Little Bird

Little Bird

Réalisé par Boudewijn Koole
Durée : 1h21
| 2012 | Pays-Bas
Ma note :

Jojo a dix ans, un âge farouche. Il vit encore dans son monde. Il aime courir, marquer des buts au water polo, faire des bulles avec un chewing-gum, jouer avec le feu, passer du temps avec la jolie Yenthe, écouter les chansons de sa mère ou regarder la télé avec son père. Sa mère, chanteuse de country, est absente ; Jojo lui téléphone fréquemment, mais quand reviendra-t-elle ? Son père est gardien de nuit, il a l’allure d’un ours taciturne et dépressif dont il faut éviter les accès de colère. Alors Jojo passe le plus clair de ses journées en solitaire. Un jour, au pied d’un arbre, Jojo découvre un oisillon choucas tombé du nid. Jojo le recueille en cachette de son père, le soigne, le nourrit, le caresse, l’éduque et lui apprend à voler. Ce petit oiseau, pourtant plus fragile que lui, va lui apporter un peu de réconfort, et lui donner la force d’affronter la réalité.

Après avoir réalisé de nombreux courts métrages de fiction et films documentaires, Boudewijn Koole remporte un franc succès avec Little Bird, son premier long métrage de fiction. Récompensé par plusieurs prix, tel celui du meilleur premier film au festival de Berlin en 2012, et acclamé par le public néerlandais à sa sortie, cette œuvre a su toucher de nombreux spectateurs ; et on comprend pourquoi. L’histoire, émouvante, est particulièrement dramatique : une mère mystérieusement absente, un père distant, et cette violence intérieure d’un enfant, seul, et trop livré à lui-même. Il trouvera en l’oiseau un compagnon de jeu, un ami loyal, et usera de son imagination pour surmonter les épreuves, et grandir. C’est donc un conte sur l’adolescence, le passage à l’âge adulte, mais surtout un beau film, à l’esthétique et au son travaillés. Les plans sont très visuels et lumineux, dans des tons bleutés, verts, on croirait presque une aquarelle naturaliste. Ils se mêlent à la douce musique folk et country. Les cadrages sont très précis, et adoptent des points de vue originaux : une caméra qui reste ancrée au sol, qui s’insère entre les livres d’une bibliothèque, en plongée surplombante, etc. L’utilisation de photographies insérées dans le film, est inédite, créative, et très plastique : ces images semblent arrêter le temps. Aussi, de nombreux plans serrés nous rapprochent toujours un peu plus des personnages, nous immergent complètement, créent la tension. Mais si le film émeut autant, c’est aussi que le jeu des acteurs est vrai, et authentique ; car « la réalité est [la] principale source d’inspiration » du réalisateur. Une grande part du scénario a été construite à l’aide de souvenirs d’enfance de ce dernier : « Tout vient du temps où j’avais 10 ans quand je vivais en lisière de notre village [...] L’oiseau, l’attente du retour du père, le garçon, les paysages, l’architecture, la fille, l’arbre, l’autoroute ». Un récit en images donc, avec peu de dialogues. Beaucoup de scènes ont été improvisées, inspirées par les lieux, et insufflées par les enfants qui, en « cherchant toujours à s’amuser, sont proches et ont la capacité d’oublier la caméra ». « Quand Jojo cherche Yenthe des yeux et quand il en tombe amoureux, il ne joue pas. La course dans les champs, les rires avec la peinture, tout dans le film est vrai.». Une œuvre magnifique, douce amère, qui ne cherche pas à éviter les sujets graves, et qui a su créer son propre univers. Vous en sortirez bouleversés.

Quelques mots du réalisateur sur le public visé : « Je voulais parler à tout le monde, pas seulement aux adolescents. C’est un film que les enfants peuvent comprendre mais il parle aussi aux adultes. Il fonctionne à plusieurs niveaux. Certains enfants pourront y reconnaître pas mal de choses et se poser beaucoup de questions. Mais les enfants sont très habitués à vivre dans un monde qu’ils ne comprennent pas complètement. »
Nous le conseillons à partir de 9, voire 10 ans.

1
L’originalité d’une histoire d’amitié entre un jeune garçon et un oiseau
2
Parce que le film n’évite pas les sujets graves, mais les aborde de façon accessible pour les enfants à partir de 9 ans
3
Pour la beauté de l’univers du film créée par sa propre esthétique, ses cadrages, sa bande son, originale et de qualité
4
Pour le réalisme et la vérité du jeu des acteurs, qui nous touche profondément

Infos complémentaires

Pour ce premier rôle au cinéma, Ricky Lens a seulement appris par cœur quelques lignes de scénario. Pour le reste, Boudewijn Koole s’est appuyé sur son improvisation. Il a découvert et rencontré pour la première fois des choucas, qu’il a réellement dû élever dès leur naissance. Selon ses mots : « ils n’étaient pas vraiment tout mignons au départ ». Mais tous finirent par le prendre pour leur mère et lorsque Ricky rentrait de l’école, ils le rejoignaient spontanément. Kes, de Ken Loach, Storm Boy, de Colin Thiele, L’Envol, de René Bo Hansen et aujourd’hui Little Bird, de Boudewijn Koole sont peut-être à ce jour les quatre grands films construits autour d’une relation entre un enfant et un oiseau.

Pour aller plus loin

Le dossier de presse du distributeur les Films du Préau :
http://www.lesfilmsdupreau.com/pdfs/dp/lib_dp.pdf

Le dossier pédagogique du distributeur les Films du Préau :
http://www.lesfilmsdupreau.com/pdfs/guides/lib_0.pdf

Little Bird est inscrit au catalogue du dispositif national Ecole & Cinéma. Retrouvez la fiche "en famille" sur la plateforme Nanouk

Fiche rédigée par Mathilde

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