Inspiré d'un conte inuit, cette histoire est celle de l'apprentissage d'une jeune fille qui, en se confrontant au monde magique des forces naturelles, est conduite à accéder à une nouvelle étape de sa vie. Il s'agit ainsi d'un rite initiatique qui met bien en valeur la culture inuit dans la tradition initiée au cinéma par Nanouk l'esquimau, mais ici à travers la mise en scène d'un conte où la jeune héroïne est confrontée à une sorte de croquemitaine dont le pouvoir magique lui permet de passer de l'état de nain à celui de géant. C'est toute la féerie d'une autre culture qui est ainsi partagée avec une économie d'éléments et de couleurs propre au blanc immaculé des paysages polaires. La féerie de cet être magique qui donne le titre au film est contrebalancée par une bande sonore documentaire présentant des cris d'oiseaux, les pas dans la neige ou encore une large palette de sons comprenant le vent et d'autres élément de l'écosystème polaire. Le spectateur se trouve en pleine immersion dans un milieu qu'il ne connaît pas.
L'histoire se suit sans la moindre parole où chaque mouvement des personnages devient hautement significatif. L'image en deux dimensions fait la part belle aux dessins et aux couleurs qui se meuvent avec fluidité et élégance : l'animation est à ce titre savoureuse !