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Le Château ambulant

  • De Hayao Miyazaki
  • 2004
  • 1h59

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Catégorie : Fantastique   L’aventure, c’est l’aventure  

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À partir de 7 ans

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Fiche rédigée par  Antoine De Ducla Avatar de Antoine De Ducla

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Synopsis

La jeune Sophie, âgée de 18 ans, travaille sans relâche dans la boutique de chapelier que tenait son père avant de mourir. Lors de l'une de ses rares sorties en ville, elle fait la connaissance de Hauru le Magicien. Celui-ci est extrêmement séduisant, mais n'a pas beaucoup de caractère... Se méprenant sur leur relation, une sorcière jette un épouvantable sort sur Sophie et la transforme en vieille femme de 90 ans.
Accablée, Sophie s'enfuit et erre dans les terres désolées. Par hasard, elle pénètre dans le Château ambulant de Hauru, et cachant sa véritable identité, s'y fait engager comme femme de ménage. Cette « vieille dame » aussi mystérieuse que dynamique va bientôt redonner une nouvelle vie à l'ancienne demeure. Plus énergique que jamais, Sophie accomplit des miracles. Quel fabuleux destin l'attend ? Et si son histoire avec Hauru n'en était qu'à son véritable commencement ?

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L'avis de Benshi

En 2004, Hayao Miyazaki était au sommet de sa gloire. Les chefs-d’œuvre Princesse Mononoké et Le Voyage de Chihiro ont imposé le grand réalisateur japonais comme l’un des maîtres du cinéma d’animation mondial. Vient ensuite Le Château ambulant, un classique de plus dans la filmographie de son auteur virtuose et un moment de cinéma inoubliable pour l’enfant que nous fûmes (et que nous demeurons). Toutes les grandes thématiques sont une fois de plus réunies pour être traitées sous un angle nouveau. Pacifiste convaincu, Miyazaki livre dans Le Château ambulant une critique acerbe de la guerre et de son absurdité (ce qui était déjà le cas dans Princesse Mononoké et Le Château dans le Ciel). Les militaires sont des goujats ou des pleutres, les rois et les reines font la guerre sans véritablement savoir pourquoi, les hommes ne sont que des machines à tuer et détruire. Cette vision sombre de l’humanité, Miyazaki la cristallise sous le regard désenchanté de Hauru, magicien et maître du fameux château ambulant, pour qui la magie ne sert à rien dans ce monde de fous. Mais avec le personnage de Sophie (nouvelle héroïne de son univers), Miyazaki nous fait comprendre que rien n’est jamais perdu et qu’il faut continuer à croire en l’homme et à la vie.

La grande originalité du Château ambulant est d’avoir comme personnage principale une femme âgée. On se souvient des autres héroïnes de Miyazaki comme Chihiro, Mononoké, Nausicaä ou encore Kiki la petite sorcière, à la fois juvéniles, fougueuses et pleines de bravoure. Mais en faisant de Sophie une dame devenue vielle par un sortilège, Hayao Miyazaki ajoute une pointe de sagesse dans son univers. Sophie est comme une grand-mère bienveillante qui prend soin des plus jeunes (Hauru et le petit Marco), et si son état physique la rend plus fragile, elle n’en demeure pas moins pétillante et énergique. Elle peut sortir de ses gongs et se montrer plus mature que Hauru qui est parfois plus capricieux et immature que Marco. Manquant d’assurance et de confiance en lui, il trouve en Sophie la force nécessaire pour s’affirmer face aux dangers. Car Sophie, dans sa nature profonde, va résolument vers la vie, et plus elle déborde de sentiments, plus elle rajeunit. Et si ses cheveux demeurent blancs lorsqu’elle retrouve son âge normal, c’est sans doute le signe que l’expérience l’a rendue plus sage avec le monde qui l’entoure. La vieillesse l’aura finalement obligée à redoubler de force et de courage pour affronter le chaos du monde, et à ressortir plus forte et plus mature. En somme, la vieillesse l’a aidé à grandir, à devenir adulte.

