Zombillénium

Zombillénium

Réalisé par Arthur de Pins, Alexis Ducord
Durée : 1h20
| 18 octobre 2017
Ma note :

Hector est contrôleur des normes de sécurité dans les lieux publics, et c’est ce qui l’amène au parc d’attraction Zombillénium. Là, il ne tardera pas à découvrir que les zombies, vampires, loups-garous, momies, squelettes et autres montres que l'on y croise ne sont pas de simples humains, déguisés et maquillés… Ce sont de vrais monstres dont l’âme appartient au diable, et condamnés pour l’éternité à travailler dans ce parc d’attraction ! Alors qu’Hector est sur le point de demander la fermeture du parc, il se fait mordre par Francis, le vampire-directeur. Et comme le veut la légende : quand un vampire mord un humain, ce dernier se transforme à son tour en monstre…

Un film d’horreur pour les enfants ? Les plus jeunes en rêvaient, Arthur de Pins et Alexis Ducord l’ont fait ! Quelle idée géniale que de mettre en scène, pour le jeune public, des vampires, des zombies et des squelettes, dont le boulot consiste à faire peur aux visiteurs d’un parc d’attraction !

L’intrigue se déroule dans le nord de la France, dans un paysage grisâtre. Le parc apparaît doucement au milieu d’un champ lorsque la brume se dissipe… L’ambiance froide du début du film laisse très vite place à des répliques comiques et à des personnages funky, surprenants et originaux, qui donneraient presque envie de faire partie de la « Team Zombillénium ». Ces personnages très bien travaillés, aux personnalités singulières, permettront aux enfants de suivre de vrais héros, porteurs de valeurs louables : l’union fait la force et le communautarisme ne résout rien.
Une double lecture permettra également aux adultes d’apprécier ce film ; cette comédie familiale a aussi des petits airs de lutte des classes et dénonce les inégalités sociales. Les vampires sont beaux et charmeurs, dispensés de tâches trop lourdes, tandis que les zombies, malheureusement laids, se voient attribuer toutes les missions les plus ingrates. Au milieu de cette étrange population, se trouve Francis, le bon directeur du parc, équitable avec tous les monstres qui travaillent pour lui... et ces derniers le lui rendront bien.

L'univers graphique de la bande dessinée éponyme d’Arthur de Pins, dont est adapté le film, a été parfaitement respecté, et n'a absolument pas été trahi par le passage en animation 3D : un tracé arrondi qui ne se veut pas réaliste, à l’inverse des décors, les visages assez lisses, souvent en pleine lumière ou en contre-jour.

Pour la musique, Arthur de Pins et Alexis Ducord ont fait appel à Mat Bastard, le chanteur du groupe « Skip the Use », ce qui donne un caractère très Rock’n’roll au film. Un personnage, Sirius, est notamment inspiré directement du chanteur. Le Rock’n’roll règne sur l’ambiance générale du film, assez déjantée, avec ces monstres bad boys, et son directeur qui négocie avec le diable, au risque de se sacrifier lui-même.

Cette comédie familiale fait finalement plus rire que peur. Les spectateurs de tous âges, à partir de 7 ans, sauront apprécier ces monstres au grand coeur, condamnés à distraire les humains éternellement... pour leur plus grand bonheur !

Ce film peut être vu à partir de 7 ans, car bien qu’il s’agisse de monstres, il n’y a aucune scène choquante, qui fasse vraiment peur. On sursaute juste de temps en temps... avec plaisir !

1
Pour montrer, sans hésiter, un film avec des zombies et d’autres monstres à vos enfants
2
Pour le style Rock’n’roll et déjanté, frais et plein d’humour
3
Pour découvrir une adaptation de la BD aussi fidèle qu’originale
4
Pour avoir envie de lire ou relire la BD en sortant du ciné

Infos complémentaires

Il aura fallu 6 ans pour réaliser cette adaptation. Le dossier de presse vous apporte de plus amples informations sur la création du film.

Zombillénium a d’abord été présenté au Festival de Cannes 2017, dans le cadre d’une séance spéciale. Il a ensuite été projeté en ouverture du Festival d’Annecy, et dans la salle régnait une ambiance de folie !

Pour aller plus loin

L’un des premiers vampires au cinéma a été représenté par F.W. Murnau, dans Nosferatu, un film muet de 1922 , emblématique du courant Expressionniste allemand. Vous pouvez voir ici, l’image la plus célèbre du film.

Les zombies, quant à eux, apparaissent plus tard, en 1968, dans le premier long métrage de George A. Romero, La nuit des morts-vivants. Bien qu'il ait été réalisé avec un petit budget, ce film va devenir très populaire aux Etats-unis. Il critique la société de surconsommation de l’époque. On peut voir sur cette image tirée du film que les zombies sont représentés d’une manière très simple, sans beaucoup de maquillage, ce qui a bien évolué depuis !

Arthur de Pins est d’abord connu pour ses BD pour adultes, Pêchés Mignons (2006). En 2010, il publie le Tome 1 de Zombillénium, au même moment que le premier de Tome d’une série appelée La marche du crabe, dont vous pouvez lire ici un court extrait, assez drôle !
Il a également réalisé des courts métrages d’animation. Son film de fin d’études, Géraldine, raconte l’histoire d’un homme qui se réveille un matin en femme. Zombillénium est son premier long métrage.

Vous pouvez lire les quinze premières planches du Tome 1 sur le site officiel des albums Zombillénium d’Arthur de Pins (Éditions Dupuis).

Le clip de la chanson Nameless World, du groupe Skip the Use, a été réalisé par l’équipe du film pour présenter l'univers graphique du projet. Dans la foulée, ils ont réalisé le pilote du film, créé pour vendre le projet aux producteurs. Le clip est considéré comme le préquel du film et le film,comme le préquel des BD.

Fiche rédigée par Alice

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