La Ruée vers l'or

La Ruée vers l'or

Réalisé par Charles Chaplin
Durée : 1h36
| 1924 | États-Unis
Ma note :

Synopsis

Au XIXe siècle, la découverte de fabuleux gisements d'or dans le Klondike provoque une formidable ruée de prospecteurs. Un aventurier solitaire et malingre, Charlie, affronte une tempête de neige et n'en réchappe qu'en se réfugiant dans la cabane d'un hors-la-loi, Black Larsen. Jim McKay, un autre prospecteur, trouve à son tour asile dans la frêle baraque. Autrement mieux bâti que Charlie, Jim affronte Larsen et prend le dessus. Les trois hommes se résignent à partager le même toit. Dans la ville voisine, où il se rend, Charlie s'éprend d'une entraîneuse, Georgia...

L'avis de Benshi

La Ruée vers l'or est une véritable pépite du cinéma, de celles qui nous réchauffent le coeur. Voir et revoir ce film en famille nous donne à vivre le plaisir du cinéma, dans tout son humanisme. Plus grand succès de Charles Chaplin à ce jour, le film recèle des trésors d'inventivité, avec une variété de gags qui ravissent et enchantent. Il faut souligner ici combien Charles Chaplin a su filmer les animaux comme autant de compagnons de route, dans une tendre intimité. De l'ours au chien, de la poule aux chiens loups, mais aussi des chercheurs d'or aux danseurs de salon, tout se mêlent et se mélangent dans ce monde où le plus fort n'est pas toujours celui que l'on croit. Lorsque Charlot joue avec l'ours, où lorsque lui-même devient une poule sur patte, ce jeu avec l'animal est pour nous l'expérience de notre condition humaine, dans une simplicté et un respect assez fort et beau. Si la bestialité surgit, elle n'est jamais du côté de l'animal, mais hélàs souvent le fait de l'homme, dévoré par sa rapacité. Le cinéaste met en évidence la complexité des rapports entre les personnes, entre le sourire complice, l'éclat de rire revigorant et parfois quelques larmes... Avec ce petit homme égaré dans cette immensité neigeuse, hostile et chaleureuse en même temps, nous voilà cheminant avec lui. Tout le monde rêve d'avoir sa part du butin. L'or semble rendre fous les homme mais pour Charlot, c'est l'amour qui fait battre encore plus fort son coeur.

Comme toujours avec Charles Chaplin, ses films s'inspirent de tout ce qu'il observe et ressent. Avant tout processus de création il rêve et imagine ses films, dans une inspiration qui s'ancre dans le réel. Pour La ruée vers l'or, l'idée lui est venu un soir où il participait à un diner avec ses grands amis de cinéma, Marie Pickford et son époux Douglas Fairbanks. Ces deux très grandes célébrités lui montrent des stéréogrammes (des images en relief) où des hommes peinent à gravir une montagne enneigée, lors de la ruée vers l'or au XIXe siècle dans le Klondike. Cette humanité affamée et écrasée par la nature glaciale, il saura la relier à un autre fait divers : en 1846, une expédition d'émigrants se retrouvent bloqués dans la Sierra Nevada. La faim, le froid et l'isolement font des ravages. Après les animaux tués et mangés, certains survivent en dévorant les cadavres d'enfants, de femmes, d'hommes et même de leurs chaussures. Charles Chaplin a trouvé la matière pour réaliser son oeuvre. Plusieurs séquences sont entrées dans l'histoire du ­cinéma : les prospecteurs qui mangent leurs souliers ; la cabane au bord du précipice mais surtout le rêve de Charlot exécutant la danse des petits pains, véritable scène d'anthologie, poétiquement belle et jamais égalée.  

Pour quel public

Ce film est à voir en famille à partir de 5 ans. C'est un personnage d'une grande dignité malgré sa pauvreté qui le rend vulnérable. Il nous permet de compatir avec celles et ceux qui souffrent, tout en nous faisant rire de nos petitesses comme de nos erreurs.

