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Fiche rédigée par  Cédric Lépine Avatar de Cédric Lépine

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Synopsis

Lorsque l'esprit du dragon prend possession de la figurine de Bruce Lee, elle se réveille alors et sort de son carton d'emballage, prête à se battre pour survivre dans un environnement inconnu : la chambre d'un être humain.

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L'avis de Benshi

Dans l'esprit de Toy Story où les jouets se réveillent et vivent leurs aventures en toute autonomie lorsque les humains n'y prêtent pas attention, Le Petit dragon met en avant les aventures de la figurine de Bruce Lee dans une chambre où elle est confrontée à d'autres jouets issue de l'histoire du cinéma. Cet hommage à l'acteur disparu Bruce Lee propose des situations cocasses où le jouet se prend à son propre rôle de combattant dans un monde hostile. Les cinéphiles comme le jeune public non initié aux films d'arts martiaux de Bruce Lee suivront ses aventures non dénuées d'humour, dans un environnement limité à la chambre d'un humain qui dort. Le film est réalisé en stop motion avec des marionnettes animées image par image dans un environnement en prise de vue réelle : la chambre d'un geek fan de Bruce Lee. Lorsque Bruce Lee rencontre Toy Story, le rendez-vous s'avère drôle et épique !

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Pour quel public ?

Le film peut être vu dès 6 ans, les scènes de combats étant traitées avec humour et sans violence.

Bonnes raisons de voir le film

  • Une histoire qui cultive le sens de l'aventure et des rebondissements multiples
  • Un hommage à plusieurs figures légendaires du cinéma
  • Un détournement subtil des jouets des fans
  • Un film très créatif mêlant avec intelligence prises de vue réelle et stop motion

Infos complémentaires

Le film présente non seulement le personnage de Bruce Lee en tenue jaune issue de son dernier film Le Jeu de la mort, mais aussi Steve McQueen, Rita Hayworth et Humphrey Bogart dont les noms apparaissent sur des boîtes de jouets. Ce court métrage fait parti de la collection « Animator's Studio » où des réalisateurs rendent hommage à des acteurs de cinéma en réinterprétant au moyen des techniques de l'animation l'iconographie de leur univers.

Pour aller plus loin

Voici une présentation du film par son réalisateur Bruno Collet :

« Après avoir animé Robert Mitchum, personnage à la silhouette massive, mon envie s’est portée vers son contraire. Un personnage aérien à la démarche vive et légère et qui m’intrigue depuis que je suis enfant : l’acteur hongkongais Bruce Lee. Je suis fasciné par le culte qu’il a suscité et qu’il suscite encore, trente-cinq ans après sa mort. Certes, il a été le premier asiatique à obtenir un rôle important dans un film hollywoodien, à une époque où le cinéma américain ne laissait que peu de place aux acteurs de couleur. Bien sûr, comme toute légende qui se respecte, il a eu une mort violente et mystérieuse. Mais là où le mythe de James Dean et de Marilyn Monroe s’étiole, il n’y a pas un mois sans que la presse, la pub ou Internet ne fasse référence au roi du kung-fu. Alors pourquoi Bruce Lee, exerce-t-il encore une telle fascination ?
Bruce Lee était un homme plus complexe que le personnage, puissant mais naïf, popularisé par le cinéma. Comédien féru de philosophie, il était aussi réalisateur et professeur de kung-fu. Intéressé par tous les arts martiaux, il les fusionne et invente sa propre technique de combat qu’il théorise dans un livre toujours édité : le Tao du Jeet Kune Do (littéralement, « la voie du poing qui intercepte »). Cette quête du geste parfait est pour lui primordiale. Pour faire connaître sa discipline, il utilise, à l’instar d’un sportif, son corps comme instrument de promotion et le cinéma comme support médiatique. Et cela fonctionne ! En une décennie, des milliers d’adeptes découvrent le kung-fu, un art martial jusqu’alors préservé dans la confidentialité par des maîtres chinois qui considéraient l’homme occidental indigne de détenir les secrets du combat à mains nues.

En cinq films, l’acteur asiatique, première star populaire orientale, a ringardisé les acteurs hollywoodiens qui imposaient leurs images, leurs modes de vie, leurs styles sur les écrans déjà américanisés. La stature imposante d’un John Wayne paraissait lourdaude au regard de l’énergie dégagée par Lee. Le sex-appeal d’un « sur-mâle » comme Sean Connery semblait soudain hors sujet pour une génération d’adolescents découvrant un acteur félin au torse parfaitement glabre. Car ce que l’on peut aujourd’hui retenir de la poignée d’œuvres aux chorégraphies impressionnantes, mais aux scénarios anémiques et à la mise en scène approximative, c’est l’exhibition permanente d’un corps impeccablement sculpté. L’expression d’une sensualité homo-érotique dans un cinéma populaire qui raccorde Bruce Lee à un culte du corps masculin très avant-gardiste au début des années 1970. La fascination exercée par les films de l’acteur hongkongais n’est-elle pas davantage imputable à son image qu’à sa pratique virtuose des arts martiaux ? Le succès, Bruce Lee ne le doit-il pas autant à la magnificence du corps que propose son jeu profondément narcissique qu’à la rage de vaincre et à la violence contenue récurrentes de la psychologie de tous les personnages qu’il incarne ?

Tout en distillant dans mon scénario des éléments qui balisent tous ses films (immersion du héros dans un univers inconnu, combat pour la justice et surtout contre l’ennemi ancestral : le Japon), j’ai focalisé mon écriture sur deux particularités propres à ce culte qui perdure autour de Bruce Lee : l’importance du corps dans l’édification de sa légende et la profusion des avatars inspirés par son image. »