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Le Garçon aux cheveux verts

  • De Joseph Losey
  • 1948
  • 1h22

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Catégorie : Grands classiques   Le sens de la vie  

À partir de 7 ans

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Fiche rédigée par  Hélène Deschamps Avatar de Hélène Deschamps

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Synopsis

Dans le commissariat d’une petite ville américaine, un jeune garçon au crâne rasé, Peter, est recueilli par des policiers. Avec tact, le Dr Evans convainc l'enfant de raconter son histoire... aussi incroyable soit-elle. Ou comment, un beau matin, Peter s'est réveillé avec des cheveux verts et les ennuis que cette situation lui occasionnèrent. Son récit s'inscrit dans une succession de flashbacks, Peter vient de découvrir brutalement qu'il est orphelin de guerre : ses parents sont morts dans un bombardement, à Londres. Gramp, un vieil acteur de music-hall, qui l'a recueilli, lui a caché la vérité, de même que l'institutrice, auxquels il avait pourtant donné toute sa confiance et son admiration. D'où viennent ces cheveux verts ? Par quel sortilège fantastique ce phénomène a -t-il bien pu se produire ? Si cette folle toison semble dans un premier temps amusante, elle se révèle très rapidement une tare. La vie quotidienne de Peter devient un cauchemar. Livré à la moquerie, puis à la cruauté de ses camarades, il se retrouve progressivement au ban de la communauté toute entière, qui voit dans ce symbole ostentatoire la raison évidente de le rejeter. Il lui faudra parcourir un long chemin intérieur pour accepter la vérité, faire son deuil, reconstruire son identité, accepter également les mensonges des adultes et les injustices, se réconcilier avec le monde, pour arriver à souhaiter qu'à nouveau ses cheveux repoussent... verts.

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L'avis de Benshi

Le Garçon aux cheveux verts est le premier long métrage réalisé par Joseph Losey, et déjà apparaissent des thèmes qui travailleront toute son oeuvre future, notamment la question du miroir et du regard. D'emblée, l'histoire nous est contée à travers le regard de Peter : il raconte, et nous revenons plusieurs fois au cours du film, dans le commissariat de la scène liminaire. Le récit est conduit à travers les réflexions et les sentiments de Peter. Ensuite, vient la question du regard que les autres posent sur lui, sur la différence qu'il incarne, ce poids du regard social sur l'individu. Ensuite, d'un point de vue politique, si la question précédente ne l'est pas déjà, disons que Losey s'est saisi de cette fable pour dénoncer les effets dévastateurs de l'intolérance et de la discrimination ethnique ou idéologique. A la critique du conformisme s'ajoute une apologie de la paix. Réalisé en 1948, Le Garçon aux cheveux verts reflète les tensions qui peuvent miner certains milieux, comme Hollywood, déjà aux prises avec la chasse aux sorcières (Losey, lui-même et ses scénaristes seront poursuivis quelques années plus tard) et plus généralement, dans ce contexte de guerre froide, dans tout microcosme, la méfiance envers d'éventuels communistes s'installant insidieusement, créant un climat de suspicion.

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Pour quel public ?

A partir de 9 ans, malgré son contexte historique et politique complexe, Le Garçon aux cheveux verts peut être perçu efficacement dans sa dimension de fable. Mais, comme pour toute allégorie, autant profiter des différents niveaux de lecture qui peuvent être faits !

Bonnes raisons de voir le film

  • Parce que Le Garçon aux cheveux verts est un conte initiatique, où l'on s'idenfie facilement à Peter qui est tout à fait touchant
  • Pour la leçon de vie en commun limpide et toujours bonne à prendre
  • Pour le tableau non conventionnel de l'Amérique que Losey peint
  • Pour le Technicolor, qui est toujours un ravissement pour les yeux

Infos complémentaires

Le Garçon aux cheveux verts a été réalisé dans un Technicolor très particulier, où n'émergent aucune couleurs vives, pas d'effet de saturation, plutôt un sépia assez dense, qui laisse bien entendu transparaître le vert nécessaire à la chevelure de Peter. Ce traitement de la lumière et de la couleur renforce le sentiment de trouble diffus et insuffle une dimension fantastique au caractère subjectif du récit.

Les standards de jazz qui rythment le film sont plutôt réjouissants, depuis Nature boy jusqu'à la chanson Gyp, Gyp, my Little Horse, reprise de manière diégétique, interprétée en choeur par Peter et Gramp, qui est un joyeux moment de complicité.

Pour aller plus loin

Le site des Enfants de cinéma :
http://www.enfants-de-cinema.com/2011/films/garcon.html

ou encore celui de Transmettre le cinéma, qui offre une analyse très approfondie de la mise en scène de Losey et qui présente largement le contexte historique et politique de la réalisation du film :
http://www.transmettrelecinema.com/film/garcon-aux-cheveux-verts-le/