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Le Fil de la vie

  • De Anders Rønnow Klarlund
  • 2003
  • 1h28

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Catégorie : Fantastique   L’aventure, c’est l’aventure  

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À partir de 7 ans
Poster de Le Fil de la vie

Fiche rédigée par  Nadège Avatar de Nadège

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Synopsis

En coupant son fil de vie – « une vie qui a tant pris et si peu donné » – et en mettant ainsi fin à ses jours, l’Empereur d’Hebalon cède le pouvoir à son fils Hal, en espérant qu’il puisse réussir là où lui a échoué et ainsi ramener la paix entre son peuple et celui des Zériths, leurs ennemis ancestraux. Mais le frère du Roi défunt va mettre au point une machiavélique machination. En maquillant habilement le suicide en meurtre, il va encourager Hal à partir en guerre contre les Zériths pour venger son père. Le jeune prince va alors entreprendre un long voyage qui le mènera finalement sur le chemin de la vérité et de l’amour.

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L'avis de Benshi

Le film s’ouvre sur les coulisses du tournage, où l’on découvre, perchés sur des poutrelles métalliques surplombant les décors, les marionnettistes… Le Fil de la vie est un film atypique et audacieux. Tout d’abord parce qu’il s’agit d’un film d’animation uniquement dans le sens étymologique du terme, du mot « animare » en latin : donner du mouvement, donner la vie. Car en réalité, il s’agit bel et bien d’un film en prise de vue continue, avec un dispositif de tournage « classique », à la seule différence que les acteurs ne sont pas des êtres de chair et d’os mais des pantins de bois animés dans des décors colossaux, devant l’œil de la caméra. La prouesse technique et artistique est époustouflante. Mais elle l’est d’autant plus qu’elle sert aussi bien la forme que le propos du film. Tout se construit autour de ces fils (le titre original est « Strings », qui signifie « fil » en anglais) qui deviennent des éléments graphiques à part entière, et qui constituent l’élément de vie de chaque personnage, son organe vital. Chaque protagoniste a un fil, plus gros que les autres, relié à la tête : son fil de vie, celui qui une fois tranché entraîne la mort. La mise en scène joue donc avec cet élément constitutif et fondateur, au point de créer un univers véritablement cohérent, puissant et poétique. Au-delà de leur remarquable facture, les marionnettes sont toutes réalisées dans des matériaux différents, symboles de leur rang ou de leur classe sociale : le prince doré, la jeune sœur en porcelaine, les anciens sont faits de bois usés et les esclaves en bois brut... Les visages sont immobiles - seules les paupières s’ouvrent et se referment - mais les émotions passent par les voix, les postures, ainsi que par l’utilisation magistrale des lumières. L’histoire est construite autour de moments dramatiques forts, dans lesquels les éléments naturels jouent un rôle important, imposant une tonalité, une ambiance lumineuse, qui est souvent le reflet des émotions et des motivations profondes des personnages principaux : le désert de sable, le pays de glace ou la ville sous la pluie.

Cette mise en scène peu commune sert une histoire inspirée de la grande tradition des contes scandinaves. Si on pense naturellement à Hans Christian Andersen pour la noirceur de ses contes, Le Fil de la vie relève plus encore de la grande tragédie Shakespearienne, avec ses trahisons, ses personnages félons, ses luttes de pouvoir et ses guerres intestines. Il est ici question de vengeance, de mensonge, mais également d’amour qui finit toujours par triompher sur la haine. L’histoire, en cela, est assez classique et peut présenter des aspects parfois très manichéens. Mais on se laisse aisément emporter dans cette épopée héroïque, à la fois tragique et merveilleuse. On pénètre dans cet univers aussi fascinant qu’inquiétant pour une heure trente de pur plaisir cinématographique !

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Pour quel public ?

Guerre, suicide, mort, trahison sont autant d’éléments constitutifs des grandes tragédies, et en cela, Le Fil de la vie n’y échappe pas. Nous conseillons donc ce film aux plus grands, à partir de 9/10 ans.

Toutefois, les marionnettes créent une forme de distance avec la dureté de certaines situations et permettent de désamorcer les scènes et les aspects les plus violents du film. Ici, pas de sang ou de corps démembrés, juste des pantins parfois malmenés par des « méchants » ou lors de grandes batailles. 

Bonnes raisons de voir le film

  • Pour la prouesse technique et artistique
  • Pour la cohérence entre la forme et le propos
  • Pour la beauté des marionnettes, des décors et des lumières
  • Pour découvrir une grande tragédie à hauteur d'enfants

Infos complémentaires

Anders Rønnow Klarlund est né en 1971 au Danemark et a réalisé son premier film à 25 ans.

C’est en plein ciel, au cours d’un voyage en avion que lui est venue l’idée de réaliser Le Fil de la vie. Le choix de faire un film avec des marionnettes, sous forme de conte, représentait pour lui un véritable espace de liberté, lui permettant de transposer des thèmes actuels dans un monde imaginaire et poétique.

Il aura fallu 4 ans pour réaliser Le Fil de la vie, dont 23 semaines de tournage, 115 marionnettes et 22 marionnettistes.

A l’intérieur des fils de vie, au-dessus de la tête des personnages, sont cachés d’autres fils transmetteurs qui permettaient aux marionnettistes de commander l’orientation des yeux depuis le sommet du crâne.

Pour imaginer l’atmosphère lumineuse et colorée du film, le réalisateur et son directeur de la photographie se sont inspirés de l’univers des tableaux de Joseph William Turner, peintre romantique britannique. 

Pour aller plus loin

Une interview du réalisateur, Anders Rønnow Klarlund, sur le blog Écran noir : http://www.ecrannoir.fr/entrevues/entrevue.php?e=151

Le Portail des arts de la marionnette, sur lequel vous retrouverez notamment une importante sélection de films représentant des marionnettes ou des marionnettistes, dont un certain nombre de films recommandés par Benshi !
https://www.artsdelamarionnette.eu/outils/filmographie/