Explorateur avant d'être cinéaste, Robert Flaherty s'empare de sa caméra pour filmer la nature sauvage ainsi que les gens qui y vivent. Pour lui, le documentaire est avant tout un moyen de parcourir le globe afin de découvrir de nouveaux horizons et d'aller à la rencontre d'autres cultures. Avec Nanouk l'esquimau, il se rend ainsi dans le nord du Canada, où règne un froid glacial, pour suivre la vie d'une communauté d'Inuit, dont Nanouk et sa famille font partie.
Pour Nanouk et les siens, chaque jour est une lutte pour survivre contre la faim et le froid. Robert Flaherty filme avec précision ce quotidien difficile rythmé par la chasse et la pêche. Il rend notamment compte de leurs techniques issues d'anciennes traditions, très élaborées et spectaculaires, pour attraper le gibier : par exemple, Nanouk tâte l'eau avec un fil de pêche qu'il tient dans une main puis capture un saumon rien qu'avec un bâton à trois croches, d'un geste rapide et précis. Ou bien, lorsque le vent se lève dangereusement, Flaherty suit chaque étape de la construction d'un igloo, de la découpe de la glace en pavés jusqu'à leur empilement pour former un solide abri contre les tempêtes de neige.
La beauté et la force du film, c'est de montrer à la fois toute la majesté de cette nature glaciale et parfois dangereuse (les plans d'ensemble de la banquise sont absolument magnifiques) et comment l'homme parvient à vivre en communion avec elle malgré sa rudesse. Flaherty alterne les moments où les Inuits s'organisent pour survivre face au climat et ceux où ils se retrouvent en famille. Avec sa femme et leur bébé, Nanouk fait preuve d'une grande tendresse et semble totalement épanoui, dans la joie et la tranquillité. C'est peut-être la leçon du film : malgré les épreuves difficiles du quotidien, il est possible de vivre heureux et libre.