Le Château des singes

Le Château des singes

Réalisé par Jean-François Laguionie
Durée : 1h20
| 1999 | France
Ma note :

Synopsis

Au commencement des âges, tous les singes vivaient ensemble, libres et heureux, dans la savane... Suite à un terrible cataclysme, certains primates, affolés, se sont hissés jusqu'au sommet d’une forêt et y sont restés. Les autres se sont installés en bas, dans les profondeurs de la forêt. Le temps a passé. Les deux peuples, les Woonkos et les Laankos, ont continué à vivre en ignorant tout l’un de l’autre, mais en entretenant réciproquement des préjugés tenaces. Un jour, un jeune singe du peuple de la canopée fait une chute vertigineuse et tombe dans les profondeurs de la forêt… 

L'avis de Benshi

Dans ce récit initiatique simple et lumineux, Kom, jeune singe intrépide et impertinent, s'affranchit de ses pairs en faisant un saut dans l’inconnu. Sa chute dans les abysses de la forêt est si vertigineuse qu'on le croirait tombé dans le centre de la terre... Rien ne vaut un périple loin de chez soi pour aller à la rencontre de l’autre.

Recueilli par le roi de la tribu des Laankos, Kom rencontre Maître Flavius, un singe savant amusé par ce petit sauvage qu’il écoute distraitement tout en prenant des notes. Plongé dans ses livres, le Maître est hermétique à ce qui l’entoure. Pas autant cependant que le professeur de Kom chez les Woonkos, dont les leçons se résument à cette élucubration : "Tout ce qui se trouve en haut est bon, et tout ce qui se trouve en bas est mauvais ! ».

En bas, Kom découvre un peuple dont le mode d’organisation hiérarchisé et codifié est très différent du sien. A la cour du roi dont il devient le bouffon, il amuse la galerie, mais se lasse vite de ce rôle de pitre. Avant de pouvoir retrouver les siens, il lui faudra pourtant démêler un écheveau d'intrigues de palais, affronter de savoureux méchants tramant de noirs complots (comme le grand Chambellan, impeccablement doublé par Jean Piat), sauver une princesse empoisonnée, et enfin, faire le lien entre deux peuples qui pourront apprendre à se connaître.

Enfermés dans le carcan de leurs préjugés, les Woonkos et les Laankos évoluent dans des espaces cloisonnés. Les décors, superbes, mettent en lumière leur difficile rencontre. Depuis la cime des arbres, les tréfonds de la forêt apparaissent comme un lieu impénétrable, d’une profondeur vertigineuse ; au fin fond de la forêt, on ne perçoit de la canopée qu’un faisceau lumineux. Livrée à l’électron libre Kom, la forêt apparaît comme un beau terrain de jeu : luxuriante palette de vert, village perché dans les arbres, trouées de lumière, lianes avec lesquelles les singes d'en haut voltigent… Le château des Laankos, la construction verticale de l’espace, le personnage de Kom, libre et vif, rappellent Le Roi et l’oiseau dont le réalisateur, Paul Grimault, avait produit les trois premiers courts métrages de Jean-François Laguionie. 

Pour quel public

Dès 6 ans.

Bonnes raisons d'aller voir le film

1
Le personnage de Kom, drôle et rebelle
2
Le récit initiatique simple et lumineux, accessible aux plus jeunes
3
Les intrigues à la cour où complotent de savoureux méchants

Infos complémentaires

Depuis son premier long métrage Gwen et le livre de sable réalisé en 1984, Jean-François Laguionie s'était consacré à la direction de La Fabrique, société de production et de réalisation de films d’animation. Il signait avec Le Château des singes son retour à la réalisation. Il a depuis réalisé L’Île de Black Mor, Le Tableau et Louise en hiver, qui sortira sur les écrans le 23 novembre 2016. 

Pour aller plus loin

- Une interview de Jean-François Laguionie (Festival l'Enfant et le 7ème Art) : http://enfant7art.org/archives/Festival2008/Fiches2008/ChateauDesSinges.pdf

- Le site de Jean-François Laguionie : http://laguionie.com/

Fiche rédigée par Laura

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