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La Planète sauvage

  • De René Laloux
  • 1973
  • 1h12

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Catégorie : Fantastique   Le sens de la vie  

À partir de 7 ans

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Fiche rédigée par  Laetitia Scherier Avatar de Laetitia Scherier

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Synopsis

La planète Ygam est habitée par les Draags, gigantesques et étranges créatures à la peau bleue et aux yeux rouges. Persuadés d’être supérieurs à toute autre forme de vie grâce à leur maîtrise de la science, leur quotidien est principalement fait de méditation et de loisirs, parmi lesquels domestiquer les Oms. Ces petits êtres humanoïdes sont pour eux divertissants mais inoffensifs. Au cours d’une promenade, une jeune Draag nommée Tiwa trouve un bébé Om et décide de le recueillir. Baptisé Terr par sa nouvelle maîtresse, celui-ci va se montrer docile et se soumettre aux caprices de Tiwa durant de longues années, le temps d’acquérir une totale connaissance de ses maîtres ainsi que de leurs savoirs. Mais arrivé au bout de son enseignement, il s’enfuit et rejoint un groupe d’Oms vivant à l’état sauvage. Il va alors essayer de partager son savoir et offrir de nouvelles perspectives d’avenir à ses semblables…

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L'avis de Benshi

Unanimement considérée comme l’une des plus grandes œuvres du cinéma d’animation français, La planète sauvage est un film singulier à bien des égards. Inspiré d’un roman incontournable de science-fiction qui traite de la domination des hommes par des êtres supérieurs, le scénario répond parfaitement aux codes du film d’anticipation. Le récit, allégorie évidente de nos sociétés modernes, prône la coexistence des peuples et vise à faire réfléchir le spectateur sur la place de l’Homme.

Hymne à l'éducation et à la transmission du savoir, cette fable philosophique met également en avant la supériorité de la morale et de la liberté sur la maîtrise de la technologie. Les draags ne montrent en effet aucune forme d’empathie envers ceux qu’ils considèrent comme des animaux de compagnie, et ils n’utilisent pas leur connaissance de la science comme un outil d’évolution. La planète sauvage a été réalisé à l’aube des années 70, mais la pertinence de son propos reste aujourd’hui intacte.

Laloux a choisi d’utiliser la technique du papier découpé, qui consiste à dessiner dans un premier temps les décors et les personnages séparément, puis à découper les parties du corps mobiles pour les animer ensuite image par image. L’inconvénient de cette technique étant la rigidité de l’animation et des mouvements au rendu saccadé, le réalisateur a alors décidé de ne pas conserver ces parties mobiles - les parties du corps avec des articulations telles que les bras, les jambes… - mais de dessiner les différents mouvements des personnages à la manière d’un dessin animé. Ce processus de création - appelé animation par phase - étant extrêmement méticuleux, la production du film a duré près de 4 ans.

On retrouve, dans les décors et l’esthétique des différentes créatures, des similitudes avec des œuvres picturales de grands maîtres comme Jérôme Bosch ou les surréalistes Salvador Dali et Yves Tangy. La musique aux sonorités Jazz composée par Alain Goraguer nous immerge, dès les premières secondes du film, dans une atmosphère irréelle, oscillant entre rêve et cauchemar tout au long du film.

La planète sauvage est un film atypique à découvrir de préférence en famille pour permettre aux enfants de s’exprimer sans restriction.

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Pour quel public ?

 Il se dégage du film un sentiment d’étrangeté qui pourrait déconcerter les plus jeunes spectateurs. Aussi nous le conseillons à partir de 8 ans.

Bonnes raisons de voir le film

  • L’esthétique surréaliste d’une grande beauté et la richesse graphique
  • L’incroyable intelligence du scénario
  • Découvrir une œuvre majeure de l’Histoire du cinéma d’animation

Infos complémentaires

René Laloux (1929-2004) est un dessinateur, peintre et sculpteur français. En parallèle d’un apprentissage de sculpture sur bois, il prend des cours de dessins et découvre le cinéma. Il se lance dans l'animation en 1960 avec un premier court métrage intitulé Les dents du singe, puis réalisera ensuite deux autres courts avec son ami Roland Topor : Les Temps morts (1964) et Les Escargots (1965). C’est alors naturellement qu’ils travaillent ensemble pour La Planète sauvage, premier long métrage de Laloux. Le film rencontre le succès du public, mais également critique car il gagne le Prix spécial au Festival de Cannes en 1973. Il ne réalisera ensuite que deux autres longs métrages, Les Maîtres du temps (1982) et Gandahar (1987), ainsi que trois courts métrages. Tous sont des films d’animation fantastiques, genre qui lui est cher. Il consacre les dernières années de sa vie à l’écriture et à la peinture, et dirige de 1996 à 1999 le Laboratoire d'imagerie numérique d’Angoulême.

Roland Topor (1938-1997) est un illustrateur, dessinateur, peintre, écrivain, poète, acteur et scénariste français, né de parents polonais. Il étudie aux Beaux-Arts et commence à publier des dessins et des contes dans diverses revues. Il collabore notamment au journal Hara-Kiri puis participe à la fondation de Panique, un mouvement artistique radical désireux de développer un art de la performance. Il travaille en parallèle pour le théâtre et la télévision, puis publie de nombreux livres. Son univers est marqué par le Surréalisme, la science-fiction et les romans noirs. Il débute dans le cinéma d’animation aux côtés de René Laloux, puis travaillera sur près d’une dizaine de films dans sa carrière.

Pour aller plus loin

Wul Stefan, illustration Tisseron Yann, Oms en série, Edition Castelmore, 2015. Dès 10 ans

Kawa-Topor Xavier , La Planète Sauvage, Edition Les Enfants de Cinéma, Collection "Cahiers de note sur...", 2005

Laloux René, Ces dessins qui bougent : 1892-1992 : cent ans de cinéma d'animation, Paris, Edition Dreamland, 1996

La Planète sauvage est inscrit au catalogue du dispositif national Ecole & Cinéma. Retrouvez la fiche "en famille" sur la plateforme Nanouk