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Fiche rédigée par  Nadia Meflah Avatar de Nadia Meflah

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Synopsis

En 1931, Hugo Cabret, un jeune orphelin de 12 ans, vit dans les combles de la gare Montparnasse, à Paris. Il occupe ses journées à remonter les horloges. Mais il a un rêve secret... Son père lui a laissé un curieux automate inachevé qu'Hugo voudrait voir fonctionner. Il lui manque une pièce essentielle, une clef en forme de coeur. Sa quête n'empêche pas Hugo de se lier avec une autre orpheline, Isabelle, dont s'occupe un vieil homme, vendeur de jouets dans un des magasins de la gare. Hugo découvre que, même s'il n'en parle jamais, ce vieil homme n'est pas n'importe qui. Il s'agit de Georges Méliès, le premier cinéaste de fiction du monde, tombé dans l'oubli...

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L'avis de Benshi

Mais quel cadeau ! Quelle beauté ! Véritable malle aux trésors, où l'aventure va de pair avec les secrets et mystères à déchiffrer. Hugo Cabret est une déclaration d'amour au cinéma par Martin Scorsese, qui nous invite à croire encore et toujours à la magie et au merveilleux, alors même que nous sommes au XXIe siècle et que le virtuel fait partie intégrante de notre quotidien. Il fait, avec ce film, le lien entre cinéma d'hier et d'aujourd'hui : de Méliès à la 3D, la magie ne s'est pas perdue, au contraire, elle se réinvente et se transmet, toujours. Et c'est par la quête d'un enfant que nous plongeons dans le Paris du début du siècle, au cœur de la fabrique du cinéma.

Hugo Cabret est un film à savourer sans modération, c'est un voyage extraordinaire car il convoque tout ce qui fait enfance en nous, tout ce qui pointe au cœur aussi. La joie de la curiosité comme de la découverte, le plaisir de l'escapade et du cache-cache, l'aventure comme la peur, le merveilleux et le magique, l'amitié et la fidélité, mais aussi la tristesse et la mélancolie que tout enfant peut connaitre lorsqu'il doit se séparer de son monde. Ce film est un cœur palpitant, celui d'un rêve qu'un père lègue à son fils. Lorsque le récit commence, nous sentons combien ce drôle d'enfant caché dans une tour, au coeur d'une grande gare parisienne, est un personnage étrange. Nous le suivons avec en nous une question : mais qui est-il ? Où est sa famille, et surtout pourquoi vit-il dans cette tour ?

De son père, Hugo n'a plus qu'un étrange automate, dont il cherche la clé - en forme de cœur - qui pourrait le faire fonctionner. Tel Alice au pays des merveilles, Hugo va vivre une expérience fondatrice dans un Paris parsemé d'étranges créatures humaines. Tel un lutin fauve, le jeune garçon se faufile dans la capitale avec la vivacité des enfants des rues. Nous sommes à Paris, ville des lumières, où la fluidité de la circulation règne ; la tour Eiffel brille de mille feux et le temps remonte dans un fondu enchainé. Nous passons de la nuit électrique au matin enneigé avec une tour Eiffel, cette fois-ci éteinte, sous les flocons de neige. Le travelling du temps ne s'arrête pas, il nous entraine au cœur d'une immense bâtisse de verre. Le mouvement de la caméra s'immisce à toute allure entre deux trains à quai. C'est cette caméra qui, à travers les volutes et la fumée des trains, à travers la foule, remonte jusqu'à l'immense horloge qui trône au cœur de la gare. Elle cherche et trouve un visage caché derrière le très grand chiffre 4, c'est un regard d'enfant, c'est Hugo.

Quelle magnifique entrée en matière que cette séquence d'ouverture qui nous dit déjà à quelle allure, à quelle histoire, à quelle temporalité nous sommes conviés. Celui du temps remonté, celui du compte à rebours, du conte à déployer. Et comme dans tous contes, il y a des méchants - ici l'inspecteur de la gare - mais aussi des personnages bienveillants qui aident le petit homme dans sa quête ; il y a la figure du père absent et surtout Méliès, ce vieux ronchon qui vend des jouets dans une gare où l'anonymat parfois peut être terrible. Hugo, du haut de ses douze ans, va réveiller un passé que le vieil homme ne voulait plus revisiter. Dans toute quête, quelque chose d'autre se révèle auquel on ne s'attendait pas. Pour Hugo, la clé que son père lui a demandé de retrouver le mènera bien plus loin que tout ce qu'il pouvait oser imaginer. Pour notre plus grand plaisir.

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Pour quel public ?

