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Le Château dans le ciel

  • De Hayao Miyazaki
  • 1986
  • 2h04

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Catégorie : Fantastique   L’aventure, c’est l’aventure  

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À partir de 7 ans

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Fiche rédigée par  Yuri Hayashi Avatar de Yuri Hayashi

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Synopsis

Pazu est un apprenti mécanicien dans un village minier. Il fait un jour la connaissance de Sheeta qui atterri dans ses bras alors qu’elle tombait doucement du ciel avec une pierre mystérieuse émettant un éclat bleu. Une bande de pirates et des agents gouvernementaux sont à la poursuite de cette « pierre volante » ainsi que de Sheeta qui est en fait le dernier successeur du royaume de Laputa, une cité légendaire flottant dans les airs. Entraîné alors dans une aventure, Pazu devient le protecteur de Sheeta et part en quête de l’énigmatique château dans le ciel dont son défunt père avait jadis capturé l’image en photo.

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L'avis de Benshi

Le Château dans le ciel est le troisième long métrage du maître de l’animation japonaise Hayao Miyazaki et la première production du studio Ghibli. Miyazaki a tenté une aventure-fantastique traditionnelle et destinée aux enfants. Dès la première séquence, nous nous trouvons tous au cœur de l’aventure palpitante qui ne nous relâche pas même après le générique de fin, et nous invite à la revivre bien des fois.

Le monde épique construit par Miyazaki est convainquant et solide. Sa narration par l’animation noue ingénieusement le présent, le passé, des légendes et des illusions, avec juste le minimum d'explication, amplifiant la densité de cet univers fictif. Le déroulement de haut en bas et de gauche à droite à une vitesse effrénée, notamment dans les scènes de courses poursuites ferroviaires et aériennes, dynamise le tout, soutenu par les machineries à l’esthétique « steampunk » et les animaux fantastiques qui sollicitent notre imagination. Le réalisateur n’oublie pas d’y inclure une touche d'humour ainsi que des leçons écologiques, sociales et philosophiques.

« La nature comme phénomène à décrire, par exemple l’air, les plantes, la lumière, etc., n’existe pas en état immobile mais en état mouvant au fil de chaque instant » *1. Les éléments de la nature comme le dit Miyazaki, sont littéralement « animés » et vivent leur temps. Notamment les nuages dessinés par l’un des directeurs artistiques Nizô Yamamoto s’expriment pleinement. En outre, le spectateur peut contempler les décors minutieux et travaillés avec finesse qui ont radicalement poussé la dimension artistique de l’animation japonaise. Enfin, la musique lyrique composée par Joe Hisaishi a joué un rôle essentiel.

Ainsi, le Château dans le ciel est un chef d’œuvre forgé par un scénario intelligemment arrangé, une mise en scène bien calculée, des dessins minutieusement travaillés et une musique splendide, qui nous emporte dans une merveilleuse aventure dès notre jeunesse et nous accompagne toute notre vie.

*1 : MIYAZAKI Hayao, Kaze no kaeru basho : Nausicaä kara Chihiro made no kiseki (« La place à laquelle rentre le vent : la trace depuis Nausicaä à Chihiro »), Japon, Rockin’on, 2002, p. 29.

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Pour quel public ?

Les jeunes spectateurs seront captivés par l’univers épique, fantastique et parfois burlesque de Miyazaki. La durée du film de plus de deux heures peut cependant solliciter la concentration des plus jeunes de moins de 6-7 ans. Le film convient également aux adultes qui seront tout autant captivés par cet univers et qui pourront pleinement saisir les diverses allusions faites par Miyazaki.

Bonnes raisons de voir le film

  • Une aventure fantastique traditionnelle et pourtant contemporaine
  • La représentation latérale et horizontale de l’espace à une vitesse effrénée
  • La nature « animée », notamment des nuages vivants
  • Les décors innovants de l’époque
  • La musique lyrique composée par Joe Hisaishi

Infos complémentaires

À la suite de Nausicaä de la vallée du vent, Miyazaki décide d’entamer une histoire d’aventure d’un garçon comme les autres, une idée qu'il avait en tête depuis qu'il cherchait à être un dessinateur de manga et avant qu’il se lance dans l’animation.

