Le Cerf-volant du bout du monde

Le Cerf-volant du bout du monde

Réalisé par Roger Pigaut, Wang Kia-Yi
Durée : 1h22
| 1958 | France - Chine
Ma note :

Synopsis

Dans le quartier de Montmartre, une bande de gamin trouve un cerf-volant coincé au sommet d’un arbre. Pierrot, le chef de la bande, réussi à le récupérer et y trouve cachée, une lettre écrite en chinois. Accompagné de sa petite sœur Nicole, Pierrot va trouver un antiquaire qui lui révèle des choses sur le cerf-volant et traduit la lettre : elle vient d’un petit garçon vivant à Pékin, nommé Song Siao Tsing, qui a confié sa lettre à son cerf-volant en espérant qu’elle soit trouvée par un autre enfant quelque part dans le monde qui lui répondrait. Le soir, dans son lit, Pierrot rêve de la Chine et de son voyage là-bas pour retrouver Song Siao Tsing afin de répondre à son message.

L'avis de Benshi

Le film peut sembler un peu vieillot au premier abord, avec ses acteurs aux accents titi parisien, sa postsynchronisation bancale et ses trucages « à la Méliès ». Mais ce côté daté se révèle être à la fois plein de charme, empli d’une certaine poésie désuète, ainsi qu’un témoin de son époque. Le film étant sorti en 1958, sa production s’est déroulée dans un certain contexte historique, celui de la guerre froide. A une époque de tension entre les pays, la volonté des personnes à l’origine de ce film a été de porter une vision de paix et d’amitié universelle. La fraîcheur et la naïveté qui se dégagent de l’histoire et de ses petits protagonistes, seraient en fait un message d’espoir et de fraternité entre les peuples. On peut aussi, tout simplement, expliquer cette candeur par l’onirisme dans lequel baigne le film. En effet, la moitié du récit se consacre à nous emmener dans les rêves de Pierrot, propulsé en Chine avec sa petite sœur grâce aux pouvoir du cerf-volant qui s’avère être Souen Wou Kong, le roi des singes, un célèbre personnage de la mythologie chinoise. Si c’est un rêve, tout est possible, même arriver en Chine en un clin d’œil et rencontrer une bande d’enfants prêts à se mobiliser pour aider Pierrot à retrouver Song Tsiao Sing.

Le voyage que font Pierrot et sa sœur n’est pas seulement onirique, il a aussi une vocation initiatique : aller à la rencontre de l’autre, d’une autre culture. Le film dresse ainsi le portrait – certes quelque peu fantasmé – de la Chine, de son histoire (les apparitions des empereurs de jadis), de sa culture (la langue, la nourriture, les cerfs-volants), et de ses légendes (le personnage de Souen Wou Kong). Tout le film évolue dans un univers d’enfants - on constate très peu d’interventions des adultes - et nous raconte ainsi une forme d'émancipation, d’indépendance des enfants. Cela nous renvoie au regard un peu naïf que le film porte sur l’amitié et, par extension, sur la paix. Comme s’il y avait besoin de cette candeur pour pouvoir y croire, le monde des adultes étant déjà trop désabusé, trop désenchanté. Les enfants représentent ainsi un espoir, symboles d’une nouvelle génération plus sereine et peut-être plus sage. Un message qui, aujourd’hui encore, trouve un écho.

Pour quel public

A partir de 5 ans. Au-delà de l’aspect onirique du film qui parlera aux plus petits, il peut être intéressant d’aborder le contexte historique du film avec les plus grands, notamment afin de mieux comprendre les enjeux du film.

Bonnes raisons d'aller voir le film

1
Pour le joli voyage que propose le film
2
Pour le mélange entre rêve et réalité
3
Pour découvrir la culture d’un autre pays, mais aussi ses contes et légendes
4
Pour le message touchant et intemporel porté par le film

Infos complémentaires

Le cerf-volant du bout du monde est la première co-production cinématographique franco-chinoise. Le film a été tourné en partie en France, à Paris, et en Chine, à Pékin. Par exemple, la scène de la rencontre avec Souen Wou Kong dans la chambre de Pierrot a été tournée en studio à Pékin. Ainsi, le message du film fait écho aux conditions de sa production : français et chinois ont dû coopérer, s’adapter mutuellement à différentes façons de travailler et tenter de communiquer du mieux possible malgré la barrière de la langue. Pour cela, ils collaient régulièrement des affiches sur les murs des studios où étaient inscrites leurs remarques et leurs revendications.

Le cerf-volant du titre est à l’effigie de Souen Wou Kong (ou Sun WuKong), un personnage légendaire très célèbre en Chine qui possède des pouvoirs et apparaît dans nombre de récits et de contes. Il est aussi connu sous le nom de Roi des Singes. Son apparition la plus renommée se trouve dans Le singe pèlerin de Wou Tcheng En, devenu un classique de la littérature chinoise. Souen Wou Kong a depuis toujours suscité beaucoup d’inspirations, notamment chez les auteurs de manga. L’exemple le plus célèbre à ce jour reste la série Dragon Ball dont le héros, Son Goku (version japonaise de Sun WuKong), un petit garçon avec une queue de singe, est fortement inspiré du mythe chinois.

Pour aller plus loin

Le dossier pédagogique très complet sur le site Transmettre le cinéma : http://www.transmettrelecinema.com/film/cerf-volant-du-bout-du-monde-le/

De nombreux documents pédagogiques consultables ou téléchargeables sont également disponibles sur Internet.

Wou Tch'eng-En, Le singe pèlerin, éditions Payot, 2003 : un classique de la littérature chinoise qui raconte les aventures d’un moine, accompagné dans son voyage par le roi des singes, Souen Wou Kong

Une petite histoire du cerf-volant : http://jean.balsalobre.pagesperso-orange.fr/cerfvolant/histoirecv.html

La Chine par Vikidia, l’encyclopédie junior : https://fr.vikidia.org/wiki/Chine

La guerre froide par Vikidia, pour une explication du contexte historique du film : https://fr.vikidia.org/wiki/Guerre_froide

Le cerf-volant du bout du monde est inscrit au catalogue du dispositif national Ecole & Cinéma. Retrouvez la fiche "en famille" sur la plateforme Nanouk

Fiche rédigée par Pauline

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