Lettre à Momo

Lettre à Momo

Réalisé par Hiroyuki Okiura
Durée : 2h00
| 2011 | Japon
Ma note :

Synopsis

Suite à la disparition de son père, Momo, une fillette de onze ans, est contrainte de quitter Tokyo avec sa mère, Ikuko. Cette dernière a décidé de retourner vivre sur son île natale, l'île de Shio. Momo n'est pas enchantée de quitter la ville pour la campagne. Elle est perturbée par une lettre commencée par son père, suite à une dispute qu'ils ont eue, d'autant plus qu'il a écrit ces deux seuls mots : « Chère Momo ». C'est la dernière fois que Momo a vu son père. Mais la mère de Momo ne peut pas être aussi présente qu’elle le voudrait pour sa fille. Elle est obligée d’aller tous les jours travailler, en dehors de l’île. Un jour, trois créatures étranges et sans gêne, prétendant être des « yokai », font irruption dans la vie de Momo, lui faisant, tout d’abord, regretter sa solitude. Ils vont finalement s'avérer être de grands alliés...

L'avis de Benshi

Il aura fallu sept ans au cinéaste Hiroyuki Okiura, pour terminer Lettre à Momo, son second long métrage, un film d'animation, presque entièrement réalisé à la main. Il s'était fait connaître en 1999 avec Jin Roh, la brigade des loups, un film dur et politique, magnifique mais très clairement déconseillé aux jeunes enfants. Avec Lettre à Momo, Hiroyuki Okiura a écrit son premier scénario, une histoire très personnelle sur la famille, et quant à elle parfaitement adaptée à un jeune public. Ce film, avec beaucoup de finesse et de pudeur, parle de la perte d'un être cher et de la manière dont chacun gère ses émotions face à cette perte. C'est aussi et avant tout le parcours initiatique d'une fillette de onze ans qui va apprendre à communiquer ses sentiments tout en étant sensible à ceux des autres. Le quotidien des habitants de l'île et les relations entre Momo et les membres de sa famille sont très réalistes. Mais cela n'empêche pas le fantastique de s'immiscer dès le début du film et de s'épanouir pleinement au cours du récit. Les trois « yokaï », des clowns malgré eux par leur comportement puéril et dangereux, ne vont pas laisser à Momo un seul moment de répit. C’est donc également l’histoire d’une petite fille qui grandit d’un coup à cause des événements auxquels elle est confrontée. Vous ne rirez pas souvent à gorge déployée, mais certaines scènes sont vraiment amusantes. Malgré le sujet délicat abordé par le film, Lettre à Momo ne cherche pas à faire pleurer le spectateur à tout prix. Il ne s’agit pas d’un mélodrame facile et complaisant, mais d’un film d’une profondeur incroyable, avec des personnages complexes, qui ne sont ni mauvais, ni bienveillants. Au bout de cette aventure, c’est tout de même l’amitié et l’abnégation qui l’emporteront sur l’égoïsme et le repli sur soi, pour notre plus grand plaisir.

Pour quel public

À partir de 7-8 ans, sachant que le film dure 2h, ce qui peut être long pour certains enfants. Mais dans l'ensemble le film touche suffisamment pour ne pas ennuyer et les dernières scènes, des scènes époustouflantes d'action pure, font vite oublier la lenteur de certains passages. Lettre à Momo est un film qui prend son temps, tout comme il en faut pour faire son deuil.

Bonnes raisons d'aller voir le film

1
L'équilibre parfait entre légèreté et gravité   
2
La beauté et le réalisme des images
3
L’œuvre d’un très grand nom de l’animation japonaise   

Infos complémentaires

Les Yokai sont dans le folklore japonais les manifestations de phénomènes naturels dont personne ne connaît la cause. Ce sont des êtres surnaturels, à l’apparence mi-humaine, mi-animale. Il a été question d’eux dans les kibyoshi, livres de la période Edo (1603-1668), époque où ils rencontrèrent un grand succès. Seuls certains enfants ou adolescents peuvent les voir. Chacun des trois yokaï du film correspond à un élément de la nature. Kawe signifie la rivière, Iwa la pierre et Mame, le petit haricot.
L’île sur laquelle viennent vivre Momo et sa mère est une île fictive inspirée de plusieurs îles existantes, situées sur les rives de la mer intérieure de Seto, lieu où le cinéaste passait ses vacances d’été.
Le Japon est un archipel qui compte 4000 îles.
La fête du lancé de bateaux en feu s’inspire du festival de Miyajima. Elle a été mise en place au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Selon cette tradition, le fait de pousser des bateaux de paille enflammés dans la mer permettrait de protéger les plus jeunes.

Pour aller plus loin

Le dossier de presse et les dossiers pédagogiques sont téléchargeables sur le site du distributeur (Les Films du Préau) :
http://www.lesfilmsdupreau.com/prog.php?code=lam

Fiche rédigée par Chloé

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