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Ta mort en short(s)

  • De Collectif
  • 2018
  • 54 min
  • VF

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Catégorie : Le sens de la vie  

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À partir de 7 ans

Fiche rédigée par  Hélène Deschamps Avatar de Hélène Deschamps

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Synopsis

Pépé le morse
Lucrèce Andreae, 2017, France, 15 minutes, animation 2D

Une drôle de procession progresse sur les dunes d'une lande désolée en bord de mer. C'est l'automne, le ciel est couvert. Une famille survoltée se livre à une ultime cérémonie pour disperser les cendres encore tièdes d'un grand-père, dont la disparition provoque des phénomènes fantastiques.

Mon papi s'est caché
Anne Huynh, 2018, France, 7 minutes, pastels gras sur cire

Dans le jardin luxuriant aux parfums envoûtants et aux couleurs chatoyantes de son papi, un petit garçon joue à cache-cache avec lui. Lors de cette ultime partie, le grand-père transmet à l'enfant les secrets du jardinage.

La petite marchande d'allumettes
Anne Baillod et Jean Faravel, 2016, France, Suisse, 10 minutes, animation en volume (papier découpé, marionnettes)

C’est le soir du nouvel an. Il fait un froid épouvantable, il neige, et la nuit commence à tomber. Une pauvre petite fille erre parmi les passants indifférents. Elle n’a, pour subsister, que le maigre espoir de vendre les quelques boîtes d’allumettes qu’elle leur tend, vainement. Elle a froid et elle a faim. Tandis que toute la ville s'endort, la petite marchande s’assoit dans un recoin et frotte une allumette pour se réchauffer...

Chroniques de la poisse
Osman Cerfon, 2010, France, 6 minutes, animation 2D

La poisse est un homme à tête de poisson. La poisse crache des bulles, qui se collent à leurs victimes, jusqu'à ce qu'elles clamsent. Les pauvres élus ont beau se montrer retors, difficile de parer le coup fatal !

Mamie
Janice Nadeau, 2016, France, 6 minutes, animation traditionnelle (papier)

Au gré de ses souvenirs qui s'égrainent avec tendresse, une jeune femme offre un portrait de sa mamie.

Los dias de los muertos
Pauline Pinson, 2017, France, 8 minutes, ordinateur 2D

Au Mexique, ce soir à minuit, commencent les jours des morts. Gonzalo, squelette tout frais, se réjouit d'avance des délicieux burritos que, sans nul doute, sa femme aura concoctés à son intention. Mais quelle n'est pas sa déconvenue lorsqu'il se rend compte que celle-ci tente de le soumettre à un régime draconien, par crainte d'un trop fort taux de cholestérol ! Comment parvenir, en trois jours, à la convaincre de changer ce régime ?

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L'avis de Benshi

Ta mort en short(s) est un drôle de programme ! Autant le dire d'emblée : six courts métrages sur la mort ! A priori, une drôle d'idée ! Pour des enfants ? Cela peut paraître délicat, ou tout au moins, ambitieux. Comment programmer un tel film ? Comment le proposer ? En réalité, ce sont les adultes qui sont réticents à parler de la mort aux enfants. Les enfants, eux, s'emparent du sujet tout à fait naturellement. Dans cette perspective, ce programme est admirable, parce qu'il est simple, joyeux et triste en même temps, et il entraîne une large gamme de réactions et d'émotions.

Ta mort en short(s), le titre provocateur sonne comme une irrévérence, un pied-de-nez, une insulte. Affronter la mort, l'approcher, la défier ? À travers ce jeu de mots, il s'agit surtout de la prendre à bras le corps, c'est-à-dire de la représenter. D'où le titre « en shorts », en « films courts », six exactement.

Rares sont les programmes dont les courts métrages s'enrichissent mutuellement au point atteint par Ta mort en short(s). Cela tient au sujet, bien sûr, mais aussi à la progression générale, qui tend à donner l'impression de n'avoir vu qu'un seul long film. Et paradoxalement, ses multiples facettes, les contrastes entre les différents courts n'en ressurgissent que plus vivement.

Ce qui est certain c'est que Ta mort en short(s) suscite des questions, il faut voir ce film à plusieurs, et en discuter ensuite. Selon sa sensibilité, chacun sera marqué par un « short » différent, par une approche particulière : la dérision, l'allégorie, la mélancolie, l'humour noir ou l'humour, et aussi par un traitement graphique particulier : la fluidité d'un dessin animé aux traits lisses ou avec des aspérités, la douceur d'un pastel ou la vivacité chromatique de crayons gras, ou encore une animation en volume au style artisanal.

Ta mort en short(s) permet d'aborder simplement une question philosophique complexe et passionnante, et de nous interroger sur notre rapport à la mort et au travail de deuil, ce qui au bout du compte est une vraie leçon de vie !

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Pour quel public ?