On ne saurait analyser en quelques lignes toute la richesse de ce merveilleux film, tant il regorge de signes et d’interprétations multiples. C’est avant tout une œuvre qui brille par ses mystères. L’épique et le lyrisme se côtoient tout au long du récit, appuyés par des décors somptueux (le château ambulant est une merveille de décors animés), une aventure rythmée et émouvante et par la musique toujours superbe de Joe Hisaishi, le fidèle compositeur de Miyazaki. Le Château Ambulant est un chef-d’œuvre de plus qui s’adresse autant aux enfants qu’aux adultes. Un souvenir de cinéma inoubliable.

Merci monsieur Miyazaki !

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Pour quel public ?

A partir de 7-8 ans. Le film est long pour les petits (2 heures). Certains passages peuvent impressionner les plus sensibles et la symbolique complexe du scnéario est davantage accessible pour un public mature.

Bonnes raisons de voir le film

  • Pour l'univers fantastique
  • Pour une aventure inoubliable pleine de magie et d'émotions
  • Pour le génie de Hayao Miyazaki, le grand maître de l'animation japonaise

Infos complémentaires

Initialement, le studio Ghibli avait confié la réalisation du Château ambulant à un jeune réalisateur du studio Tôei, Mamoru Hosoda, aujourd’hui connu pour ses œuvres La Traversée du temps, Summer Wars, Les Enfants loups, Ame et Yuki ou Miraï ma petite soeur. Après l’échec du projet, Miyazaki a relancé la production sous sa propre direction.

Pour la machinerie du Château ambulant, Miyazaki a notamment été influencé par le travail de l’illustrateur français Albert Robida. Pour les décors, il s’est inspiré de l’architecture alsacienne, région qu'il avait visitée pour la promotion de son film précédent, Le Voyage de Chihiro. Il a alors envoyé son équipe de dessinateurs et de décorateurs à Colmar en Alsace, à Paris et à Heidelberg en Allemagne pour les repérages. 

Le Château Ambulant est librement adapté du roman de Diana Wynne Jones, Le Château de Hurle, paru en 1986. C’est la première fois de sa carrière que Miyazaki adapte un livre pour écrire l’un de ses films.

La question de l’identité est constante dans l’œuvre de Miyazaki : dans Princesse Mononoké, l'héroïne a oublié son passé d’humaine et se considère comme une louve de la forêt. Chihiro et Haku ne se rappellent plus leur nom d’origine dans Le Voyage de Chihiro. Ici, Sophie est transformée en vielle dame alors qu’elle n’a que 18 ans et Hauru se change en une créature volante aux plumes noires, au détriment de sa forme humaine. Si tous retrouvent finalement leur identité d’origine, c’est sans doute parce que l’aventure qu’ils ont chacun vécu leur a permis d’acquérir une plus grande maturité d’esprit et par conséquent de mieux affirmer qui ils sont.

Autre récurrence chez Miyazaki : les objets volants. Le père du réalisateur travaillait dans une entreprise aéronautique. C’est là que Miyazaki trouva une fascination pour les avions et le vol, que l’on retrouve notamment dans Le Château dans le ciel, Porco Rosso, Le Château Ambulant et Le Vent se Lève.

Le Château Ambulant est le neuvième long métrage d’animation de Hayao Miyazaki. Il fut présenté en compétition à la Mostra de Venise en 2004 et nommé à l’Oscar du meilleur film d’animation en 2006.

Au Box-Office français, Le Château Ambulant rassembla 1 352 952 spectateurs.

Le film marque la huitième collaboration entre Hayao Miyazaki et son compositeur Joe Hisaishi.

Pour aller plus loin

Un dossier très complet sur le film, sur le précieux site Buta connection.

Découvrez l'œuvre d’Albert Robida, auteur, illustrateur, caricaturiste et maître de l'anticipation.

Découvrez Le roman dont est inspiré le film : Le Château de Hurle de Diana Wynne.

Et pour les lecteurs assidus, vous pouvez plonger dans l'œuvre de Miyazaki à travers le livre complet de Gaël Berton L’œuvre de Hayao Miyazaki le maître de l’animation japonaise, chez Third Editions.