Mary et la fleur de la sorcière

Mary et la fleur de la sorcière

Réalisé par Hiromasa Yonebayashi
Durée : 1h40
| 2018 | Japon
Ma note :

Synopsis

Mary s’installe à la campagne chez sa grand-tante, Charlotte, pour les vacances d’été. Mais elle va rapidement s’ennuyer sans amis, dans un si petit village. Au cours de l’une de ses explorations dans la forêt, elle rencontre deux chats bien étranges qui la conduisent jusqu’à une fleur extraordinaire. Autrefois dérobée au monde des sorcières, cette fleur bleue très rare est interdite et peut s'avérer très dangereuse si elle tombe entre de mauvaises mains. La jeune Mary va alors découvrir un monde inconnu au-delà des nuages, où la magie règne en maître...

L'avis de Benshi

L’annonce de la retraite du grand réalisateur Hayao Miyazaki en 2013 – qui a depuis changé d’avis et prépare un nouveau long métrage – avait déclenché une certaine inquiétude chez les férus d’animation japonaise et admirateurs du Studio Ghibli. Malgré quelques sublimes productions japonaises ces dernières années, telles que Your Name de Makoto Shinkai (2016) et Dans un recoin de ce monde de Sunao Katabuchi (2017), l’esprit Ghibli commencait sérieusement à manquer sur nos écrans. Quel plaisir donc, après Souvenirs de Marnie sorti en 2013, de découvrir le nouveau film de Hiromasa Yonebayashi, qui aborde des thèmes chers au célèbre studio nippon, bien qu'il ait été produit par un tout nouveau studio, Ponoc.

Mary est une jeune héroïne forte et courageuse, avec un caractère affirmé. A l’image des héroïnes des films de Ghibli, sa quête n’est pas liée à la recherche de l’amour ou du bonheur personnel, mais tournée vers une vision plus large du monde et de son équilibre. Ainsi, Mary n’échappe pas à la représentation traditionnelle de la sorcière : chevelure rousse, assise sur son balai et accompagnée d’un chat noir. Mais au-delà de son aspect physique, le scénario aborde des thématiques comme la différence et l’acceptation de soi : ce qui peut être mal vu par certains, est une bénédiction pour les autres.

En grande exploratrice, parfois malgré elle, Mary va découvrir l’université de sorcellerie nommée Endor, dissimulée au-delà des nuages. Celle-ci pourrait d’ailleurs faire penser à l’école Poudlard dans la saga Harry Potter. Endor renferme bien des secrets, dont les tristes expériences du docteur Dee. Chercheur obsédé par le pouvoir ultime de la transformation, il teste ses sorts et potions sur des animaux qu’il capture. Par ce biais le film dénonce la maltraitance et les expériences scientifiques sur les animaux, et porte plus largement un message écologique. L’amitié est également au cœur de cette aventure magique : avec Peter, un jeune garçon du village, et son chat noir Tib, Mary prendra de nombreux risques pour sauver ses amis en difficultés. Et elle découvrira également des secrets insoupçonnés sur sa famille....

Le réalisateur a déclaré vouloir faire perdurer le savoir-faire du studio Ghibli en accordant une importance particulière à l’animation traditionnelle. Ainsi la majorité des dessins ont été réalisés à la main. Seules quelques images numériques et effets 3D ont été ajoutés en post-production.

Mary et la fleur de la sorcière est coloré et riche en rebondissements, et les jeunes cinéphiles y réfléchiront sans doute à deux fois avant de ramasser une fleur inconnue lors de leurs prochaines balades en forêt !

Pour quel public

Nous conseillons ce film à partir de 7/8 ans. Il ne contient pas de scènes particulièrement difficiles (bien que l'introduction puisse être un peu impressionnante pour les enfants les plus sensibles) mais sa durée et son rythme très soutenu ne conviennent pas aux tout petits.

Bonnes raisons d'aller voir le film

1
L'inventivité visuelle lors des séquences dans l'université de sorcellerie
2
La richesse des thèmes abordés
3
Les hommages et références aux productions du Studio Ghibli

Infos complémentaires

Après des études de design, Hiromasa Yonebayashi a travaillé, de 1996 à 2014, en tant qu’animateur puis réalisateur pour le célèbre Studio Ghibli. Il a œuvré sur la plupart des films de Hayao Miyazaki, qui lui confie un de ses projets pour sa première réalisation, Arriety, le petit monde des chapardeurs, sortie sur nos écrans en 2010. Il quittera ensuite le Studio en 2014, juste après la sortie de son second film, Souvenirs de Marnie. Il participera avec d'autres anciens collaborateurs de Ghibli à la création en 2015 du Studio Ponoc, dont Mary et la fleur de la sorcière est la première production. Le co-scénariste, Riko Sakaguchi, est notamment connu pour avoir écrit avec Isao Takahata le scénario du film Le conte de la Princesse Kaguya.

A noter la symbolique du nom choisi pour le nouveau studio japonais, qui ambitionne de prendre le relai du Studio Ghibli, après l’annonce – finalement prématurée – de sa fermeture  : « ponoć » est un mot serbe qui signifie « minuit », à comprendre ici dans le sens « début d’un nouveau jour ».

Mary et la fleur de la sorcière comporte de très nombreuses références aux films de Miyazaki et Takahata, bien que le réalisateur ait déclaré qu’elles n’étaient pas nécessairement volontaires. En voici quelques exemples : hormis la couleur de ses cheveux, Mary pourrait bien être la petite fille de Kiki la petite sorcière ; l’université d’Endor, sur son rocher flottant au-dessus des nuages, fait penser au Château dans le ciel ; la découverte d’un univers magique insoupçonné renvoi à l’aventure de la jeune Chihiro ; lorsque la directrice de l’université apparaît pour la première fois, elle sort d’une machine rappelant étrangement Le château ambulant (fiche en cours de rédaction).

Pour aller plus loin

Sur le site du distributeur, Diaphana, vous trouverez des images du film et le dossier de presse comportant de nombreuses informations, ainsi qu'une interview du réalisateur et du producteur.

Un site consacré au studio Ghibli, qui propose un dossier sur le film : http://www.buta-connection.net/autres-ghibli/mary.php

Le livre dont est tiré le film n’a malheureusement pas été traduit en français, mais il est disponible en anglais : Stewart Mary, The Little Broomstick, Ed. Hodder Children’s Books, 2006

Fiche rédigée par Laetitia

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