La Récréation

  • Abbas Kiarostami

  • 14 min

  • 1972

  • Iran (République islamique d')

Synopsis

La cour de récréation est un lieu divertissant, mais qui peut parfois devenir violent. Un écolier va en prendre conscience en cassant une vitre en jouant au ballon. Puni par son instituteur, le jeune garçon va errer, seul, dans les rues...

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L'avis de Benshi

Disparu en 2016, le réalisateur, scénariste et producteur iranien, Abbas Kiarostami, laisse dernière lui une remarquable filmographie. Au total, pas moins d’une quarantaine de longs et courts métrages ont été réalisés en quarante-six ans de carrière. Et parmi ses nombreux chefs-d’œuvre qui donnent à réfléchir, il y a La Récréation, un film à la fois sombre et poétique sur le thème de l’éducation.

Au début de sa carrière, le réalisateur a tourné de courtes fictions avec pour personnages principaux, des enfants filmés dans leur simple quotidien. C’est ainsi qu’en 1972, le cinéaste réalise La Récréation, un film lyrique qui illustre avec réalisme la journée scolaire d’un jeune garçon. L’histoire met en scène un écolier retenu par son instituteur, après avoir cassé une vitre avec un ballon. En guise de punition, l'élève est exclu de sa classe et se retrouve seul, à errer dans les rues. Avec simplicité et subtilité, Abbas Kiarostami livre un court métrage sur des thèmes propres à son œuvre : l'enfance et la trajectoire, le cheminement. En effet, après avoir commis un geste violent à l’intérieur des murs de son école, le jeune garçon va errer et voir sa trajectoire dévier. Son parcours en pleine nature l’aidera à se libérer de cette punition. La rue devient ainsi un passage, un lieu d’abandon mais également d’échange pour le jeune protagoniste et pour nous, spectateurs, qui divaguons au rythme de ses pas.

Dépourvu de dialogues et de couleurs, La Récréation est un film en noir et blanc qui porte un regard sur l’éducation et plus particulièrement sur l'apprentissage de la vie. Comme à son habitude, le réalisateur iranien touche du doigt des sujets sensibles. À l'image de ses autres films, tels que Le Passager, le cinéaste choisit de mettre en lumière la fraîcheur et l'innocence du regard porté sur le monde. La Récréation se dessine ainsi comme une porte d'entrée vers la réflexion, qui se poursuivra dans l’esprit des petits et grands spectateurs.

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A partir de quel âge

À partir de 7 ans. La violence de certains gestes exercés par les enfants (les pierres lancées sur le garçon) peuvent heurter la sensibilité des plus petits, nous conseillons donc ce film à partir de 7 ans sans soucis. La Récréation est un très beau court métrage à découvrir en famille, afin d'apporter des réponses aux éventuelles questions.

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Les bonnes raisons de voir le film

  1. Une œuvre naturaliste sur l'enfance et l'éducation
  2. Une plongée dans l'univers poétique du grand Abbas Kiarostami
  3. La beauté et subtilité de la photographie en noir et blanc
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Informations complémentaires

L'enfance, un thème de prédilection Tout au long de sa carrière, le réalisateur Abbas Kiarostami a accordé beaucoup d'importance au thème de l'enfance. Nombreux sont ses courts métrages qui mettent en lumière de très jeunes personnages principaux dans le cadre familial ou scolaire. Parmi eux, Le Pain et la Rue, sa première réalisation, La Récréation, son second film dont il est ici question, mais encore Le Passager, son premier long métrage dans lequel un enfant va braver les règles et les lois pour assister à un match de football. Preuve de sa grande considération sur la question, Abbas Kiarostami a fondé en 1969 le département cinéma de « l'Institut pour le développement intellectuel des enfants et des jeunes adultes ».

Abbas Kiarostami, un artiste à part entière Le cinéma n'est pas la seule passion du réalisateur. La poésie, la peinture, ainsi que la photographie ont occupé une place centrale dans son univers. L'artiste a notamment écrit Avec le vent, un recueil d'une centaine de poèmes sur le sens de la vie.

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