Les Contes merveilleux de Georges Méliès

  • De 

    Georges Méliès

  • 1898

  • 100 min

  • France

Avant de faire du cinéma, Georges Méliès était magicien. Pour attirer les spectateurs, un bonimenteur aurait pu se trouver à l'entrée du Théâtre Robert-Houdin : Entrez ! Entrez, Mesdames et Messieurs ! Entrez au royaume des illusions ! Venez découvrir le roi de la féérie, le prince de la fantasmagorie ! Venez rire ! Venez rêver ! Ne vous bousculez pas, il y aura de la place pour tout le monde. Les grands, les petits, les costauds ! Entrez, entrez ! Jeux de mains, serpentins, le tour "pigeon vole"... des trucs à vous faire perdre la tête, vous n'en croirez pas vos yeux ! Car c'est ici que le voyage commence... Un voyage sans pareil, un voyage fantastique, un voyage à travers l'impossible. Alors n'hésitez plus ! Entrez ! Entrez au palais des merveilles du grand magicien... le bien nommé Georges Méliès !

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Mots-clés :

L'avis de Benshi

Le monde à portée de main

Le 28 décembre 1895, à Paris, dans un café, le Grand Café sur les Grands Boulevards, a lieu un événement extraordinaire : ce jour-là, pour la première fois au monde, les frères Lumière présentent leur toute nouvelle invention, le cinématographe. Des gens ont payé leur place pour assister à la projection, sur grand écran, de photographies animées. Le spectacle fait sensation. Parmi les premiers spectateurs, un homme, chauve, barbichette et moustache en panache, aux yeux pétillants de curiosité, est littéralement ravi par la démonstration ! Cet homme, c'est Georges Méliès, illusionniste expérimenté, bien connu des amateurs de spectacles de prestidigitation, alors très en vogue.

En tant que magicien, Méliès perçoit immédiatement tous les avantages qu'il pourra tirer de l'invention prodigieuse des frères Lumière. Aussi leur demanda-t-il illico d'en acheter un exemplaire, mais essuya un refus de leur part, sous prétexte qu'ils considéraient le cinématographe comme une simple « curiosité scientifique ». À quoi Méliès rétorqua : « Aucun avenir, Messieurs Lumière, mais il vous met le monde à portée de la main ! »

Méliès bricola finalement un projecteur, acheté à Robert-William Paul, à Londres, qu'il transforma en caméra.

Des films à trucs

Méliès avait déjà réinventé la magie sur scène, en créant de petites saynètes intégrant 8 à 10 personnages. Il inventa, à sa manière, le cinéma. Voici comment... Tournant place de l'Opéra, sa caméra s'enraye et bloque le défilement de la pellicule. Après cette interruption, Méliès reprend la prise de vue. À la projection, il est stupéfait de constater qu'au fiacre qui traversait le plan s'est substitué un corbillard !

Cette découverte par accident deviendra son premier trucage : le truc par substitution. Il reprend ce procédé dès son film suivant, L'Escamotage d'une dame. Sous un voile, Méliès fait disparaître la dame en question, qui réapparaît transformée en squelette ! À la fin, il nous la restitue intacte ! Une fois ce principe établi, les portes de son imagination sont grandes ouvertes à tous ses personnages de prédilection : diables, spectres, fantômes en tous genres, et en tout premier lieu ses préférées, les fées qui pourront désormais s'en donner à cœur joie.

Mais le truc par substitution ne fut pas son unique trouvaille, bien qu'il en ait fait un usage diabolique dans ses films ! Les trucages par arrêt de la caméra lui permettent de pousser les gags jusqu'au vertige. Dans Le Déshabillage impossible, Méliès-acteur se trouve prisonnier d'un sortilège infernal, qui le revêt de costumes de plus en plus extravagants, aussitôt qu'il en enlève une couche. L'apprenti sorcier Méliès gonfle ailleurs sa tête comme un ballon de baudruche... tant et si bien qu'à la fin bien sûr elle explose ! Méliès n'a pas son pareil pour impressionner la pellicule plusieurs fois. Chaque rembobinage et réimpression lui permettent de se démultiplier à l'écran, comme autant de clones de lui-même. Vous l'aurez pressenti : Méliès, dans son laboratoire, n'aura cessé d'expérimenter toutes sortes de métamorphoses et tours de passe-passe fantastiques, plus ahurissants les uns que les autres !

Le sorcier de Montreuil

Dès 1897, Méliès construit à Montreuil la Star film, le premier studio de l'histoire du cinéma ! Sa quête consistera à transposer l'art de l'illusion de la scène au cinéma. Il y reproduit la disposition familière de son théâtre : scène, cintres, coulisses et dispose la caméra dans la salle, à la place des spectateurs. Véritable homme-orchestre, génie infernal, Méliès occupe tous les postes : metteur en scène, opérateur, scénariste, acteur, illusionniste, producteur et décorateur.

Jusqu'en 1914, il fait du cinéma sa « machine à rêves », crée un monde sans autres limites que celles de son imagination, et tourne près de 600 films... Explorant mille mondes tous azimuts : sous la mer, en enfer, dans des châteaux hantés, dans l'espace, et jusque sur la lune !

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A partir de quel âge

Pour tout public ! Quel que soit l'âge et tous les âges réunis !

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Les bonnes raisons

  1. Pour réaliser un voyage fantastique à travers le temps
  2. Pour être émerveillé par des trouvailles incroyables

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Informations complémentaires

Méliès tomba dans l'oubli après la Première guerre mondiale, fut ruiné, et détruisit ses films de désespoir. Il fut retrouvé en 1925 dans une boutique de jouets et bonbons de la gare Montparnasse. On l'aida, on lui permit de séjourner, jusqu'à la fin de sa vie, le 21 janvier 1938, dans une maison de retraite à Orly, et surtout ses films furent alors redécouverts. C'est ensuite Henri Langlois et Georges Franju, juste avant qu'ils ne fondent la Cinémathèque française, en 1936, qui sauvèrent grâce à Madeleine Malthête-Méliès, la petite fille de Méliès, les films que nous pouvons encore voir aujourd'hui. En 1961, la Cinémathèque française lui consacra la première grande exposition, qui se tint au Musée des Arts décoratifs.

Parmi les sauveteurs de l'œuvre de Méliès, citons encore Serge Bromberg et Lobster Films, qui depuis les années 1990, profitant du « plan nitrate », la politique patrimoniale de sauvegarde des films financée par le CNC et les Archives françaises du film, reconstituèrent et restaurèrent patiemment les films de Méliès, leur restituant leurs splendeurs chromatiques.

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Rédigé par :

Réalisateur

Georges Méliès