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Fiche rédigée par  Antoine De Ducla Avatar de Antoine De Ducla

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Synopsis

Pour le jeune Kenji Koiso, les relations humaines sont plus difficiles à comprendre que les mathématiques. En effet, au sein de la famille haute en couleurs de la très jolie Natsuki, le jeune homme ne sait pas trop comment s’adapter. Il faut dire que chaque membre a un caractère bien trempé, y compris la doyenne du clan qui sait se faire respecter. Par manque de confiance en lui, Kenji se replie dans le monde virtuel d’Oz, un réseau digital gigantesque qui, par sa maladresse, est victime d’un piratage de grande envergure qui va bientôt menacer les villes voisines... et le monde entier.

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L'avis de Benshi

On peut dire que Mamoru Hosoda aime créer des univers parallèles à notre réalité : celui des bêtes fantastiques dans Le garçon et la bête (2015), le monde passé dans La traversée du temps (2006) ou futur dans Miraï, ma petite sœur (sortie fin 2018). Ici, le monde virtuel d’Oz vient se mêler au réel : le terrible virus informatique « Love Machine » prend le contrôle des logiciels de notre planète pour provoquer des catastrophes en série et d’une ampleur toujours plus grande. Avec ce film, Hosoda nous questionne sur les limites des réseaux sociaux et des technologies qui prennent une place de plus en plus grande dans notre société, jusqu’à constituer une menace pour l’humanité. La preuve en est avec Wabisuke, le mauvais parent de la famille Jinnouchi qui a créé Love Machine sans se rendre compte des conséquences désastreuses de sa création.

Pour gérer cette menace, Kenji devra d’abord affronter sa timidité et son manque de confiance en lui. Pour cela, il lui faudra gagner l’estime des Jinnouchi et s’imposer comme un nouveau membre de la famille, à part certes, mais essentiel. Hosoda nous livre ainsi une belle réflexion sur les bienfaits de l’entraide, de l’empathie et de l’union, qui constituent une force face à la pire des menaces. Ensemble, Kenji, Natsuki et les autres seront plus forts pour combattre le virus Love Machine. L’aventure se transforme en récit initiatique, au cours duquel notre héros apprendra à s’affirmer et les différents personnages surmonteront leurs blessures intérieures.

Avec le monde d’Oz, le réalisateur prend un malin plaisir à inventer un univers fantastique et délirant, qui semble ne connaître aucune limite d’imagination. Les avatars (les personnages avec lesquels jouent Kenji et Ikewaza) défient les lois de la gravité, font preuve d’une force extraordinaire… C’est aussi une occasion pour Hosoda de réaliser des scènes absolument impressionnantes et surréalistes, comme le combat opposant King Kazma (l’avatar de Ikewaza) et Love machine, qui prend la forme d’un spectacle délirant où rien ne semble impossible.

Mêlant avec habileté, humour, action, drame et suspense, Mamoru Hosoda confirme avec Summer Wars qu’il fait partie des grands de l’animation japonaise. 

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Pour quel public ?

A partir de 10 ans. Le film aborde la thématique du deuil, de la perte d'un être cher. Par ailleurs, Love Machine prend la forme d'un démon effrayant qui risque d'éffrayer les plus petits. Nous recommandons donc Summer Wars à des enfants assez matures, plus aptes à saisir les différentes thématiques du film.

Bonnes raisons de voir le film

  • Une aventure spectaculaire, où l'intime se mêle au collectif
  • L'univers d'Oz qui offre une animation aussi impressionnante que délirante
  • Un film qui nous fait passer avec justesse du rire aux larmes, des frissons à la légèreté

Infos complémentaires

Né en 1967, Mamoru Hosoda est un réalisateur japonais de films d’animation. Après avoir échoué à intégrer l’institut de formation du Studio Ghibli, il rentre au sein de la Toei Animation où il travaille en tant qu’animateur sur des séries populaires telles que Dragon Ball Z. En 1999, il réalise une adaption cinématographique de la célèbre série Digimon (puis sa suite l’année suivante). La traversée du temps, réalisé en 2006, se distingue de ses précédents films par sa maturité et son style beaucoup plus personnel. Son talent sera acclamé par la suite avec le succès de Summer Wars, Les Enfants loups, Ame et Yuki et Le Garçon et la bête.

Le monde d’Oz est bien évidemment une référence au Magicien d’Oz, Oz étant le pays imaginaire et enchanté dans lequel se retrouve propulsée la jeune Dorothy.

Au Japon, Summer Wars resta en salles pendant quarante semaines et rassembla plus d’un million de spectateurs.

Les univers parallèles reviennent régulièrement dans les films d'Hosoda : un monde fantastique s’oppose à notre réalité puis finit par se mélanger avec elle. Cette dualité permet de mettre en scène des récits initiatiques : pour que ces deux mondes se réconcilient, les héros doivent apprendre à surmonter leur drame personnel et à s’affirmer face au chaos. Leurs aventures leur apportent ainsi les clés pour grandir davantage, pour devenir des adultes.

Pour aller plus loin

Summer Wars est à retrouver en DVD chez Kazé editions. Il existe également sous la forme d'une mini-série de mangas en trois volumes (chez Kazé Manga).