Sept ans de malheur

Sept ans de malheur

Réalisé par Max Linder
Durée : 1h02
| 1921 | Etats-Unis
Ma note :
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19569253&cfilm=175898.html

Max est sur le point de se fiancer, mais alors que son majordome lui joue un tour, il casse un miroir. Aïe ! Il paraîtrait que sept ans de malheur peuvent s'abattre sur le malchanceux. Superstitieux, Max fera tout pour éviter les accidents, ce qui déclenchera d’autres catastrophes et péripéties qu’il n’avait même pas imaginées !

Dans la famille du cinéma burlesque, je voudrais le père ! Si beaucoup de petits spectateurs connaissent déjà Charlie Chaplin, son chapeau melon, sa petite moustache, sa canne, ses grandes savates et sa démarche chaloupée, peu d’entre eux ont déjà vu des films de Max Linder. Et pourtant, celui-ci n’a rien à envier à notre ami Charlot ; son personnage comique est tout aussi moustachu et chapeauté !

Sept ans de malheur est l’un des trois longs métrages réalisés par Max Linder (avec Soyez ma femme et L’étroit mousquetaire). Avant ces films, il avait déjà réalisé de nombreux courts métrages pour Pathé, dont le personnage principal, qu’il interprète lui-même, s’appelle également Max ! Ici, l’aventure de Max est guidée par la malchance : sa fiancée l’abandonne, il se fait voler ses affaires, poursuivre par les contrôleurs d’un train puis par les policiers, et finit par se retrouver en prison puis au tribunal. Chaque action que Max fait ou subit en déclenche une autre, le plongeant dans des situations toutes plus folles les unes que les autres, et accentuant bien évidement le côté burlesque de cette comédie. Le scénario est extrêmement travaillé : il y a là une vraie histoire, et pas uniquement une succession de sketches sans trop de cohérence. Max Linder, en plus d’être un acteur formidable, était également un auteur important.

L’esthétique de ce film est à la fois simple et efficace, comme la plupart des films muets de l’époque : des plans fixes suffisent à montrer l’action, laquelle en revanche est assez époustouflante ! La fameuse scène dans la cage aux lions, par exemple, est extrêmement impressionnante, car il ne s’agit pas de faux lions, mais bien de vrais fauves !

Toutes ces situations loufoques permettent d'accentuer la dimension comique qui se dégage du jeu de Max Linder : non seulement son personnage a des mimiques et une gestuelle burlesques, mais en plus les situations dans lesquelles il se retrouve sont tout à fait hilarantes !

Faites entrer vos enfants dans l’univers de Max Linder : de très bons moments en perspective !

Ce film peut se voir à partir de 7 ans, sans aucun souci.

1
Pour (re)découvrir le cinéma de Max Linder et le burlesque
2
Pour la fameuse scène du miroir
3
Pour voir Max échapper à une course poursuite grâce à une lionne

Infos complémentaires

Max Linder est en fait le nom d’artiste de Gabriel-Maximilien Leuvielle. Lorsqu’il était jeune, il jouait des pièces de répertoire sous le pseudonyme de Max Lacerda, à la demande de son père. Ce dernier était vigneron et parti faire fortune en Amérique, il ne voulait sûrement pas que son nom de famille soit associé à celui d’un saltimbanque ! Gabriel Leuvielle choisi le nom de Linder un peu par hasard, en se promenant dans les rues de Bordeaux, en passant devant un magasin de chaussures Linder.

Ses trois longs métrages (Sept ans de malheur, Soyez ma femme et L’étroit mousquetaire) ont été réalisés aux Etats-Unis, à Hollywood, devenue alors capitale mondiale du cinéma. Sur ces films, il sera à la fois producteur, scénariste, metteur en scène et interprète principal.

Il existe un cinéma parisien appelé le « Max Linder Panorama », que Max Linder dirigea à partir de 1913 grâce à Pathé, chez qui il travaillait. Le cinéma s’appelait alors le « Pathé-Journal ». En 1914, il devient l’unique propriétaire de la salle parisienne, rebaptisée le « Ciné Max Linder ».

Si nous avons aujourd’hui la possibilité - le plaisir et la chance - de voir des films de Max Linder c’est en partie grâce à sa fille, Maud Linder-Leuvielle. En effet, le frère de Max, très jaloux, avait enterré toutes les pellicules de son frère, lorsque ce dernier partit sur le front. Plus tard, Maud Linder les a déterrées pour tenter de les sauver, en vain. Elle ne récupérera que des pellicules inexploitables. Heureusement que Max en avait stocké d’autres ailleurs !

Pour aller plus loin

Max Linder, qui avait « l’âme d’un gavroche et la silhouette d’un prince » (Louis Delluc), a forcé l'admiration de nombreux cinéastes et inspiré tous les grands comiques, de Charlie Chaplin à Jacques Tati et Pierre Etaix.

La scène du miroir dans Sept ans de malheur a inspiré celle du film des Marx Brothers, dans La soupe au canard en 1933.

La scène de Max dans la cage aux lions a été, quant à elle, une source d’inspiration pour Charlie Chaplin dans Le Cirque. Pour cette scène, Charlie Chaplin raconte qu’il n’était pas très rassuré, et qu’il aurait fallu deux lions (un sympa et un autre un peu plus énervé) pour tourner la scène !

Cette influence de Linder sur Chaplin a été affirmée par Charlot lui-même. Après la mort de Max Linder en 1925, il lui dédicaça un de ses films en ces termes : « For the unique Max, the great master – his student Charles Chaplin. ».

Découvrez cette vidéo, dans laquelle Max Linder rend visite à Charlie Chaplin.

Sur le site d’Arte, vous pouvez voir en ligne plusieurs films muets inscrits au patrimoine mondial, dont cinq courts métrages de Max Linder, sélectionnés par sa fille !

Enfin, il existe un coffret DVD aux Editions Montparnasse comprenant dix courts métrages de Max Linder ; En compagnie de Max Linder, un subtil montage des trois chefs-d’œuvre américains de Max (Soyez ma femme, Sept ans de malheur et L’Étroit mousquetaire) réalisé par Maud Linder ; L’Homme au chapeau de soie, un documentaire qu’elle a réalisé sur lui, et le livre dans lequel elle raconte la vie mouvementée de son père, Max Linder par Maud Linder. On ne peut pas faire plus complet !

Fiche rédigée par Alice

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