À partir de 7 ans et ce, sans modération, tant le film combine l'aventure, le suspens, le merveilleux, avec cette fougue propre à tout récit de jeunesse.

Bonnes raisons de voir le film

  • Pour la beauté étourdissante du film
  • Pour résoudre avec Hugo l'énigme de l'automate
  • Pour découvrir l'inventeur des trucs et astuces fantastiques du cinéma
  • Par amour du cinéma et du merveilleux
  • Pour frissonner avec Hugo suspendu à l'immense horloge !

Infos complémentaires

Du livre au cinéma

Avant d'être un film, Hugo Cabret (titre original : The Invention of Hugo Cabret) est un roman pour enfant, écrit et illustré par l'auteur Brian Selznick. Publié aux Etats-Unis le 30 janvier 2007 par les éditions Scholastic Press, il est traduit en français en 2008 par Danièle Laruelle. Le roman a obtenu en 2007 la médaille Caldecott, qui distingue l'illustrateur du meilleur livre pour enfant américain de l'année.

Une reconstitution minutieuse

Les coulisses d'un tournage de Méliès ont été reconstituées avec fidélité : le studio de verre à Montreuil où tournait Méliès fut refait dans les studios de Shepertton en Angleterre. Un an fut nécessaire pour reconstituer une scène du Royaume des fées datant de 1903. Pour la première fois de sa carrière, le cinéaste tourne en 3D, entre Londres et Paris, notamment à la Bibliothèque Sainte-Geneviève, à la Sorbonne et au square Louis-Jouvet et la place Edouard VII, situés dans le 9e arrondissement.

Un film cinéphile

Outre l'hommage aux films de Georges Méliès qui traversent le récit, Hugo Cabret est ponctué de citations et d'extraits des classiques du cinéma des années 30, des frères Lumière (L'arrivée d'un train en gare de La Ciotat) à Louis Feuillade (Fantômas, Judex), et d'Allan Dwan (Robin des bois) à Charlie Chaplin (Le Kid) ou Buster Keaton (L'opérateur, Le mécano de la Générale). La fameuse scène de la grande horloge est une citation directe de Monte là-dessus !, le classique du burlesque et film le plus célèbre d'Harold Lloyd.

Pour aller plus loin

Sur Georges Méliès

Site officiel géré par Pauline D-L Méliès qui propose une belle et ample présentation du cinéaste : http://www.melies.eu/index.html

Sur les trucages inventés par Georges Méliès

Méliès utilise de nombreuses figures telles que la métamorphose, les apparitions et les disparitions, les coffres inépuisables, le mobilier capriceux... Cependant, trois thèmes se détachent : les personnages inanimés (dessins, vêtements, mannequins) prennent vie, un personnage ou une partie de son corps se dédouble, décuple et un personnage ou une partie de son corps prend des proportions insolites. Méliès a inventé deux grands types de trucages : l'arrêt de caméra et la surimpression.

La Lune Rouge vous explique quelques trucages avec des images de l'époque : http://www.lunerouge.org/spip/article.php3?id_article=158

Un travail de recherche (de Antoine Duclaud-Lacoste, sous la direction de Luc Bériot), complet et passionnant, avec une très belle présentation du travail de Méliès, et comment il transforma le cinéma à partir des caméras et de son studio. Pour les amateurs éclairés : http://www.radioactive-lizard.com/files/inraci/Les%20effets%20speciaux%20de%20Georges%20Melies.pdf

Enfin, retrouverez plus d'informations sur le cinéaste-magicien et son travail sur la fiche Benshi consacrée à Georges Méliès : Les Contes merveilleux de Georges Méliès
Une sélection de ses films seront disponibles en SVOD (inclus dans l'abonnement) et visible depuis cette fiche à partir du 1er février.

Sur les automates

Le Musée de l'automate de Souillac est le plus grand musée d'automates anciens et de jouets mécaniques d'Europe. Cette collection date des XIXe et XXe siècles, issue essentiellement des ateliers Roullet Decamps, est régie par un cerveau électronique et évolue dans une ambiance de son et lumière qui transporte petits et grands dans un univers féerique. Souillac a constitué autour de l´exceptionnelle collection Roullet Decamps, acquise par l´Etat, un musée qui raconte la fascination de l´homme devant les machines fabriquées à son image. Depuis les machines d´Héron d´Alexandrie, les jacquemarts des horloges célèbres, les automates de divertissement du XVIIIe siècle, les réclames du XIXe siècle, jusqu´aux robots d´aujourd´hui, les enfants comme les adultes peuvent rêver.
http://www.musee-automate.fr/