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Paï

  • De Niki Caro
  • 2002
  • 1h40

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Catégorie : Le sens de la vie  

À partir de 7 ans
Poster de Paï

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Fiche rédigée par  Florian Avatar de Florian

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Synopsis

Paï perd à sa naissance son frère jumeau, et leur mère meurt en couches. Effondré, incapable de gérer la situation, leur père quitte la Nouvelle-Zélande et laisse son enfant aux bons soins de ses parents. Des années plus tard, du haut de ses douze ans, Paï répare des moteurs de bateau, désarme ses petits camarades à la taiaha et devrait être en bonne place pour reprendre le flambeau de la direction spirituelle de son village après son grand-père. Seul souci, Paï est une fille.

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L'avis de Benshi

Figure quasi messianique bien malgré elle, Paï ne se bat pas pour son statut par ambition, mais par devoir, porteuse d'un feu intérieur qu'elle sacrifierait volontiers pour le simple amour de son grand-père. C'est là toute la force de ce film, totalement antimanichéen, avec un grand-père sévère, parfois injuste, mais aimant, et la figure très positive d'un oncle, pourtant quasi loser et à la vie un brin dissolue. Le premier, en effet, regrette d'avoir deux fils qui ne reprendront pas sa place au sein de la communauté et d'avoir perdu son petit-fils dès sa naissance. Il aime sa petite-fille mais lui reproche de vouloir assumer le rôle des figures masculines défaillantes (par choix ou non), sans réaliser qu'elle-même ne maîtrise pas la situation. Quant au second, il est rare de trouver au cinéma des figures positives telles que la sienne : en effet, vraisemblablement squatter, alcoolique et toxicomane (tout ceci n'est que suggéré), il n'en reste pas moins celui qui croit en Paï, lui enseigne les rudiments du maniement de la taiaha (arme traditionnelle maorie) et sera d'un soutien sans faille.

Paï est certes un film sur le devoir et la tradition, c'est aussi un film sur la mise en scène de soi dans la vie quotidienne, comme de la théâtralisation de la société à travers ses traditions. Ce va-et-vient perpétuel entre scènes de rituels ou d'apprentissage de ceux-ci et scènes-clefs se déroulant lors de représentations ou de spectacles est en effet une des marques de ce film, conte moderne, qui nous balade sans cesse entre raison et sentiment.

Enfin, mais tout ceci n'est pas des moindres quand on parle de cinéma, l'image et la musique de ce fim sont tout simplement splendides. La musique de Lisa Gerrard est, comme toujours et depuis Dead Can Dance, bien avant qu'elle ne compose des bandes originales de films, absolument envoûtante, et les plans sous-marins en cinémascope sont d'une beauté à faire frémir. S'il est bien un film à voir en salle, c'est bien celui-là, même si cela risque de devenir difficile, le distributeur français UGC n'ayant pas renouvelé les droits. Restent les cinémathèques, dont il faudra éplucher les programmations, ou la vidéo, et avoir la chance et les moyens de bénéficier d'une installation conséquente.

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Pour quel public ?

Deux trois moments un peu difficiles nous font conseiller ce film aux alentours de 9-10 ans, et jusqu'à bien plus. On pourra parler avec les enfants de sens du devoir, de tradition, mais aussi des zones de gris qu'on a tous en chacun de nous.

Bonnes raisons de voir le film

  • Pour un voyage à moindres frais en Nouvelle-Zélande.
  • Pour les prises de vues, notamment sous-marines, à couper le souffle.
  • Pour admirer l'écriture et l'interprétation d'une relation petite-fille / grand père complexe et fouillée comme assez rarement.
  • Pour sortir les mouchoirs lors du spectacle de l'école et de la scène avec les baleines.
  • Pour découvrir la Nouvelle-Zélande autrement que par le Seigneur des anneaux, les All-Blacks et Flight of the Conchords

Infos complémentaires

Le film a été tourné dans le nord-est de la Nouvelle-Zélande, à Whangara, ville natale de l'auteur du roman, Witi Ihimaera. Pour citer le producteur John Barnett : « ce roman se déroule à Whangara et cela aurait tenu de l'hérésie d'aller tourner ailleurs ». A part quelques professionnels pour les rôles importants (grands-parents, père, oncle,...), le reste des rôles a été confié à des habitants de la ville et ce sentiment d'authenticité qui émane du film tient en grande partie à cette distribution locale. Les plus attentifs des cinéphiles (adultes) reconnaîtront notamment Cliff Curtis, qui interprète ici le père de Paï, pour l'avoir vu apparaître dans La leçon de Piano, et surtout pour son rôle d'ordure dans l'Âme des guerriers, bien loin de son rôle dans Paï. Quant à Keisha Castle-Hughes, l'interprète principale, c'est un casting sauvage à travers les écoles de Nouvelle-Zélande qui l'a révélée, pour la lancer sur une petite carrière qui continue à ce jour (on a pu la voir récemment cachetonner comme tant d'autres dans le feuilleton télévisuel à succès Game of Thrones).

Witi Ihimaera raconte que l'idée de ce qui deviendra Whale Rider, son roman à succès (en Nouvelle-Zélande), lui est venue d'une fois où, en visite à New York, il trouvait la ville en émoi, une baleine étant en train de remonter l'Hudson.

Pour aller plus loin

L'office de tourisme de la Nouvelle-Zélande :
http://www.newzealand.com/nouvelle-z%C3%A9lande/

Le site officiel du film (en anglais), toujours en ligne :
http://www.whaleriderthemovie.co.nz