À la conférence de presse en 1985, il déclare : « À notre époque où les trésors acquis de l’île au trésor sont convertis en argent, peut-on toujours créer une histoire d’aventure ? Un protagoniste sans rien, qui n'a rien d'héroïque. Un enfant ordinaire peut-il être le protagoniste de sa vie ? En effet, c’est difficile mais c’est surtout pour cela que je tente une histoire d'aventure en quête d’une île au trésor dans un monde comme ceux conçus par des auteurs de science-fiction du XIXème siècle. » *2

Miyazaki s’est chargé de l’idée originale, la réalisation, le scénario ainsi que du story-board alors qu’Isao Takahata, co-fondateur du studio Ghibli, a quant à lui défendu le projet en tant que producteur, comme il l’avait fait pour Nausicaä de la Vallée du vent.

On considère que Miyazaki s’est inspiré de Jonathan Swift, Robert Louis Stevenson, Jules Verne ou Paul Grimault. Le Roi et l’Oiseau de ce dernier et Jacques Prévert, qui ont marqué son enfance, l'influence notamment sur sa représentation latérale de l’espace, selon le dessinateur Yasuo Ôtsuka*3. (Certaines comparaisons sont possibles entre celui-ci et Le Château dans le ciel.)

Le désir vers le ciel et les machines volantes constituent une des marques de Miyazaki, qui a une grande passion pour l’aéronautique, provenant de son origine : son père était directeur d'une société en aéronautique.

Le repérage de pré-production s’est effectué en 1985 au Pays de Galles, dans lequel l'activité minière avait prospéré avant de décliner. Au cours de l’élaboration, le plan scénaristique initialement d’un film de trois heures a été resserré en celui de deux heures, ce qui a renforcé la densité narrative.

Est incontournable la contribution de l’animateur talentueux Yoshinori Kanada, qui a travaillé en étroite collaboration avec Miyazaki de Nausicaä jusqu'à Chihiro. Il est connu pour avoir innové dans l’expressivité en animation « limitée » par son style audacieusement exagéré et libéré de la perspective figée. Dans Le Château dans le ciel, on peut voir son travail dans la scène de la lutte à coup de poing en plein village ou dans la scène aéronautique du « Nid des Dragons ».

La formule de destruction « barış » signifie la paix en turc.

*2 : KANO Seiji, Miyazaki Hayao zensho (« Collection complète de Hayao Miyazaki »), Japon, Film Art, 2006, p. 82.
*3 : TAKAHATA Isao, Otsuka Yasuo, KANOH Seiji et FUJIMOTO Kazuisa, Ô to tori : studio Ghibli no genten (« Le Roi et l’Oiseau : l’origine du studio Ghibli »), Japon, Otsukishoten, 2006, p. 70.

Pour aller plus loin

Analyse du film :
- Le Château dans le ciel sur Buta connection  : http://www.buta-connection.net/films/laputa.php

Œuvres littéraires :
- SWIFT Jonathan, Les Voyages de Gulliver
- STEVENSON Robert Louis, L'Île au trésor
- Verne Jule, Robur le conquérant, L'Île à hélice, Deux ans de vacances
- FUKUSHIMA Tetsuji, Sabaku no mao (« The evil lord of the desert »), duquel Miyazaki a puisé l’idée de la pierre volante. Cet ouvrage n’est pas traduit en français mais on peut saisir son aperçu dans l’article : http://natalie.mu/comic/news/70571
- Ramayana
- MIYAZAKI Hayao, Le Voyage de Shuna

Œuvres audiovisuelles de Miyazaki moins connues en France mais considérées liées au Château dans le ciel :
- Conan, le fils du futur
- Le Château de Cagliostro
- Lupin III