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La Flibustière des Antilles

  • De Jacques Tourneur
  • 1951 | États-Unis
  • 1h27

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Catégorie : L’aventure, c’est l’aventure  

À partir de 7 ans
Poster de La Flibustière des Antilles

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Fiche rédigée par  Anne Avatar de Anne

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Synopsis

Le capitaine Providence, élève protégé de Barbe Noire est craint dans toutes les mers du Sud. Sans pitié, courageux et fine lame, sa réputation le précède dans chaque port.
Mais le capitaine Providence est une femme. Et lorsqu'elle rencontre le capitaine Pierre François de La Rochelle, français aussi beau parleur que roublard, Barbe Noire tente de l'avertir d'un possible danger. Anne Providence ne tient pas compte de ses avertissements et décide de n'écouter que son coeur.

L'avis de Benshi

La Flibustière des Antilles est un superbe film de pirate, brillant aux couleurs éclatantes du Technicolor.
Mais comme son titre l’indique, son héros est une femme, une flibustière, chose tout à fait rare dans le cinéma d’aventure. Anne Providence est pirate, formée par le terrible Barbe noire, aussi intelligente que fine lame.
Il serait facile de s’arrêter à ce premier tableau, un film vif et palpitant qui met en avant un personnage féminin.
Mais Jacques Tourneur écrit une autre histoire. Et s’il utilise les moyens du film de genre, si les scènes de combat sur les bateaux sont époustouflantes, si l’usage de la couleur nous donne parfois l’impression de tourner les pages d’un formidable livre illustré, le cinéaste prend pourtant le temps de faire exister son personnage principal, de lui donner de la profondeur. Il lui offre, et quel beau cadeau, l’inquiétude et l’incertitude. La possibilité de ne pas juste être une héroïne mais un véritable personnage.
Anne Providence est une flibustière certes, elle est féroce, elle est crainte. Mais elle n’en tombe pas moins amoureuse. Et elle devra éprouver le désir, le manque et la jalousie.
Certains verront dans ce portrait une manière de réassigner la femme à un rôle connu (celui de celle qui se sacrifie),  et auraient préféré, sans doute, un personnage féminin aussi féroce et sans pitié que ses comparses masculins. Sans état d’âme.
Mais est-ce vraiment cela que d’offrir à son personnage la capacité d’aimer ? Celle de changer ? Celle de compatir ? Celle d’être faible, parfois ?
Le film est passionnant car le personnage, avant d’être une femme, est profondément humain. Il aime, il déteste, il regrette, il hésite, il se venge, il se trompe, il désespère.
C’est de ce bois que sont faits les véritables héros, de celui qui peut s’enflammer en un instant, au risque de n’être plus que cendres.

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Pour quel public ?

La Flibustière des Antilles est un film qui peut-être vu par les enfants très jeunes, dès 6 ans. Les aventures de la formidable Anne Providence, les combats à l'épée, les couleurs éclatantes, les apparitions de Barbe Noire seront autant d'occasion de frissoner et de se réjouir en famille.

Bonnes raisons de voir le film

  • Pour découvrir un formidable film d'aventures où le héros est une femme.

Infos complémentaires

Jacques Tourneur, réalisateur d'origine française, tourne régulièrement ce que l'on pourrait appeler des films " de genre". Connu pour ses films fantastiques comme La féline ou Rendez-vous avec la peur, il réalise aussi un film d'aventure, La Flèche et le flambeau, un film noir, La Griffe du passé, un western familial, Stars in my crown et avec La Flibustière des Antilles, un film de pirates (on peut noter que son père, Maurice Tourneur avait réalisé en 1920 une adaptation muette de L'Île au trésor).
Il faut dire qu'entre les années 1940 et le milieu des années 1950, le film de pirates est un genre très en vogue : on peut citer notamment Le Corsaire rouge de Robert Siodmack, qui ravira aussi les enfants, Barbe Noire le pirate de Raoul Walsh, L'Aigle des mers de Michael Curtiz ou encore Le Pavillon noir de Franck Borzage.

Le personnage d'Anne Providence a été inventé par Jacques Tourneur mais il existe néanmoins quelques femmes pirates qui ont fait trembler les océans. Mary Read, par exemple, mais surtout Anne Bonny, à qui le personnage du capitaine Providence doit beaucoup. 
L'une des plus terrible pirate restée dans l'histoire est sans doute la veuve Ching qui manoeuvrait sur les mers de Chine et attaquait même les navires de l'empereur.

Jacques Tourneur avait une manière très particulière de tourner. Tout d'abord, son travail avec les acteurs : il demandait aux comédiens de parler un ton au-dessous de ce dont ils avaient l'habitude. Mais surtout, son obsession pour le travail de la lumière : il avait pris l'habitude de faire des répétitions en éteignant toutes les lumières du plateau, ne laissant qu'une lampe ou qu'une bougie. Il organisait ainsi le mouvement des acteurs en fonction de cette petite source de lumière.

Pour aller plus loin

Les personnages principaux féminins, particulièrement dans les films d'aventure, sont très rares. Ainsi, pour aller plus loin autour de cette question de la place des personnages de femme dans le cinéma, vous pouvez consulter la liste des films associés à ce film qui interrogent, chacun à leur manière, cette question du personnage féminin. Il est important d'ajouter que Hayao Miyazaki, dans presque tous ses films, offre de superbes rôles aux femmes et aux jeunes filles dont il raconte les histoires.

Cette jolie phrase de Bertrand Tavernier au sujet de Jacques Tourneur permet de comprendre ce qui est à l'oeuvre dans La Flibustière :
« Un regard insidieux, dépaysant, qui cerne d'emblée la fragilité d'un bonheur, met à nu l'étrangeté d'une rencontre ou d'une attitude. »