Le Pain et la Rue

  • Abbas Kiarostami

  • 12 min

  • 1970

  • Iran (République islamique d')

Synopsis

Un jeune garçon va chercher du pain pour sa famille mais, sur le chemin du retour, un chien inquiétant lui barre le passage. 

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L'avis de Benshi

Après s’être intéressé à l’illustration d’albums jeunesse et à la publicité, Abbas Kiarostami s’est tourné vers le cinéma avec son premier court métrage, Le Pain et la Rue. Ce ne sera d’ailleurs pas la première fois qu’il s’intéressera à la figure de l’enfant : La RécréationLe PassagerOù est la maison de mon ami ?, les titres sont nombreux. La mise en scène sobre et les nombreux plans fixes nous feraient croire à un documentaire. Le noir et blanc de l’image, l’absence de dialogues et les décors naturels appuient sur l'idée d'un moment vrai. Et c’était bien l’intention du réalisateur : rendre ce moment réaliste car Le Pain et la Rue est avant tout un film éducatif. D’ailleurs, Kiarostami a une prédilection pour les acteurs non professionnels et pour l’improvisation. C’est par la bande-son que la fiction finit par entrer au rythme du Ob-La-Di, Ob-La-Da des Beatles. 

Malgré l’intervention d’un vieil homme, la leçon est claire : il faut apprendre à surmonter ses peurs par soi-même. Le film met en scène un moment quotidien banal, où l’aventure est finalement au rendez-vous grâce à un chien qui vient perturber le cheminement enjoué et responsable de l'enfant. Quoi de plus anodin ? Et pourtant c’est là que commence l'épreuve du jeune garçon. Abbas Kiarostami filme la poésie du quotidien. Et d’ailleurs, il ne manque pas d’humour comme vous pourrez le voir à la fin ! 

Jouant du rythme des plans et de la profondeur de champ, c’est un véritable film de cinéma à hauteur d'enfant que nous propose le réalisateur, éducatif mais pas didactique, et qui vaut le détour !

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A partir de quel âge

Ce récit, sans paroles mais tout en musique, passionnera les enfants dès 6 ans avec l’aventure de ce jeune garçon iranien.

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Les bonnes raisons de voir le film

  1. Pour découvrir les débuts d’un grand réalisateur iranien
  2. Pour voir un instant du quotidien d’un jeune garçon iranien dans les années 1970
  3. Pour comprendre qu’il est important de surmonter ses peurs
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Informations complémentaires

Le réalisateur Abbas Kiarostami n’était apparemment pas très bon élève quand il était à l’école. Il aimait peindre et dessiner pendant ses heures de cours. Et c’est sûrement grâce à ces heures passées à gribouiller qu’il a développé un tel amour de l’art. Quelques années plus tard, il étudie le jour la peinture à la faculté des Beaux-Arts de Téhéran et la nuit, travaille pour l’administration de la circulation routière afin de payer ses études. 

Sur le tournage du Pain et la Rue, Kiarostami et son directeur de la photographie (le responsable de la mise en lumière et en image) sont en désaccord quant à la scène de l’attaque du chien. Le premier voudrait faire une scène en une seule prise de vue tandis que le second voudrait filmer séparément l’enfant, sa main puis le chien. Finalement, il aura fallu presque 40 jours de tournage pour que le réalisateur soit satisfait !

Depuis la révolution iranienne de 1979, la figure de l’enfant est récurrente dans les films iraniens. Avant, l’intérêt cinéphile se portait plutôt sur des personnages féminins et des histoires d’amour. Alors pourquoi l’enfant ? Figure universelle, il permet d'aborder plus facilement certains sujets difficiles (et donc de passer la censure) et de toucher un large public. Grâce à l’enfant, une réflexion politique est possible : la micro-société de l’enfance est le reflet de celle des adultes. 

Par ailleurs, dans les années 1960 est créé le Centre pour le développement intellectuel des enfants et des adolescents (le Kanoon). En 1969, un département cinématographique voit le jour sous la responsabilité d’Ebrahim Furuzesh et d’Abbas Kiarostami. De plus en plus de films éducatifs voient alors le jour. 

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