L'Oiseau et la Baleine

  • Carol Freeman

  • 7 min

  • 2018

  • Irlande

Synopsis

Un petit baleineau parcourt les flots sans trouver sa voix. Alors que les autres baleines chantent, lui n'émet que des sons dissonants jusqu’à ce qu’il croise le chemin d’un petit oiseau jaune au chant délicieux. 

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L'avis de Benshi

Dans ce court métrage sans paroles, Carol Freeman, réalisatrice irlandaise et également productrice du film, met en scène un petit baleineau qui peine à trouver sa voix (et sa voie). Rejeté par ses pairs du fait des sons peu harmonieux qui s’échappent de sa bouche, le petit baleineau décide de prendre le large. Au cours de son voyage, d’abord solitaire, il croise la silhouette menaçante d’un requin, mais se retrouve aussi face à une série d’apparitions inattendues. Valises, malles, vêtements se dispersent dans l’eau suite au naufrage d’un bateau et semblent y trouver une seconde vie. Voguant sur les flots, le baleineau croise enfin un oiseau enfermé dans sa cage. L’oiseau chante. Face à lui, le baleineau ose user de sa voix. Ensemble, ils dansent, bercés par leurs propres chants. Une amitié est née. Si celle-ci n'est que de courte durée, le baleineau gardera de son ami le plus beau des cadeaux : sa voix. 

Ce court métrage à la structure narrative simple et efficace se lit comme un conte initiatique. Pour le réaliser, Carol Freeman et son équipe féminine ont choisi la technique de la peinture sur verre. Les animatrices peignent chaque image sur une plaque de verre sous un appareil photographique. Des milliers de photographies sont prises à mesure que les dessins évoluent. Mises bout à bout, selon le principe du stop motion, les photographies forment un film. La peinture sur verre permet d’obtenir des couleurs lumineuses et de laisser apparente la matérialité de la peinture car cette dernière n’est jamais bue par le papier. Le résultat est absolument sublime. Nuancier de bleus marins, lumières du jour, crépusculaires et nocturnes se déclinent sous nos yeux comme de véritables toiles en mouvement. La scène de chant entre le baleineau et l’oiseau au coucher du soleil où l’on passe d’un ciel et d’une mer bleue aux teintes roses et chaudes du soir est splendide.

Le succès du film repose sans conteste sur sa maîtrise picturale, mais également sur la très belle composition musicale de Chris McLoughlin. Cette dernière se fait à la fois l’écho des sentiments de la petite baleine et sa voix-même. L’équilibre entre la musique extradiégétique (hors du récit) et la partition intradiégétique (dans le récit) participe de la beauté du film et nous saisit au plus profond.

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A partir de quel âge

À partir de 4 ans. Sans paroles, le film est accessible dès le plus jeune âge. Néanmoins, à partir de 5 ans, les enfants en comprendront mieux les enjeux narratifs. Le film aborde frontalement la mort de l’oiseau, mais pose un regard très poétique sur ce sujet.

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Les bonnes raisons de voir le film

  1. La magnifique composition musicale
  2. Un très beau film en peinture sur verre
  3. Une belle rencontre
  4. Un point de vue poétique sur la mort
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Informations complémentaires

L’Oiseau et la Baleine a été créé à partir de la technique de la peinture sur verre. Chaque plan est peint sur une plaque de verre avec de la peinture à l’huile et photographié. Ensuite, le dessin est modifié, parfois entièrement. Chaque nouveau dessin détruit ainsi le précédent. Seule la photographie en est conservée. Grâce à ce lien Viméo, on peut découvrir cette technique : https://vimeo.com/331799278. Pour 7 minutes de film, il a fallu créer 4300 tableaux différents. La fabrication des images du film a donc pris 14 mois. Le film a reçu de nombreux prix en festivals à travers le monde. Carol Freeman et son équipe sont installés à Dublin au sein des studios de Paper Panther.

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