Celui qui domptait les nuages

  • De 

    Nicolas Bianco-Levrin

    Julie Rembauville

  • 2015

  • 4 min

  • France

Au sommet d'un canyon, le vieux chaman transmet à Nayati l'art ancestral des signaux de fumée. Mais le jeune garçon s'avère trop impatient...

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L'avis de Benshi

Mais comme il est drôle ce court métrage, vraiment très court, qui, l'air de rien, raconte énormément de choses importantes sur la vie, l'environnement, l'apprentissage, la patience et le rapport à la nature, et ce sans paroles !

Dessiné à grands traits noirs presque charbonneux, mais parfaitement ciselés, nous sommes plongés dans un décor minimaliste que nous reconnaissons d'emblée : c'est le Far West, le grand canyon américain. Des mains adultes frottent des pierres, une flamme jaune surgit dans ce gris crayonné, et un visage ridé se penche pour souffler sur les braises. Nous apercevons une natte qui tombe, mais oui, nous sommes bien chez les Indiens. Le plan suivant nous montre l'oiseau qui, dans notre imaginaire, est relié à cette culture comme à ce pays : le vautour indien.

Du haut de la falaise, au cœur du canyon, un grand-père apprend à son petit-fils l'art de bien souffler sur le feu afin de créer des signaux de fumée. Il faut pour cela savoir secouer son tapis au-dessus des flammes. Tiens, serait-ce un sanglier qui se forme et s'envole déjà dans le ciel ? Oh, voilà un beau poisson qui vole ! L'enfant est totalement sous le charme, sa tignasse un peu trop longue sur le front ne l'empêche pas d'admirer les formes que son grand-père crée avec patience. Mais voilà que notre petit homme se précipite pour secouer de toutes ses forces. Le feu ne résiste pas à ce vent un peu trop violent. Patatras, il s'éteint. Rien ne réussit du premier coup, ce n'est pas grave. Il faut garder patience et recommencer, le grand-père le sait bien. "Allez" semble lui dire le vieil homme, "recommence mon petit homme". Les paroles ne sont pas utiles tant le film décrit avec précision ce qui se joue dans ce récit initiatique. Le petit reprend sa tâche. C'est important car il est en âge d'apprendre.

Nous basculons alors dans quelque chose qui va bien plus loin que le seul apprentissage d'une langue, ici la maîtrise des signaux de fumée. En effet, savoir maîtriser une langue n'est pas chose facile. Il y a des règles et une méthode. On ne peut pas dire n'importe quoi et n'importe comment. Or ici, notre petit homme fait un peu n'importe quoi, avec malice il est vrai, mais les formes se rebellent. Il n'est pas possible de malmener autant le langage. Cela peut avoir de graves conséquences, certes vites maîtrisables, car ce n'est qu'un enfant qui semble plus vouloir s'amuser que faire du mal. Et pourtant, il ira se cacher dans le creux d'un arbre, la forme est noire de colère, elle gronde, elle n'a pas du tout aimé comment l'enfant l'a bousculée.

Irrésistible de drôlerie burlesque, ce film court est impressionnant par la profondeur de son récit. La résolution du problème se fera dans l'entraide et la compréhension. En effet, l'enfant comprend qu'il doit savoir maîtriser ses outils de communication afin d'agir dans le monde. Parler avec finesse et doigté, et créer ainsi de la beauté dans le monde, et non du chaos et de la violence... Quelle très belle leçon de vie, gaie et sérieuse à la fois.

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A partir de quel âge

Pour tout le monde ! Dès 3/4 ans, quand nous commençons à maitriser le langage...

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Les bonnes raisons

  1. Parce qu'on aime tous les Indiens !
  2. Pour découvrir tous les secrets sur les nuages (ou presque)
  3. Pour la très belle leçon de vie
  4. Parce que le garçon est un adorable fripon !

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Informations complémentaires

Un auteur passionné et passionnant Nicolas Bianco-Levrin a la passion du dessin. Sur son site, vous trouverez un grand nombre de ses créations, et notamment les différentes étapes de travail pour la création de ce film, qui est son premier court métrage, réalisé seul et entièrement en dessin animé.

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Rédigé par :

Réalisateur

Nicolas Bianco-Levrin

Julie Rembauville