Le titre de ce court métrage a un double sens humoristique qui résume bien son fond et sa forme. Flat signifiant en anglais « appartement » mais également l’adjectif « plat », Flatlife est à la fois une tranche de vie entre deux étages, et la mise en scène d’un espace frontal, sans profondeur, dont l’esthétique est très proche de la bande dessinée. Le cadre est en effet divisé en quatre portions comme autant de cases, et l’univers graphique est celui de la ligne claire, dont le plus célèbre représentant n’est autre que le dessinateur Hergé, belge comme le réalisateur Jonas Geirnaet.
Avec ses aplats de couleurs et ses formes cernées de noir, ce style minimaliste nous permet de suivre quatre histoires en même temps, celles-ci ne cessant d’interférer par la magie de la vie en appartement — dans un jeu de vases communicants, les actions des uns ont des conséquences sonores et visuelles très concrètes sur la vie des autres... Serait-ce une métaphore de notre condition humaine ? Quoiqu'il en soit, l’humour du film, à la fois burlesque et absurde — notamment avec l’apparition d’un panda volant ! —, séduira petits et grands, et leur fera peut-être voir leurs voisins et voisines sous un jour un peu différent...