/homme-retrecit.html

Un dossier critique offrant un synopsis très détaillé, documenté et contextualisé
http://www.critikat.com/panorama/analyse/l-homme-qui-retrecit.html

Des pistes pédagogiques à explorer
http://crdp.ac-bordeaux.fr/cddp33/Cinema/on_tourne_les_pages/science_fiction/homme_qui_retrecit.PDF

L'Homme qui rétrécit est inscrit au catalogue du dispositif national Ecole & Cinéma. Retrouvez la fiche "en famille" sur la plateforme Nanouk

Fiche rédigée par Hélène

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