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Un Américain à Paris

  • De Vincente Minnelli
  • 1951
  • 1h53

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Catégorie : Amitié / Romance   Grands classiques   La divine comédie  

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À partir de 7 ans

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Fiche rédigée par  Jeanne Frommer Avatar de Jeanne Frommer

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Synopsis

À Paris, une riche héritière s'éprend de Jerry Mulligan, un jeune peintre américain. Mais celui-ci tombe amoureux de Lise qui est elle-même promise à un autre homme. Un chassé-croisé amoureux dans les rues du Paris de la Belle Époque.

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L'avis de Benshi

La figure de l’artiste est chère à Vincente Minelli. Ayant grandi dans la troupe de théâtre ambulant familiale, The Minnelli Brothers Dramatic and Tent Show, il est très doué, dès son plus jeune âge, pour le dessin. Cette passion et cette fascination pour le monde de l'Art et du spectacle se retrouvent dans nombre de ses films, tels que Tous en scène, La Vie Passionnée de Vincent Van Gogh, Les Ensorcelés et surtout Un Américain à Paris.

Nous sommes ici projetés dans Paris, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, et suivons un jeune peintre en mal de reconnaissance. Le film propose une image de l’artiste romantique, celle de la vie de bohème, une vision fantasmée de Paris et de la vie d’artiste, sans pour autant en ignorer complètement les difficultés : la pauvreté, l’insuccès, le tout traité avec beaucoup d’humour et de second degré. Mais la vie n’est jamais vraiment tragique pour les personnages du film. On se rappellera notamment la scène d’ouverture de Chantons sous la pluie, où Don Lockwood raconte son ascension à Hollywood alors que le spectateur découvre sa vraie histoire. Décalage qui produit un effet comique notable, à l’instar de la voix-off au début d’Un Américain à Paris.

L’univers visuel du film est d’une richesse impressionnante. Également dessinateur et décorateur, Vincente Minnelli attachait une attention particulière aux décors de ses films. Il s’agit ici de toiles peintes, travaillées avec soin pour des scènes tournées en studio. Quand elles ne représentent pas les rues de Paris, elles rappellent des toiles de peintres français, tels que Dufy, Renoir, Utrillo, Rousseau, Van Gogh ou Toulouse-Lautrec, dans lesquelles évoluent les personnages. Plusieurs scènes du film sont elles-mêmes imaginées comme des "tableaux", terme souvent utilisé au théâtre ou dans les comédies musicales. On pense par exemple à la scène qui présente Lise et ses différents traits de personnalité : chaque trait de caractère est représenté par une danse, un costume, un décor, dans un cadre.

La musique et la danse ne sont quant à elles pas en reste, avec une bande-originale qui intègre des morceaux de Georges Gerschwin, dont le poème symphonique qui donne son titre au film, Un Américain à Paris, et des scènes de danse chorégraphiées par Gene Kelly. Le film est ce qu’on appelle une comédie musicale. Il alterne des séquences parlées avec des séquences chantées et dansées. Il est avec Chantons sous la pluie et Tous en scène un des films emblématiques de l’apogée mais aussi de la fin de l’âge d’or des comédies musicales hollywoodiennes.   

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Pour quel public ?

Les enfants pourront profiter pleinement du film dès 8-9 ans, de manière à saisir le second degré et percevoir les multiples références qui font la richesse visuelle du film.

Bonnes raisons de voir le film

  • Pour les pas de danse de Gene Kelly au milieu de toiles de Dufy, Renoir, Van Gogh
  • Pour la somptuosité des décors et des costumes, propre aux comédies musicales de l'âge d'or hollywoodien
  • Parce que Paris n'a jamais été aussi belle que rêvée par Vincente Minelli

Infos complémentaires

La scène finale, un ballet de 18 minutes qui ne comporte ni parole ni chanson, figure parmi les scènes de danse ininterrompues les plus longues de toute l'histoire d'Hollywood. Elle nécessita un mois entier de tournage et coûta un million de dollars.  

Dans Un Américain à Paris, la bande-originale intègre plusieurs morceaux de Georges Gerschwin, dont le poème symphonique Un Américain à Paris, que le musicien avait écrit dans les années 20 lors d’un voyage à Paris, et un extrait de son Concerto en Fa pour piano et orchestre. Les chansons ont été écrites par le frère de celui-ci, Ira Gerschwin, notamment « I got rythm », devenue depuis un standard du jazz et classée comme une des plus grandes chansons de cinéma par l’American Film Institute.    

Le personnage d’Henri Baurel est joué par George Guétary, qui était lui-même un chanteur de cabaret français très connu à l’époque.

Les chorégraphies sont l'œuvre de Gene Kelly assisté de Carol Haney. Contrairement à Un jour à New York, qu'il coréalisait avec Stanley Donen, Gene Kelly laisse Vincente Minnelli réaliser les séquences dansées. Le point d'orgue de celles-ci est représenté par le ballet final de 18 minutes.  

En prenant sous contrat des artistes comme Fred Astaire, Gene Kelly, Stanley Donen, Cyd Charisse ou encore Leslie Caron, les studios de la Metro-Goldwyn Mayer ont dominé le genre de la comédie musicale de la fin des années trente à la fin des années cinquante : un véritable âge d'or. Cette politique fructeuse est surtout dûe au producteur, compositeur et parolier, Arthur Freed, nommé à la tête du Département de production des comédies musicales. Il a soutenu quatorze films de Vincente Minnelli dont Le Pirate (1948), Brigadoon (1954), Un Américain à Paris, Tous en scène et Gigi (1958).

Pour aller plus loin

Paris vu par Hollywood, Catalogue de l'exposition à l'Hôtel de Ville, Editions Skira / Flammarion, 283 pages

Programmation proposée par le Forum des Images sur Paris vu par Hollywood : http://www.forumdesimages.fr/les-programmes/paris-vu-par-hollywood   

Sur le peintre au cinéma : http://www.cineclubdecaen.com/analyse/peintreaucinema.htm