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Le Cheval venu de la mer

  • De Mike Newell
  • 1993
  • 1h37

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Catégorie : Le sens de la vie  

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À partir de 7 ans

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Fiche rédigée par  Sarah Génot Avatar de Sarah Génot

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Synopsis

Ossie et Tito sont deux jeunes frères qui vivent dans une banlieue pauvre et déshéritée de Dublin. Leur père, Papa Reilly, était autrefois « le roi des bohémiens ». Mais la mort de sa femme l’a ravagé. Il a renoncé au nomadisme (il appartient à la communauté des Tinkers ou Travellers, nomades irlandais) et a sombré dans l’alcoolisme. Il subit les discriminations sociales et raciales propres aux populations reléguées dans les marges de la vie urbaine. La vie est faite de combines et arnaques en tous genres, et les deux enfants sont livrés à eux-mêmes. Quand leur grand-père Ward leur rend visite en leur amenant Tir na nOg, un cheval sauvage surgit de la mer, il charrie avec lui les mythes de leur communauté d’origine et le souffle épique qui nourrit leur imaginaire et leur permet de s’échapper d’un quotidien étouffant. Un mystérieux lien secret s’établit entre Ossie et Tir na nOg, qui ne sera plus possible de rompre. Mais vivre avec un cheval sauvage dans une cité de Dublin s’avère impossible. A la suite d’une série de rebondissements les deux enfants et le cheval se mettent en route vers l’ouest, sur les routes splendides d’une Irlande sauvage et magnifique. Le voyage s’avère autant la fuite d’un monde cruel qui se met à leur trousse qu’une quête initiatique qui leur permettra peut-être de renaître.

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L'avis de Benshi

Au clair de lune, sur une plage balayée par les vents, un cheval blanc sauvage et majestueux semble surgir de la mer, dans un halo de lumière presque surnaturel. Quelque temps plus tard, la rencontre se produit avec un vieil homme qui a posé sa roulotte dans ce paysage atemporel de bout du Monde. Le cheval ne lâchera plus le vieil homme, le suivant sur les routes de son périple nomade. Le choc spatio-temporel se produit quelques plans plus tard quand le spectateur comprend que cette histoire se déroule de nos jours, à Dublin, métropole moderne et grouillante qui contraste violemment avec les paysages à la splendeur naturelle dans lesquels se déroulent les débuts de cette fascinante histoire. En rentrant en ville avec le grand-père pour visiter ses petits-enfants devenus sédentaires, on pénètre dans un univers au réalisme cru où la misère et l’exclusion sociale d’une communauté entière est d’autant plus marquante qu’elle touche de plein fouets des enfants au visage marqués par l’absence d’enfance. Dès lors, le film alternera entre plusieurs registres subtilement entremêlés : réalisme social, conte fantastique, récit initiatique et  récit d’aventure comme dans un western. Les personnages sont bouleversants, notamment grâce à l’interprétation très forte des comédiens (enfants et adultes). Et le scénario de ce film est tout simplement fascinant. En particulier pour un public jeune prêt à comprendre beaucoup de choses sur la société, le racisme, la pauvreté, la diversité des modes de vie, les rapports familiaux, mais aussi prompt à se laisser happer par la force d’un conte fantastique à l’imaginaire puissant. 

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Pour quel public ?

A partir de 7/8 ans, les jeunes spectateurs auront la maturité pour comprendre les enjeux sociaux du film, et ils se laisseront également happer par le conte initiatique et le récit d’aventures.

Bonnes raisons de voir le film

  • Pour la beauté sauvage et les lumières captées de l’Irlande
  • Pour la fascination qu’exerce le récit sur les spectateurs
  • Pour vivre un moment d’émotion partagée

Infos complémentaires

Les Tinkers sont un groupe de nomades irlandais. Leur nom vient probablement de tin, « étain ». Un de leurs métiers traditionnels est en effet la ferblanterie. Cette relation avec le travail des métaux fait penser au nom d’une autre communauté nomade européenne, celle des Tsiganes kalderash (chaudronniers) d’Europe de l’Est. Mais la grande différence est que les Tinkers ne sont pas tsiganes, mais de souche irlandaise. Dès le XIIe siècle, des textes décrivent ces exclus, poussés sur les routes par la famine. Ils travaillaient déjà les métaux, forgeant armes et ornements. Au XVe siècle, une partie d’entre eux émigra en Écosse, où ils se trouvent toujours, exerçant divers métiers comme l’aide aux travaux agricoles ou la récolte des bigorneaux. Les évictions de paysans de leurs terres au XVIIe siècle ou les grandes famines du XIXe siècle ont créé à leur tour de nouveaux « travellers ».  Les Tinkers ont une langue à eux, le shelta. Certains chercheurs pensent y retrouver des traces des dialectes irlandais préceltiques. On y trouverait également une partie du vocabulaire emprunté à la langue rom (tsigane). Les Tinkers étaient souvent maquignons ou colporteurs, ouvriers agricoles saisonniers ou ramoneurs. Ils travaillaient aussi l’osier et étaient musiciens. Ce n’est que vers la fin du XIXe siècle qu’ils ont commencé à utiliser des roulottes. Ils voyageaient auparavant à pied.  L’industrialisation n’a pas facilité la vie des Tinkers. L’exode rural et la mécanisation de l’agriculture ont rendu la plupart de leurs métiers obsolètes. Beaucoup de Tinkers se sont sédentarisés et vivent du welfare (l’assistance sociale) ou de mendicité. Les Irlandais sédentaires ont la même attitude d’exclusion à l’égard de ces nomades que celle qui prévaut en France à l’égard des Manouches ou des Gitans, relégués dans des terrains insalubres, sans eau et souvent à proximité des décharges publiques. Ils sont de surcroît obligés de se déplacer sans cesse et les enfants font souvent l’objet de discrimination lorsqu’on tente de les scolariser. Cette discrimination s’applique aussi aux adultes, refoulés des bars et des discothèques, ou obligés d’aller dans certains magasins dont on sait que le propriétaire n’est pas trop hostile aux gens du voyage. Le problème des Tinkers, comme celui des Tsiganes, est aussi celui des sédentaires. Il s’agit simplement du droit à la différence, base de toute société démocratique.

Pour aller plus loin

Le film sur le site des Enfants de Cinéma : http://www.enfants-de-cinema.com/2011/films/cheval.html

 

Le Cheval venu de la mer est inscrit au catalogue du dispositif national Ecole & Cinéma. Retrouvez la fiche "en famille" sur la plateforme Nanouk

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