Kirikou et la sorcière

  • De 

    Michel Ocelot

  • 1998

  • 71 min

  • France

    ,

    Belgique

    ,

    Luxembourg

Petit mais vaillant, le minuscule Kirikou vient au monde dans un village d'Afrique de l'Ouest. Avant même de sortir du ventre de sa mère, il sait déjà parler ! A peine né, il pose beaucoup de questions et apprend que son village est sous l'emprise de la sorcière Karaba. Cette superbe mais cruelle femme a asséché leur source, volé leur or, et elle fait chaque fois disparaître mystérieusement les hommes qui tentent de la combattre. Mais Kirikou est bien décidé à comprendre pourquoi la sorcière est aussi méchante. Seul, il partira à la rencontre de son grand-père pour trouver des réponses, de l'autre côté de la montagne interdite…

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L'avis de Benshi

Kirikou est un être extraordinaire en tous points. Juste après être sorti seul du ventre de sa mère, il court déjà bien plus vite que le commun des mortels. Doté d'une intelligence rare, il incarne le courage et la persévérance. Il est certes petit, mais sa différence par rapport aux autres enfants ne vient pas - uniquement - de là. Plutôt que d'accepter les réponses des villageois fatalistes, il cherche à comprendre l'origine de la tyrannie qui s'est abattue sur eux.

Kirikou et la sorcière est un conte humaniste, mais jamais moralisateur. On échappe à la vision souvent très manichéenne des contes, et ici la frontière entre le bien et le mal n'est pas si simple. C'est en ceci que réside le message fondamental du film : la source de la méchanceté est bien souvent la souffrance, et un retour en arrière est possible. Mais il faut pour cela aller à la rencontre de l'autre et tenter de le comprendre. C'est en surmontant ses préjugés que Kirikou deviendra un homme. Dans ce récit initiatique, une place importante est faite à la superstition et à ses dangers. Kirikou a un esprit indépendant et n'accepte pas ce qu'il ne voit pas. Audacieux, il va même jusqu'à utiliser la crédulité de la sorcière pour lui jouer des tours !

Pour nous livrer cette histoire pleine de charme et surtout d'originalité, Michel Ocelot a tenu à être fidèle à ce continent qu'il aime tant et à le valoriser. On notera par exemple le respect du réalisme de la faune africaine : des pintades, des rats, une huppe, un phacochère, des vipères, ou encore un putois. La flore luxuriante de l'Afrique est également mise en avant grâce à la grande richesse visuelle que nous offrent ces dessins traditionnels, peints sur papier. Les décors, ouvertement inspirés des peintures du Douanier Rousseau et des tapisseries du Moyen-âge, participent au graphisme enchanteur du film. Pour composer la bande originale, Youssou N'Dour n'a utilisé que des instruments traditionnels africains. Sa musique rythme le récit et nous immerge dans cet environnement si particulier.

Kikirou et la sorcière enchantera les petits comme les grands car tout comme le courage, l'amour du cinéma ne se mesure pas à la taille !

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A partir de quel âge

Au niveau de la compréhension, Kirikou et la sorcière est accessible dès 4 ans, mais certaines scènes sont impressionnantes pour les plus jeunes. On notera par exemple les apparitions théâtrales de la sorcière, les enfants en danger ou encore les animaux sauvages qui tentent d'attaquer Kirikou. Nous conseillons donc ce film plutôt à partir de 5 ans pour préserver toutes les sensibilités.

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Les bonnes raisons

  1. La beauté des décors colorés, inspirés des peintures du Douanier Rousseau
  2. Le charme de la musique envoûtante composée par Youssou N'Dour
  3. La force du message, invitation à la découverte de l'autre et à l'entraide

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Informations complémentaires

Michel Ocelot est né sur la côte d'Azur, mais a passé son enfance en Guinée. Il revient en France à l'adolescence et étudie aux Beaux-Arts de Rouen, puis à Paris aux Arts décoratifs. Il conclut ses études par une année au California institute of the Arts de Los Angeles. Il s'initie parallèlement au cinéma d'animation et réalise plusieurs courts métrages entre 1976 et 1992. Il décide pour son premier long métrage de se replonger dans une des plus heureuses périodes de sa vie et de rendre hommage, à sa façon, à l'Afrique. Il a dû s'imposer face à la production pour avoir recours à des doubleurs africains et non français, pour conserver l'authenticité du film. Il lui faudra cinq années de travail pour achever Kirikou et la sorcière. C'est grâce à l'immense succès du film qu'il se fait connaître du grand public, et encensé par la critique.

Le film a reçu notamment le Grand prix du Long Métrage au Festival International d'Animation d'Annecy en 1999.

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Rédigé par :

Réalisateur

Michel Ocelot