Bonnes raisons d'aller voir le film

1
Pour les extraordinaires scènes qui ont imprégné toute l'histoire du cinéma : la métamorphose en poulet, la danse des petits pains, la cabane au bord du gouffre...
2
Parce que (re)découvrir un film de Charlie Chaplin est toujours un moment de joie
3
Pour l'humanisme du film, pour sa réflexion sur l'argent et comment l'amour est la plus grande richesse

Infos complémentaires

Une scène filmée en décors naturels
Charles Chaplin pour évoquer le célèbre “col du Chilkoot”, porte d’entrée vers les mines d’or du Klondike, reconstitue les campements sommaires des pionniers. Pour figurer le col, un chemin long de 700 mètres a été creusé dans la neige, créant un dénivelé de 300 mètres, le tout à 3000 mètres d’altitude. Sinuant le long d’un étroit défilé jusqu’au sommet du Mont Lincoln (situé dans les Montagnes Rocheuses), la construction de ce sentier ne fut possible que grâce aux coulées de neige éternelle contre les flancs de la montagne. 2500 figurants furent engagés pour la scène d'ouverture du film. Ils étaient venus avec leur baluchon sur le dos : tous les clochards de l’Ouest américain. C’était la mendicité en vacances !


Du muet au son
La Ruée vers l'or a été réalisé par Charlie Chaplin alors que le cinéma est encore muet, en 1924 (le premier film parlant sort en salle en 1927). Chaplin écrit pour le film une partition pour une quarantaine de musiciens qui est jouée en direct dans les salles de cinéma.
Mais en 1942, le désir lui vient de refaire une version parlante de son film. Il conserve les images du film mais enlève les cartons et ajoute une voix-off qui va venir se superposer aux images et raconter l'histoire du petit homme. Cette version, plus courte de près de vingt-cing minutes est celle que l'on peut communément voir au cinéma puisque la version muette n'est plus projetée en salle qu'en version ciné-concert avec l'orchestre au complet.

Une scène culte
La fameuse scène de "la danse des petits pains" n'a pas été inventée par Charlie Chaplin. On peut en voir une 1ère version dans un film de Fatty Arbuckle (avec qui Buster Keaton a commencé au cinéma) Fatty chez lui, qui date de 1917. La scène est plus courte, un gag à peine ébauché, et Chaplin saura lui donner une dimension plus poignante, en approchant la caméra et en effectuant un travail très précis de mise en scène.

Pour aller plus loin

Une adaptation du film en album jeunesse a été éditée en 2007 : La Ruée vers l'or, de Laurence Gillot avec des illustrations d'Olivier Balez. L'occasion de revenir sur le film avec les enfants et de prolonger le plaisir de la salle à la maison.

La scène de la petite cabane se balançant au bord du gouffre a connu un grand succès et il n'est pas rare d'en retrouver des traces dans d'autres films. C'est le cas par exemple, d'un court métrage d'animation de Konstantin Bronzit, Au bout du monde, que vous pouvez regarder avec vos enfants après la séance de La Ruée vers l'or. Au bout du monde fait partie du programme de courts métrages Petites z'escapades.


Cours de cinéma de Carole Desbarats dans le cadre du cycle "L'argent ne fait pas le bonheur" le 31 janvier 2014 au Forum des Images à Paris : http://www.dailymotion.com/video/x1bx9fe_la-ruee-vers-l-or-de-charlie-chaplin-carole-desbarats_shortfilms  

Un site ludique et instructif qui propose plusieurs affiches sur le film, de différents pays et époques : http://www.mediatarn.org/data/rsc-1139.pdf

Vous trouverez aussi de nombreuses informations complémentaires sur le film sur les site des Enfants de cinéma et de Transmettre le cinéma :
http://www.enfants-de-cinema.com/2011/films/ruee-or.html
http://www.transmettrelecinema.com/film/ruee-vers-lor-la/

La Ruée vers l'or est inscrit au catalogue du dispositif national Ecole & Cinéma. Retrouvez la fiche "en famille" sur la plateforme Nanouk

Fiche rédigée par Nadia

Discussion