Le Moine et le poisson

Le Moine et le poisson

Réalisé par Michael Dudok De Wit
Durée : 6 min
| 1994 | France
Ma note :
Le Moine et le Poisson / The Monk And The Fish from Folimage on Vimeo.

Le silence et le calme du monastère sont perturbés par un petit poisson qui sautille dans le bassin de la cour. Un moine va tout essayer pour l’attraper...

Ce film, vu à travers le monde dans de nombreux festivals, n’a pas voyagé sans raison. Et la première est visuelle. Le graphisme du court métrage est d’une délicatesse rare. Le fond est une feuille de papier teintée d’aquarelle parfois bleutée, parfois orangée, selon le moment de la journée (même si le temps semble avoir finalement bien peu d'importance). Les lignes qui dessinent le moine, le poisson, le bassin et le monastère sont très simples, ce qui crée une ambiance très épurée, et indéniablement belle. On retrouve bien là - et avec plaisir ! - la finesse de l’univers graphique du réalisateur de La Tortue rouge.

Le gag répétitif du moine qui cherche à attraper le poisson est un dispositif simple qui fonctionne très bien, et la musique y est pour beaucoup. Nous prenons plaisir à voir ce petit moine qui sautille dans sa cour, avec ce poisson qui lui joue des tours à disparaitre sous l’eau puis réapparaître un peu plus loin. La musique souligne avec humour chacun de leurs gestes. Une flûte commence par introduire avec douceur le calme du monastère. Ensuite, à mesure que l’action avance, les instruments deviennent plus nombreux, à vent puis à cordes, et accélèrent le rythme. Car oui, tout ici est question de tempo. Le moine circule comme s’il dansait avec la musique. Ce film peut, de ce fait, être une très jolie initiation au rythme, tant visuel que musical.

Benshi vous encourage vivement à vous laisser porter par cette jolie balade. Un pur moment de beauté.

Peut être vu dès 3 ans, mais sera apprécié par toute la famille.

1
Pour découvrir une petite perle (mondialement reconnue) de l'animation
2
Pour la douceur de l'univers visuel
3
Pour la chaleur de la musique et le timbre "boisé" de la flûte

Infos complémentaires

En 1992, Michael Dudok de Wit se met à son compte et réalise chez lui son premier court métrage, Tom Sweet. Plus tard, dans le cadre de la résidence d’artiste du studio Folimage, il réalise son deuxième court métrage, Le Moine et le poisson, qui lui offre une reconnaissance mondiale. Le film est nommé aux Oscars et récompensé aux Césars en 1996.

Le Moine et le poisson a été co-animé par Guy Delisle, un bédéiste renommé. Vous pouvez découvrir une partie de son travail sur son blog.

La musique a été composée par Serge Besset, qui a reprit le thème de Corelli, La Follia. Vous pouvez l’écouter en suivant ce lien, et vous verrez qu’à l’origine cette partition avait été écrite pour des instruments à cordes. Comme cela a été dit plus haut, les instruments pour le film sont principalement des instruments à vent, certainement pour donner une sonorité plus modeste (à l’inverse des cordes, qui font très vite orchestre de chambre). 

Pour aller plus loin

Pour en savoir plus sur le travail de Michael Dudok de Wit, vous pouvez jeter un oeil à la fiche Benshi sur son magnifique premier long métrage, La Tortue Rouge.

Michael Dudock de Wit a également réalisé quelques publicités :
A life, pour United Airlines, récompensée à Annecy lors du festival international du film d’animation en 2005.
- Pour AT&T, une entreprise de téléphonie américaine : une première publicité, et une seconde très proche de son troisième court métrage Père et Fille (qui a d'ailleurs été récompensé aux Oscars en 2001).

Fiche rédigée par Alice

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