Bugs Bunny : Un lapin pour dîner

  • Fritz Frelang

  • 8 min

  • 1942

  • États-Unis

Synopsis

Alors que le chasseur Elmer Fudd pourchasse Bugs Bunny, le facteur lui apporte un télégramme. Son oncle Louis lui lèguera 3 millions de dollars s’il ne fait aucun mal aux animaux (et en particulier, aux lapins). Difficile résolution pour un chasseur...

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L'avis de Benshi

Qui ne connaît pas le célèbre lapin de Tex Avery le découvrira ici dans toute sa splendeur ! “Salut les gars, moi c’est Rintintin” s’exclame-t-il face à une bande de chiens de chasse surexcités. Bugs Bunny est bel et bien le roi de la comédie, digne héritier des acteurs burlesques. Mimétisme, déguisement et blague sont sa signature. À grands renforts de “Quoi d’neuf, Docteur ?”, il anime à lui seul ses aventures, se jouant de ses opposants (ici, Elmer Fudd le chasseur). Il n’hésite pas non plus à s’adresser aux spectateurs avec beaucoup d’autodérision : “Cette scène poignante devrait au moins me rapporter un César.” Avec lui, l’ironie n’est jamais loin. La déveine d’Elmer Fudd fait d’ailleurs presque croire à un coup monté. Et le lapin s’en délecte. À lui, la belle vie ! Chez l’oncle Louis, tout est permis ! 

Toujours en musique, cette Merrie Melody ne démérite pas et c’est en rythme et en chanson que les courses-poursuites s’enchaînent, de la chasse forestière au cache-cache dans la maison. Un lapin pour le dîner est une belle introduction à deux des grands personnages des Looney Tunes, et un joli rappel du talent de détournement de Tex Avery et ses comparses. 

Attention à la chute ! Il n’est décidément pas né celui qui réussira à attraper ce lapin… That’s All Folks !

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A partir de quel âge

Ce court métrage ravira les jeunes spectateurs dès 4 ans par son intensité et les nombreux gags de Bugs Bunny, même si certaines références pourraient leur échapper. L’occasion parfaite d’aller faire un tour du côté des “Informations complémentaires” ci-dessous.

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Les bonnes raisons de voir le film
  1. Pour découvrir le travail du grand animateur américain Tex Avery
  2. Pour s’esclaffer devant les gags hilarants de Bugs Bunny
  3. Pour l’intensité des folles courses-poursuites d’Elmer Fudd et Bugs Bunny
  4. Pour dénicher habilement les références cachées au cinéma hollywoodien

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Informations complémentaires

Fritz Freleng et les cartoons

Friz Freleng est un dessinateur de cartoons, des petits films d’animation américains à l’humour percutant. Il travaille dès les années 20 pour Disney puis rejoint Warner Bros. Il a notamment réalisé plusieurs aventures d’Alice pour Disney et est le créateur de la célèbre Panthère rose. Ici, il s’empare des aventures de Bugs Bunny sous la direction du grand réalisateur Tex Avery (qui a inventé la bande des Looney Tunes). 

Un programme plagié sur Disney

Les Merrie Melodies sont créées en 1931, un an après la joyeuse bande des Looney Tunes (dont font partie Bugs Bunny et Elmer Fudd mais aussi Vil Coyote, Bip Bip ou encore Daffy Duck). Le but de ces épisodes étaient de mettre en valeur les chansons dont le studio Warner Bros possédait les droits (qu’il pouvait vendre pour faire d’autres films) et qu’il utilisait dans ses comédies musicales. Les cartoons étaient donc construits autour des chansons. Cette idée leur était évidemment venue des Silly Symphonies de Disney. 

Un rongeur très malin

Mais qui est donc ce lapin farceur qui fait tourner en bourrique Elmer Fudd ? C’est Bugs Bunny, la grande star des cartoons de Tex Avery, qui ne peut s’empêcher de balancer des “Quoi d’neuf, Docteur ?” (“What’s up Doc ?”) à tout va. Il apparaît pour la première fois dans Porky et le lapin malin (1938) mais ne devient le personnage que l’on connaît aujourd’hui qu’en 1940 dans Un chasseur sachant chasser. Créé par Ben Hardaway, il porte son surnom : Bugs. Il a un tel succès qu’il devient la mascotte de Warner Bros Cartoon et qu’il décroche même un Oscar en 1958 pour Les Peureux Chevaliers de la Table ronde

Un chasseur sachant chasser ?

Elmer Fudd, le chasseur un peu bête, est l’ennemi juré de Bugs Bunny et Daffy Duck. Il a un léger défaut de prononciation et transforme tous les “L” en “W”. C’est pour cela que le titre original de l’épisode est The Wabbit Who Came for Supper. Le lapin, rabbit, se transforme en wabbit. Elmer n’est pas un chasseur comme les autres : souvent, il pleure s’il attrape sa proie !

Le lapin qui vint souper

Le titre original, The Wabbit Who Came to Supper, est un hommage à une comédie américaine de William Keighley de 1942 : L’homme qui vint dîner (The Man Who Came to Dinner), lui-même inspiré d’une pièce de Broadway de George S. Kaufman de 1939. La similitude ne s’arrête pas au titre. Le film raconte l’histoire d’un conférencier excentrique qui retourne dans sa ville natale afin d’y être récompensé. Son séjour est prolongé lorsqu’il se casse la jambe et se voit assigné à résidence. Cela ne vous rappelle-t-il pas un certain lapin ? 

D’où vient le “Quoi d’neuf, Docteur” (“What’s up Doc ?”) ?

Tex Avery est texan et, au Texas, à l’époque, tout le monde s’adressait à ses connaissances de la sorte : “Hey Doc, whaddya know ?”, “What’s up Doc ?”, “How ya been today, Doc ?”... Un surnom rigolo, en somme. Lorsqu’il arrive à Hollywood, les gens s'étonnent d’entendre Tex utiliser cette expression. Particulièrement surprenante dans la bouche de Bugs Bunny, elle a beaucoup fait rire les collègues du studio qui ont validé l’idée.

Cherche et trouve : des références au milieu du cinéma

Comme Flip la grenouille, Bugs Bunny et ses compagnons adorent faire des clins d'œil au cinéma et à Hollywood. Dès les premières minutes, le lapin fait croire qu’il est Rintintin, le chien-acteur. Plus tard, alors qu’il décroche le téléphone, il demande : “C’est toi, Myrt ? Comment vont les choses ?”. Cette référence est tirée d’une émission radio américaine très connue : Fibber McGee et Molly. Bugs ne manque pas non plus de rappeler que son jeu d’acteur vaut bien un César (“Oscar” dans la version originale), l’une des plus importantes récompenses du cinéma français. Et toi alors, tu as trouvé d’autres clins d'œil ?

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