Dans ce récit initiatique simple et lumineux, Kom, jeune singe intrépide et impertinent, s'affranchit de ses pairs en faisant un saut dans l'inconnu. Sa chute dans les abysses de la forêt est si vertigineuse qu'on le croirait tombé dans le centre de la terre... Rien ne vaut un périple loin de chez soi pour aller à la rencontre de l'autre.
Recueilli par le roi de la tribu des Laankos, Kom rencontre Maître Flavius, un singe savant amusé par ce petit sauvage qu'il écoute distraitement tout en prenant des notes. Plongé dans ses livres, le Maître est hermétique à ce qui l'entoure. Pas autant cependant que le professeur de Kom chez les Woonkos, dont les leçons se résument à cette élucubration : "Tout ce qui se trouve en haut est bon, et tout ce qui se trouve en bas est mauvais !".
En bas, Kom découvre un peuple dont le mode d'organisation hiérarchisé et codifié est très différent du sien. A la cour du roi dont il devient le bouffon, il amuse la galerie, mais se lasse vite de ce rôle de pitre. Avant de pouvoir retrouver les siens, il lui faudra pourtant démêler un écheveau d'intrigues de palais, affronter de savoureux méchants tramant de noirs complots (comme le grand Chambellan, impeccablement doublé par Jean Piat), sauver une princesse empoisonnée, et enfin, faire le lien entre deux peuples qui pourront apprendre à se connaître.
Enfermés dans le carcan de leurs préjugés, les Woonkos et les Laankos évoluent dans des espaces cloisonnés. Les décors, superbes, mettent en lumière leur difficile rencontre. Depuis la cime des arbres, les tréfonds de la forêt apparaissent comme un lieu impénétrable, d'une profondeur vertigineuse ; au fin fond de la forêt, on ne perçoit de la canopée qu'un faisceau lumineux. Livrée à l'électron libre Kom, la forêt apparaît comme un beau terrain de jeu : luxuriante palette de vert, villages perchées dans les arbres, trouées de lumière, lianes avec lesquelles les singes d'en haut voltigent… Le château des Laankos, la construction verticale de l'espace, le personnage de Kom, libre et vif, rappellent Le Roi et l'Oiseau dont le réalisateur, Paul Grimault, avait produit les trois premiers courts métrages de Jean-François Laguionie.