Ta mort en short(s) est accessible dès 9 ans, mais plutôt adapté aux plus grands (10/11 ans), notamment pour les parents les plus sensibles, et par rapport à Pépé le morse et Chroniques de la poisse, dont l'humour pourrait paraître un peu grossier et violent. Le plus important est de le voir à plusieurs, en famille éventuellement, pour pouvoir en parler après.

Bonnes raisons de voir le film

  • Pour la richesse de ce programme
  • Pour rire et pleurer autour d'un sujet essentiel et peu abordé
  • Pour les discussions profondes qui suivront la découverte de ce programme

Infos complémentaires

Cette rubrique "infos complémentaires sur le film" peut se lire plutôt comme un "avertissement au spectateur", une sorte de préface :

La mort à l'œuvre

L'entrée en matière se fait sans ménagement avec Pépé le morse. On se trouve face à la réalité brutale de la mort, confronté à la déchéance physique, à la décrépitude. La mort, c'est aussi affronter l'absence physique d'un être. Cela provoque des cris, des crises, des pleurs. Chacun des personnages doit éprouver l'absence de pépé, et chacun résoudra cette épreuve à sa manière. La mort est protéiforme, elle peut se révéler sous forme de bulles mystérieuses, qui rappellent l'univers de Miyazaki, sous la forme d'algues carnivores à la Boris Vian, ou encore sous l'apparence d'un morse monstrueux. Mais les larmes et les jurons servent ensuite à se retrouver et à se consoler mutuellement, la peur se mue en communion.

La question de la vieillesse, avec la paralysie de papi, est également évoquée dans Mamie, avec toute la délicatesse qui caractérise ce film.

Seul face à la mort

À travers la destinée de la petite marchande d'allumettes, on ressent l'injustice sociale, la société de consommation exclut les pauvres gens. La petite marchande est seule, les passants autour d'elle ne sont que des silhouettes, les boutiques, des boîtes vides. Ironie de son sort : ce sont les personnages des enseignes publicitaires qui seuls, semblent touchés par son malheur.

Pépé le morse évoque également la faillite de la société de consommation, qui épuise les êtres et les réduit à un amoncellement de ruines et de mégots de cigarettes.

Mais la mort elle-même est injuste : elle frappe aveuglément les bons, comme les méchants, les vieux, comme les jeunes. C'est ce que Chroniques de la poisse nous apprend avec son humour cinglant, sa rugosité toute grinçante. La mort rit, la mort se moque, elle n'a pas de morale.

Le deuil

Au Mexique, les jours des morts sont des jours de fête, joyeux, collectifs. Los dias de los muertos offre un voyage dans ce royaume éphémère où les morts retrouvent les vivants, et l'on ne s'y ennuie pas ! Ces jours permettent aux uns et aux autres de trouver la paix.

Le travail de deuil est nécessaire, quelles que soient les cultures ; les rites funéraires aident à accomplir ce besoin d'apaisement. Parfois, il s'agit d'inventer ses propres rites, comme dans Pépé le morse : nul n'a jamais vu une telle cérémonie, où l'on s'écrie « On a bouffé du pépé ! C'est dégueu ! » … mais ça fait du bien !

La mort et l'amour

Les souvenirs, les regrets, la nostalgie nous lient aux êtres qui ont disparu. Le cinéma peut faire renaître ces êtres chers. Mamie est un poème onirique : l'évocation de cette chère grand-mère crée des mondes qui s'emboîtent, comme des poupées russes et la jeune femme s'y perd, telle Alice, au pays des merveilles. Le cinéma a ce pouvoir de ressusciter les morts, ou de faire que les vivants rejoignent les morts, comme dans Los dias de los muertos ou comme la petite marchande d'allumettes, qui s'en va aux bras de sa grand-mère.

La mort et la vie

Parfois, on croit que l'on fait partie d'un tout. Cette philosophie sous-tend Mon papi s'est caché. Tout y est mouvement : le vent, les feuilles et les branches, l'herbe, le vol des oiseaux et des papillons, la balançoire... L'enfant naît du mouvement, il surgit d'un trait de pastel gras. Papi a le visage serein d'un Indien sage, qui retournera dans le mouvement infini, lorsqu'il se sera caché définitivement. À travers son évocation de la nature luxuriante, du firmament, de ce vieil homme et son petit enfant, Mon papi s'est caché rassemble tous les éléments, l'eau, la terre, le feu et l'air. Un condensé du mystère de la vie...

Pour aller plus loin

Folimage, l'indispensable distributeur jeunesse de ce programme, a préparé un formidable dossier pédagogique, qui nous permet d'y voir plus clair sur la notion de la mort selon les âges, son symbolisme. Il apporte des pistes de réflexion pour comprendre la mort et le deuil et appréhender les sentiments que nous entretenons face à la mort...
www.folimage.fr/tamort