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La Légende du pauvre bossu

  • De Michel Ocelot
  • 1982
  • 7 min

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Catégorie : Fantastique   Le sens de la vie  

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À partir de 7 ans
Poster de La Légende du pauvre bossu

Fiche rédigée par  Pauline Avatar de Pauline

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Synopsis

Assise sur son trône avec sa cour à ses pieds, une jeune princesse voit défiler devant elle de fiers prétendants qui la couvrent de riches cadeaux pour s'attirer ses faveurs. Un bossu se mêle à la procession pour lui offrir de modestes fleurs, provoquant les moqueries et la colère de l'assemblée qui décide de sanctionner l'audace de cette vile créature. Malmené et humilié, le pauvre bossu révélera alors l'incroyable secret que cache sa difformité.

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L'avis de Benshi

Le personnage du bossu a bien souvent été présenté comme un monstre, un être contre-nature, incarnation de la laideur. Aujourd'hui, l'évocation du bossu rappelle instinctivement le Quasimodo du Notre-Dame de Paris de Victor Hugo, devenu la représentation archétypale de ce personnage dans l'imaginaire collectif. Et il l'est d'autant plus depuis ses nombreuses adaptations au cinéma (la plus connue étant le dessin animé de Disney). De part sa difformité, le bossu est rejeté et méprisé par la société, car considéré comme différent, anormal, et pas totalement humain. Cependant, il s'avère que son apparence recèle en vérité plein de richesses, de beauté et d'humanité. La version de Michel Ocelot ne déroge pas à la règle. Dans ce conte original, il met en scène un bossu martyrisé, qui révèle sa vraie nature en se métamorphosant sous les yeux de ses tortionnaires. Il utilise une esthétique particulière, imitant le style des gravures médiévales, dans lesquelles la caméra se promènerait ; comme un tableau qui s'animerait. En terme d'animation, le film est davantage un enchaînement d'images en plan fixe, un peu à la manière d'un roman photo. Cette « rigidité » de l'animation peut être perçue comme une façon d'exprimer l'étroitesse d'esprit de la foule, qui serait en quelque sorte figée dans les idées reçues et les préjugés. La cruauté qui en découle est également exprimée par le son qui laisse entendre des grognements d'animaux lorsque cette foule se dresse contre le pauvre bossu, comme pour pointer du doigt la vraie monstruosité. L'animation finit par se fluidifier et se fait réellement mouvement lorsque la vérité sur le bossu est révélée. La métamorphose du bossu s'accompagne donc d'une transformation dans la forme du film. Le changement du bossu entraîne un changement général, comme un mouvement pour contrer la bêtise de l'intolérance et la cruauté de l'étroitesse d'esprit.

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Pour quel public ?

A partir de 7 ans. Attention aux moments où le bossu est maltraité, qui peuvent être impressionnants pour les plus jeunes ou du moins les plus sensibles.

Bonnes raisons de voir le film

  • Pour l'esthétique du film aux allures de gravures médiévales
  • Pour réfléchir sur la notion de différence et de tolérance
  • Pour ne pas s'arrêter aux apparences et au conformisme

Infos complémentaires

Le film remporte le César du meilleur film d'animation en 1983. Michel Ocelot mentionne cette récompense avec une certaine ironie car l'animation du film est en effet minimaliste : « J’ai fait La Légende du Pauvre Bossu après Les 3 Inventeurs. C’est une disposition à l’opposé. Pour Les 3 Inventeurs, j’ai fait un travail fou, une dentelle extrême. Pour le Pauvre Bossu, je n’ai pas fait d’animation, pas de couleur, pas de dialogue, pas de commentaires, pas de mouvements de caméra, et comme il n’y a pas de justice dans ce bas monde, ce film a eu le César du meilleur court métrage d’animation. […] Le personnage est simplement posé sur les décors. Il n’y a pas d’animation, mais il y a une histoire. L'histoire est toujours le principal. »

Pour aller plus loin

Pour en savoir plus sur :

- le Moyen-Age : https://fr.vikidia.org/wiki/Moyen_%C3%82ge

- la gravure : https://fr.vikidia.org/wiki/Gravure

- le site officiel Michel Ocelot : https://www.michelocelot.fr/#accueil